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LE PANAFRICANISME NOUVEAU
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18 juillet 2014

MOYEN ORIENT: Dalil Boubakeur recteur de la Grande Mosquée de Pariglorifie Israël et justifie la guerre à Ghaza

Grande Mosquée de Paris : Dalil Boubakeur glorifie Israël et justifie la guerre à Ghaza
« Concernant les derniers événements à Gaza, je crois personnellement que lorsque des organisations comme le Hamas bombardent pendant des années le territoire d'Israël, elles suscitent forcément des réactions d'Israël et exposent les populations palestiniennes à des représailles. Ce qui est irresponsable et dangereux ». 

Celui qui s'exprime ainsi n'est pas membre d'un lobby pro-israélien en France ni un élément de la communauté juive de ce pays. Ces propos ont été tenus par le recteur de la Grande Mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, dans une interview, publiée mercredi 1er avril, par magazine israélien « SVP-Israël ». 

« J'ai grandi en Algérie. Je me rappelle que nous disions alors - lorsque des juifs s'installaient dans un village - que la richesse venait avec eux et que s'ils partaient, la misère revenait. Il faut savoir que l'antisémitisme n'est pas une invention arabe mais typiquement européenne. Car être antisémite pour un arabe n'a aucun sens, car ce serait pour un sémite être contre soi-même. Juifs et arabes sont donc amenés, par la nature des choses, à se tenir la main, poursuit M. Boubakeur. 

Puis le recteur évoque un projet de voyage en Israël et glorifie ce pays et l'intelligence de ses hommes, comparés à leurs voisins des pays arabes. « Concernant Israël, je le voie et l'admire comme un pays en pleine expansion et qui a d'énormes ­possibilités grâce à l'intelligence de sa population, surtout quand on voit comment le pays a mis en valeur ses terres, en comparaison aux terres de ses pays voisins... Israël est l'expression même de l'homme livré à la nature. D'où l'importance à mes yeux, de la connaissance et de l'intelligence humaine ». 

Au lendemain de sa publication, l'entretien suscite déjà un malaise au sein de la communauté musulmane en France et pourrait mettre le gouvernement algérien dans l'embarras dans le contexte des élections présidentielles qui démarre le samedi 4 avril dans l'Hexagone. Le journal, qui se présente comme le guide magazine israélien du tourisme et des affaires, insiste en effet sur l'appartenance de la Grande Mosquée de Paris à l'Algérie. Certains passages laissent entendre que le recteur s'exprime officiellement au nom d'Alger. 

Mais il y a aussi le contexte de la publication de cet entretien. Elle intervient le jour de la prise de fonctions en Israël du gouvernement de coalition de droite et d'extrême droite, dirigée par Benyamin Netanyahou. Les propos de M. Boubakeur interviennent également dans un contexte international où même les défenseurs habituels d'Israël en France se montrent discrets, après les massacres et les crimes de guerre commis par l'Etat hébreu à Ghaza. 

« Le recteur de la Mosquée de Paris a toujours cherché à plaire aux associations communautaires juives en France. Mais cette fois, il est allé trop loin », souligne un responsable d'une association communautaire algérienne. 

http://www.tsa-algerie.com/Grande-Mosquee-de-Paris---Dalil-Boubakeur-glorifie-Israel-et_6496.html http://www.tsa-algerie.com/Grande-Mosquee-de-Paris---Dalil-Boubakeur-glorifie-Israel-et_6496.html 

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17 juillet 2014

ARCHIVE MAURITANIE TPMN à Bakel : Journée mondiale des réfugiés. En images, le séjour auprès des réfugiés.

Le coordinateur de Touche Pas à Ma Nationalité, Abdoul Birane Wane, a réaffirmé l'engagement ferme de TPMN de défendre cette cause vieille de plus de 24 ans.  Et de poursuivre le combat pour le recouvrement de la dignité des négro-mauritaniens. 

Le coordinateur de TPMN en compagnie de Ibrahima N'diaye et du doyen du camp.
Le coordinateur de TPMN en compagnie de Ibrahima N'diaye et du doyen du camp.

La délégation de TPMN en compagnie de quelques éléments de la coordination de Dakar (Mody Ba et Ibrahima Ndiaye), Moustapha Sy de Diataar et Néné N'diaye du camp de Médina Fanaye dans un camp de réfugiés.
La délégation de TPMN en compagnie de quelques éléments de la coordination de Dakar (Mody Ba et Ibrahima Ndiaye), Moustapha Sy de Diataar et Néné N'diaye du camp de Médina Fanaye dans un camp de réfugiés.

Séance de lecture du Saint Coran
Séance de lecture du Saint Coran

Entretien avec les femmes réfugiées à Bakel
Entretien avec les femmes réfugiées à Bakel

Harouna Sidi Wélé et Abou Bohoum Sow
Harouna Sidi Wélé et Abou Bohoum Sow

Le coordinateur de TPMN à l'ouverture de la journée des réfugiés à Bakel
Le coordinateur de TPMN à l'ouverture de la journée des réfugiés à Bakel

Abderrahmane Moussa Ba, membre de la délégation de tpmn à Bakel
Abderrahmane Moussa Ba, membre de la délégation de tpmn à Bakel

Les représentants des différents sites de réfugiés
Les représentants des différents sites de réfugiés

Harouna Wélé président de séance lors de la deuxième journée
Harouna Wélé président de séance lors de la deuxième journée

Le coordinateur de TPMN avec les représentants des 14 sites de Bakel
Le coordinateur de TPMN avec les représentants des 14 sites de Bakel

Des délégués de sites avec le coordinateur de TPMN
Des délégués de sites avec le coordinateur de TPMN

Journée de clôture des activités, Thierno Sow du camp de Podor et le coordinateur de TPMN présentant les résolutions.
Journée de clôture des activités, Thierno Sow du camp de Podor et le coordinateur de TPMN présentant les résolutions.

Enfants de réfugiés à Bakel.
Enfants de réfugiés à Bakel.

Vendredi 5 Juillet 2013 - 17:50
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7 décembre 2013

HOMMAGE: CHRIS HANI L'HOMME QUI A PRÉCIPITÉ L’ARRIVÉE DE MANDELA AU POUVOIR ET LA CHUTE DE L'APARTHEID

Chris Hani, le Che Guevara sud-africain 

L'ancien commandant de la branche armée de l’ANC est vénéré en Afrique du Sud comme un grand révolutionnaire. Son assassinat en 1993 a failli plonger le pays dans une guerre civile et accéléré la transition démocratique.

Chris Hani

Chris Hani

Né en 1942, Chris Hani, rejoint l'ANC à l'âge de 15 ans. Après des études à l'université de Fort Hare, il est arrêté pour incitation au communisme. A 21 ans, il part en exil et dirige la première attaque de la branche armée de l'ANC à partir du territoire du Zimbabwe, à l'époque la Rhodésie.

L'assassinat de Chris Hani, en avril 1993, manque de plonger le pays dans une guerre civile

L'assassinat de Chris Hani, en avril 1993, manque de plonger le pays dans une guerre civile

Beauregard Tromp est journaliste. Il a écrit une biographie de Chris Hani en 2009 : « On le considérait comme un faucon et une colombe, un homme qui marche avec un livre de poésie dans sa poche et une mitraillette AK 47 pendue à son épaule. Aussi il a mis en cause l'ANC pendant les années sombres, en leur disant, nous sommes des révolutionnaires et on n'est pas là pour mener la belle vie en exil, pendant que les gens souffrent au pays. Et pour cela, beaucoup étaient très fâchés. Il était juste un simple combattant de la branche armée de l'ANC à l'époque. »

Un conciliateur aux allures de dur

C'était en 1969. Chris Hani échappe de justesse à une condamnation à mort par le tribunal militaire de l'ANC. Sous son influence, le parti réoriente sa stratégie en accentuant la lutte armée à l'intérieur de l'Afrique du sud. En 1990, il rentre d'exil et devient chef du parti communiste sud-africain. Dans les négociations avec le régime d'apartheid, il s'oppose à la branche modérée de l'ANC conduite par Thabo Mbeki, proche des milieux d'affaires blancs. En 1993, il est vénéré par les Noirs comme le leader le plus populaire après Nelson Mandela. Le 10 avril, il est assassiné par un militant de l'extrême-droite blanche.

Des partisans de l'ANC dénoncent l'assassinat de Chris Hani

Des partisans de l'ANC dénoncent l'assassinat de Chris Hani

« Il était vraiment dépeint comme cet agitateur communiste qui allait repousser tous les Blancs à la mer, explique Beauregard Tromp. Mais les gens ne se sont pas rendu compte à l'époque que Chris Hani était pour la conciliation. Il voyait son rôle comme un conciliateur même s'il devait souvent jouer le rôle de l'homme dur. C'était nécessaire pour faire bouger les négociations avec le parti nationaliste du gouvernement d'apartheid qui était très réticent et récalcitrant. »

Un vrai communiste

Pour le journaliste, Chris Hani aurait été un excellent leader s'il avait vécu. « Je pense cela parce qu'il ne professait pas seulement les idées socialistes et communistes, il les vivait. Si sa femme lui achetait une veste, le même soir, il ne l'avait plus sur lui, parce qu'il avait rencontré un homme dans la rue qui en avait plus besoin que lui. Ce n'était pas un homme de possessions matérielles mais c'était un homme généreux, qui pensait que la révolution devait continuer. Donc, encore aujourd'hui, il inspire les révolutionnaires qui n'étaient même pas nés quand il a été assassiné en 1993. »

Auteur : Valérie Hirsch (Johannesburg)
Edition : Sandrine Blanchard

14 juillet 2014

AFRIQUE: hommage à Nadine Gordimer 1923- 2014

Issue d'une famille bourgeoise, de père juif et de mère anglaise, Nadine Gordimer est élevée dans la religion chrétienne et grandit dans l'environnement privilégié de la communauté anglophone blanche. Elle n'en demeure pas moins sensible aux inégalités raciales et aux problèmes sociopolitiques de son pays. À neuf ans, elle rédige sa première nouvelle, inspirée par la fouille policière de la chambre de sa domestique noire. Ses premiers récits se situent dans le milieu juif d'Afrique du Sud. Par l'écriture, elle choisit ensuite de décrire la société inégalitaire sud-africaine et de s'engager contre le système eid. Elle est longtemps proche de l'ANC de Nelson Mandela. L'essentiel de son œuvre, de facture classique, en témoigne aujourd'hui et la lecture de ses textes enseigne une douloureuse page d'Histoire. Cependant, sa célébration grandiose des paysages sud-africains et son amour pour cette terre « odorante et colorée » — qu'elle n'a pas quittée — ajoutent de l'humanité et de la chaleur à ses écrits.

 

Ses œuvres se caractérisent par une volonté de s'émanciper de l'intrigue afin de privilégier l'étude psychologique et sociale. À la peinture détaillée de son pays natal, elle juxtapose la critique de ses dysfonctionnements, ses drames et son cheminement douloureux vers la démocratie et l'égalité entre Noirs etBlancs. Après la fin de la société d'apartheid, elle renouvelle son inspiration en s'adaptant à la nouvelle situation de l'Afrique du Sud et cesse d'évoquer le passé.

Elle a publié treize romans, deux cents nouvelles et plusieurs recueils d'essais et de textes critiques. Elle est agressée chez elle, à Johannesburg, par trois cambrioleurs le 26 octobre 2006 mais n'est pas sérieusement blessée lors de l'agression.

En 2008, elle rejoint plusieurs auteurs de renommée mondiale dont Philip RothSalman Rushdie et Carlos Fuentes et trois autres lauréats du prix Nobel (Gabriel García MárquezJ.M. Coetzee et Orhan Pamuk) pour soutenir l'écrivain franco-tchèque Milan Kundera, soupçonné d'avoir dénoncé à l'ancienne police tchécoslovaque l'un de ses concitoyens, condamné à vingt-deux ans de prison2.

Elle a été décorée le 31 mars 2007 de la Légion d'honneur française, lors d'une cérémonie à l'Ambassade de France à Pretoria3. Elle est en outre Commandeur de l'Ordre des Arts et des Lettres.

Elle décède le 14 juillet 2014, à l'âge de 90 ans, dans sa maison de Johannesburg, entourée de ses enfants.

14 juillet 2014

AFRIQUE dans la Première Guerre mondiale : "Les régiments maghrébins parmi les plus décorés"

© www.ecpad.fr | Devant Verdun en mars 1918, un bataillon de tirailleurs marocains

Texte par Stéphanie TROUILLARD 

Dernière modification : 30/01/2014

Dans le cadre du centenaire de la Grande Guerre, l'hommage aux soldats africains est encore timide. Les troupes du Maghreb ont été longtemps oubliées dans la mémoire collective. Un colloque organisé à Paris vise à mettre en lumière ces combattants.

En novembre dernier, lors du lancement des commémorations du centenaire de la Première guerre mondiale, le président François Hollande avait tenu à saluer les soldats africains "qui ont pris part à une guerre qui avait pu ne pas être la leur". Malgré cette reconnaissance officielle, l’engagement de ces combattants reste encore très méconnu.

Durant le conflit, plus de 600 000 soldats coloniaux ont pourtant été mobilisés sur tous les fronts. La moitié d’entre eux étaient originaires du Maghreb. Lorsd’un colloque organisé vendredi 31 janvier à l’Hôtel de Ville de Paris sur la mobilisation des troupes d’outre-mer, l’historien Jean Martin va rappeler à notre mémoire la mobilisation de ces poilus d’Afrique du Nord. "Les troupes coloniales ont joué un rôle d’appoint durant la Première Guerre mondiale, il a été moins décisif que durant la Seconde Guerre mondiale, mais cet apport n’a pas été négligeable", explique à FRANCE 24 ce professeur émérite des universités, qui a notamment enseigné à la Sorbonne et à Lille III. Au total, 173 000 Algériens, 58 770 Tunisiens et 25 000 Marocains ont participé à la "der des der" au sein del’armée d’Afrique.

Lorsque débute le conflit en 1914, la conscription des "indigènes" vient tout juste d’être mise en place en Algérie, à la suite d'une loi de 1911. Mais ce recrutement des soldats musulmans est loin de faire l’unanimité. "Les Européens d’Algérie étaient opposés à la levée en masse des indigènes, car ils redoutaient que ces combattants deviennent plus revendicatifs en matière de droits une fois revenus chez eux", souligne Jean Martin. Pendant les premiers mois de la guerre, les opérations de mobilisation ne sont donc pas très importantes. Des tirailleurs algériens sont toutefois envoyés rapidement vers le front. En septembre 1914, plusieurs régiments sont sous le feu lors de la bataille de la Marne. Des hommes qui n’avaient jamais vu l’Europe et qui n’avaient pas encore reçu d’instruction militaire : "Il y a eu des pertes très lourdes. Cela a été dramatique. On les a retirés du front et on les a formés."

 

LE 7E RÉGIMENT DE TIRAILLEURS ALGÉRIENS EN 1917
© Wikipedia

 

"Ils ne manquaient pas de bravoure"

Malgré ce manque d’expérience, les soldats nord-africains se distinguent très vite par leur sens du combat. "On s’est aperçu qu’ils pouvaient apprendre la manipulation d’armes de plus en plus modernes. Ils ne manquaient pas de bravoure", résume le spécialiste de l’histoire coloniale. Le maréchal Foch aurait ainsi déclaré à propos de la bataille de la Marne : "La fortune a voulu que la division marocaine (composée d’Algériens, de Tunisiens, de zouaves et de légionnaires, et non pas de soldats marocains, NDLR) fût là !". Les Marocains ne sont pas en reste. Dans l’historique du 1er régiment de tirailleurs du protectorat, le ministre de la Guerre, Alexandre Millerand, leur adresse de vives félicitations : "Disciplinés au feu comme à la manœuvre, ardents dans l'attaque, tenaces dans la défense de leurs positions jusqu'au sacrifice, supportant au-delà de toute prévision les rigueurs du climat du nord, ils donnent la preuve indiscutable de leur valeur guerrière".

Pour preuve de cet héroïsme, les troupes du Maghreb comptent parmi les plus décorées. Les tirailleurs algériens ont reçu plus de 20 % des plus hautes distinctions décernées (drapeaux décorés de la Légion d'honneur ou de la Médaille militaire et fourragères rouges à la couleur de la Légion d'honneur) alors que leurs effectifs au combat ne représentent à la fin du conflit que 2 % du total des combattants. Les deux régiments de tirailleurs marocains ayant combattu ont également obtenu sept citations à l'ordre de l'armée.

 

LES CONTINGENTS D'OUTRE-MER PENDANT LA PREMIÈRE GUERRE MONDIALE

La Grande Guerre et les troupes coloniales par WWWSAFORG

 

Une armée plus égalitaire

Reconnus pour leurs faits d’armes, les membres de l’armée d’Afrique ne sont pas traités différemment des autres poilus. Contrairement à certaines idées reçus, ils reçoivent le même respect de leurs officiers : "Ils étaient rassemblés entre eux, mais c’était  plus pour des raisons de commodités. Ils recevaient de la nourriture halal et quand ils mourraient, ils étaient enterrés selon le rite musulman. La France respectait leur identité. Beaucoup d’entre eux ont raconté après coup que l’armée était plus égalitaire que la société coloniale car sur le front, ils étaient tous égaux et notamment devant la mort".

Pour Jean Martin, un autre cliché sur ces troupes doit aussi être corrigé. Selon l'historien, rien ne permet d’affirmer que les régiments nord-africains ont été plus exposés au feu que les autres : "Tout le monde était de la chair à canon. Quand vous voyez la région Bretagne par exemple, elle a payé un tribut plus lourd que le Maghreb. Pour les Bretons, on a profité du sentiment religieux et des distributions d’eau de vie pour les envoyer au front". Au total, l’armée d’Afrique a perdu presque 45 000 hommes, ce qui représente un peu plus de 3% des morts français de la Grande guerre.

Le Maghreb n’a pas seulement contribué à l’effort de guerre dans les tranchées mais également en fournissant des milliers de bras pour les usines. "C’est de la Première Guerre mondiale que date l’immigration maghrébine. Avant, il n’y avait pas plus de 15 000 Maghrébins en France métropolitaine", note Jean Martin. Pendant quatre ans, l’Afrique du Nord va envoyer 180 000 travailleurs dans l’Hexagone, dont beaucoup vont rester sur place après la fin des hostilités. Les premiers quartiers historiques maghrébins de France sont constitués à cette époque : la Goutte-d’Or et Beaugrenelle à Paris ou encore Vénissieux à Lyon.

En raison de cet apport militaire et économique, les sociétés du Maghreb ont connu d’importants changements au cours de cette période. Les "indigènes" de la république ont notamment eu le sentiment d’avoir versé leur sang pour une cause qui n’était pas la leur, et d’être en droit de réclamer des compensations. "Quand ils sont retournés chez eux, ils ont voulu être traité comme des Français à part entière. Ce n’était pas encore du nationalisme, mais une revendication égalitaire", estime Jean Martin. Soutenu par son empire, la France a pourtant occulté pendant longtemps la mobilisation de ces hommes venus d’Afrique : "Les auteurs ne font pas état des soldats coloniaux. On ne les voyait pas. On ne pensait pas à eux. Les Français avaient encore une vision très hexagonale, résume l’historien. C’est peut-être aussi par chauvinisme que la France a voulu trouver en elle-même les ressources de la victoire."

La mobilisation des troupes d'outre-mer pour la Grande Guerre, Hôtel de Ville de Paris, le vendredi 31 janvier de 17h30 à 20h00.

 

DES TIRAILLEURS ALGÉRIENS BLESSÉS INSTALLÉS DANS DES AUTOBUS D'AMBULANCE PENDANT LA PREMIÈRE GUERRE MONDIALE
© Wikipedia

 

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14 juillet 2014

CHRONIQUE DE L'AFRIQUE: Françafrique cette association de malfaiteurs qui a paralysée l’Afrique

27 octobre 2012, 19:03

 Ces jours-ci, il est de bon temps de parler d’un vent de renouveau dans les relations France-Afrique. L’« honneur » des Africains est lavé, semble dire à l’unisson certains milieux politiciens des deux côtés de la méditerranée. Le nouveau président de la gauche française, François Hollande est venu soigner les « bobos » que son prédécesseur de la droite française, Nicolas Sarkozy, a commis envers les « élites » africaines. 

 

Contrairement à Nicolas Sarkozy qui avait dans la même ville, Dakar, commis l’impair en pensant avoir identifié le « drame de l’Afrique » en disant que « l’homme africain n’est pas assez rentré dans l’histoire », François Hollande préfère « encenser » le continent « berceau de l’humanité », en valorisant ses atouts et en axant sur son avenir, sans s’attarder sur le lourd passé des relations franco-africaines, dont il veut apparemment se distancer. Désormais, déclare-t-il dans son premier discours en terre d’Afrique: « Le temps de la Françafrique est révolu : il y a la France, il y a l’Afrique, il y a le partenariat entre la France et l’Afrique, avec des relations fondées sur le respect, la clarté et la solidarité. »[1] En fait, l’exposé est truffé de belles phrases, des promesses d’amitié, de sincérité, bref, un beau discours avec des énoncés tout à fait judicieux pour susciter l’adhésion des Africains en ces temps d’incertitudes et de crise globalisée, dont ils sont encore une fois les otages. 

 

Mais pour beaucoup d’Africains, le seul fait nouveau dans ce discours, c’est son orateur, le président François Hollande, le nouveau visage des intérêts de la France en Afrique. Le reste n’est que rengaine. Les mémoires sont pleines des promesses et autres engagements des gouvernements successifs de la France, qu’on s’empresse d’enterrer sitôt éteints les projecteurs. Qui ne se souvient du fameux discours prononcé à La Baule le 20 juin 1990 par un autre président français, également de gauche, François Mitterrand. Son contenu a marqué les esprits par le vent de changement qu’il prônait, autant en terme de relations entre la France et l’Afrique, qu’en terme de liberté, de développement et d’ouverture démocratique. D’autant que le contexte politique international de l’époque s’y prêtait particulièrement dans la foulée de l’effondrement de l’union soviétique et la chute du mur de Berlin. N’est-ce pas qu’il faut avoir la mémoire courte pour croire encore aux discours des présidents français sur l’Afrique? Aucun d’eux n’a jamais mis en péril le système néocolonialiste mis en place par le général de Gaule et son homme de main Jacques Foccart pour garder ses ex. colonies sous domination française. La machine monstrueuse qu’est la Françafrique est toujours active, même si les discours et les filières sont renouvelés à chaque changement de gouvernement français. 

Alors, morte la Françafrique comme le proclame le président Hollande? Pas sûr. Chacun de ses prédécesseurs avait, dans des termes plus ou moins similaires, proclamé publiquement l’acte de décès de cette association de malfaiteurs, dont l’ampleur des crimes contre l’humanité occuperait la cour pénale internationale pour des années, à tout le moins. Mais aucun des présidents, de droite comme de gauche, n’a vraiment dévié de la ligne tracée par Jacques Foccart, laquelle comme chacun sait, ne fait aucune place aux droits des peuples des ex. colonies. 

 Gauche et droite, nourries au sein de la Françafrique 

Si les Africains ne s’attendaient pas à des gestes révolutionnaires de la droite française, supposément pas très regardante sur la question des droits de l’homme dans la conduite de ses affaires en Afrique, l’arrivée de la gauche au pouvoir en 1981 avait soulevé de grands espoirs. D’autant que François Mitterrand avait nommé au poste de ministre délégué à la « coopération » Jean-Pierre Cot, un homme tout acquis au changement dans les relations France-Afrique, comme l’écrivait Christian Fauvet dans l’Express : « La tête pleine d’idées généreuses (…), il s’emploie à faire souffler le vent du changement. Après tout, il est là pour ça. Dans son esprit, le changement consiste à abandonner la politique du secret, que symbolisait Foccart, (…) À promouvoir une autre politique du développement, fondée sur une certaine morale. »[2] Jean-Pierre Cot, explique pour sa part au réalisateur du remarquable documentaire Francafrique[3], Patrick Benquet : « qu’il représentait “l’image” à laquelle tenait le président Mitterrand”, l’ouverture sur le tiers-monde, le discours généreux du développement, les nations unies, les droits de l’homme… » Tout cela ne fut qu’une brève parenthèse. 

 

Les Africains découvrent rapidement que ce n’est qu’une image derrière laquelle le président Mitterrand est devenu lui-même la nouvelle matrice de la Françafrique et encaisse dans les pures traditions de celle-ci, les dividendes engendrés par le pillage, les détournements, et autres crimes infligés aux peuples du continent. Ils ne sont pas les seuls à être déçus par la gauche française. Le ministre de la coopération l’est tout autant de voir son président reproduire dans les coulisses ce qu’il condamnait publiquement. Jean-Pierre Cot démissionne et devient ainsi une victime de l’argent sale, qui alimente les caisses noires de l’Élysée et les comptes bancaires des dictateurs alliés. Sauté l’obstacle Jean-Pierre Cot, la Françafrique repart sous la houlette de François Mitterrand, qui du même coup enterre le discours d’ouverture de la Baule qui faisait la part belle à la démocratie, au développement et les droits de l’homme dans les ex. colonies. Pendant un court instant de l’histoire, les peuples africains s’étaient mis à rêver si fort qu’ils en oubliaient que l’orateur et son assistance, un parterre de dictateurs sanguinaires et corrompus, étaient les pourvoyeurs exclusifs de leurs souffrances. Mitterrand a tout bonnement enterré le projet de rupture avec la Françafrique et mis celle-ci au service de ses propres ambitions. 

 On efface et on recommence 

 Plus de 15 ans plus tard, après d’autres guerres[4], d’autres massacres, et d’autres coups d’état qui ont confiné le continent dans la misère et la violence, le candidat président de la droite, Nicolas Sarkozy se présente aux Africains avec le même projet de rupture avec la Francafrique. Il parle d’instaurer une : « relation transparente. Il nous la faut, déclare-t-il, débarrassée des réseaux d’un autre temps, des émissaires officieux qui n’ont d’autre mandat que celui qu’ils s’inventent. Le fonctionnement normal des institutions politiques et diplomatiques doit prévaloir sur les circuits officieux qui ont fait tant de mal par le passé. Il faut définitivement tourner la page des complaisances, des secrets et des ambiguïtés »[5] Son secrétaire d’état chargé de la coopération et de la Francophonie, Jean-Marie Bockel va connaître le même sort que celui de Mitterrand, Jean-Pierre Cot. Dans un discours fort critique des relations France-Afrique, il déclare devant la presse : « Je veux signer l’acte de décès de la “Françafrique”[6]. Je veux tourner la page de pratiques d’un autre temps, d’un mode de relations ambigu et complaisant, dont certains, ici comme là-bas, tirent avantage, au détriment de l’intérêt général et du développement. » Il n’en fallait pas plus pour réveiller les monstres de la Françafrique. Et au lieu de rupture, c’est plutôt le secrétaire d’état qui est démis de ses fonctions dans la « patrie » des droits de l’homme. Cependant, contrairement à Jean-Pierre Cot qui a refusé de monnayer ses principes en déclinant l’offre de son gouvernement, cet ancien colonel accepta d’occuper le poste de ministre aux anciens combattants. 

 

50 ans après les indépendances, la mort de la Françafrique devrait être une affaire exclusivement africaine 

 Tous ces épisodes de la Françafrique, qui renait à chaque fois de ses cendres, prouvent aux Africains que la balle de leur émancipation est désormais dans leur camp. Il leur faudra regarder bien en face, et surtout évaluer les incidences des instruments de leur dépendance vis-à-vis de l’ancienne puissance coloniale, la Françafrique, bien sûr, mais aussi la Francophonie et la Franc-maçonnerie[7], qui sont autant de ghettos qui neutralisent le développement des ex. colonies. Si la mondialisation n’est pas l’idéal pour l’humanité, il n’empêche qu’elle a permis l’ouverture du continent africain à d’autres possibilités de développement. Quand les Africains entendent les politiques et médias français s’indigner que la Chine fasse des affaires avec des régimes qui violent les droits humains, ça prête à sourire, tant le sarcasme est énorme. Il faut être bien arrogant et surtout méprisant pour reprocher aux Chinois, un crime qu’eux-mêmes commettent systématiquement et sans état d’âme depuis 50 ans sur le continent noir, au vu et au su de toute l’Europe, dont ils sont le fer de lance dans cette partie du monde. Tout comme les Britanniques et les États-Unis le sont dans d’autres endroits de la planète. 

C’est parfait de vouloir tourner la page, mais alors, que la France cesse séance tenante son soutien aux dictateurs, qu’elle publie tous leurs biens et leurs avoirs[8] sur son territoire et qu’elle les restitue aux peuples pillés[9], qu’elle libère les archives de ses ex. colonies, qu’elle mette fin aux accords militaires secrets, et qu’elle procède au démantèlement de ses bases militaires. Peut-on y croire? Après 50 ans de pratiques inégales et de mensonges, les préjugés instillés par les réseaux de la Françafrique finissent comme une seconde nature qu’on peine à éliminer. Et on aurait tendance à penser que rien de cela ne sera fait. Force est de constater, encore une fois dans le cas du Mali, ce va-t-en guerre, dont la France use si facilement sur le continent et qui trahit la nature des relations néocolonialistes encore diffuses dans les esprits de l’Élysée. Ce n’est sûrement pas les peules du Congo, de la Côte d’ivoire, du Rwanda, du Tchad et beaucoup d’autres, comme aujourd’hui, les Maliens qui diraient merci à la France d’avoir intervenu militairement dans leur pays. Finalement, ce qui est présenté comme une rupture dans les relations avec l’Afrique peut se révéler n’être qu’une mutation et tous les atermoiements ne justifieraient ultimement qu’une chose : les intérêts économiques de l’Occident en Afrique, menacés par les économies émergentes, en particulier la Chine, de plus en plus présente sur le continent. Et sûrement à moindre coût (humain et matériel) pour des Africains en quête de liberté, de dignité et de développement. 

 Zehira Houfani, écrivaine 

 Notes 

 [1]Le discours de François Hollande, le Point.fr, 12 octobre 2012, 

 http://www.lepoint.fr/monde/verbatim-le-discours-de-francois-hollande-a-dakar-12-10-2012-1516395_24.php 

 [2] L’écart de Jean-Pierre Cot, Christian Fauvet , l’Express,10 décembre 1982 

 [3] Françafrique, Patrick Benquet, Infrarouge, France 2, 13 octobre 2010 

 [4] Voir cette chronologie partielle sur le monde :http://www.lemonde.fr/web/module_chrono/ifr/0,11-0@2-3212,32-867026@51-1016961,0.html et aussi, http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article4418 

 5] Discours prononcé au Bénin le 19 mai 2006 

 [6] Les voeux à la hussarde de Jean-Marie Bockel, Vincent Hugeux, L’EXPRESS, 15 janvier 2008 

 [7]Franc-maçons : les maîtres de l’Afrique, Théophile Kouamoua, Jeune Afrique, 11 avril 2011 

 Voir aussi l’excellent documentaire « Françafrique » de Patrick Benquet cité plus haut, qui montre une scène surréaliste et surtout affligeante de ces maîtres de l’Afrique dans leur accoutrementde franc-maçon 

 [8] Voir le site de l’ONG française Survie et l’important travail de son président, François-Xavier Verschave , une véritable bibliothèque sur les crimes de la Françafrique :www.survie.org 

 [9] Les affaires des biens mal acquis, ONG Sherpa : 

 

14 juillet 2014

POÉSIE: Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent

 

Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent ; ce sont

Ceux dont un dessein ferme emplit l'âme et le front.
Ceux qui d'un haut destin gravissent l'âpre cime.
Ceux qui marchent pensifs, épris d'un but sublime.
Ayant devant les yeux sans cesse, nuit et jour,
Ou quelque saint labeur ou quelque grand amour.
C'est le prophète saint prosterné devant l'arche,
C'est le travailleur, pâtre, ouvrier, patriarche.
Ceux dont le coeur est bon, ceux dont les jours sont pleins.
Ceux-là vivent, Seigneur ! les autres, je les plains.
Car de son vague ennui le néant les enivre,
Car le plus lourd fardeau, c'est d'exister sans vivre.
Inutiles, épars, ils traînent ici-bas
Le sombre accablement d'être en ne pensant pas.
Ils s'appellent vulgus, plebs, la tourbe, la foule.
Ils sont ce qui murmure, applaudit, siffle, coule,
Bat des mains, foule aux pieds, bâille, dit oui, dit non,
N'a jamais de figure et n'a jamais de nom ;
Troupeau qui va, revient, juge, absout, délibère,
Détruit, prêt à Marat comme prêt à Tibère,
Foule triste, joyeuse, habits dorés, bras nus,
Pêle-mêle, et poussée aux gouffres inconnus.
Ils sont les passants froids sans but, sans noeud, sans âge ;
Le bas du genre humain qui s'écroule en nuage ;
Ceux qu'on ne connaît pas, ceux qu'on ne compte pas,
Ceux qui perdent les mots, les volontés, les pas.
L'ombre obscure autour d'eux se prolonge et recule ;
Ils n'ont du plein midi qu'un lointain crépuscule,
Car, jetant au hasard les cris, les voix, le bruit,
Ils errent près du bord sinistre de la nuit.

Quoi ! ne point aimer ! suivre une morne carrière
Sans un songe en avant, sans un deuil en arrière,
Quoi ! marcher devant soi sans savoir où l'on va,
Rire de Jupiter sans croire à Jéhova,
Regarder sans respect l'astre, la fleur, la femme,
Toujours vouloir le corps, ne jamais chercher l'âme,
Pour de vains résultats faire de vains efforts,
N'attendre rien d'en haut ! ciel ! oublier les morts !
Oh non, je ne suis point de ceux-là ! grands, prospères,
Fiers, puissants, ou cachés dans d'immondes repaires,
Je les fuis, et je crains leurs sentiers détestés ;
Et j'aimerais mieux être, ô fourmis des cités,
Tourbe, foule, hommes faux, coeurs morts, races déchues,
Un arbre dans les bois qu'une âme en vos cohues !

3 décembre 2013

LE PRÉSIDENT D'IRA, BIRAM DAH ABEID, LAURÉAT DU PRIX DES DROITS DE L'HOMME DES NATIONS UNIES

Le Bureau du secrétaire général des Nations Unies a informé le Président d'IRA, Biram Dah Adeid, qu'il fait partie des cinq personnalités lauréates du Prix des Droits de l'Homme décerné par l'Organisation tous les cinq ans. L'ONU a aussi informé le Gouvernement mauritanien de sa décision et a invité le Président d'IRA à la cérémonie de remise du Prix qui se tiendra le mardi 10 décembre 2013 à son siège newyorkais à l'occasion de la Journée Internationale des Droits de l'Homme. Mais le pouvoir mauritanien n'a pas apprécié l'information 
Le Prix des Droits de l'Homme des Nations Unies a été créé le 19 décembre 1966 par la résolution 2217 de l'Assemblée générale pour récompenser les personnes ou associations qui ont accompli un travail remarquable pour protéger et/ou promouvoir les droits de l'homme. 
Parmi les personnalités remarquables auxquelles ce prix fut décerné, nous pouvons citer le Français René Cassin (1968, un des auteurs de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme de 1948), l'égyptien Taha Houssein (1973), l'Américain Martin Luther King (1978), le Sud-africain Nelson Mandela (1988) , la Pakistanaise Benazir Bhutto (2008) et maintenant le Mauritanien Biram Dah Abeid. 
Après le Prix Weimar 2011, le Prix Front Line Défenders 2013, une nomination au Prix Sakarov 2013, voici que l'Organisation des Nations Unies, à son tour, marque son attachement et son soutien aux combats anti-esclavagistes que mènent IRA et son Président en Mauritanie. C'est une victoire supplémentaire des combattants de la liberté contre les forces de l'obscurantisme et de l'aliénation déguisées en oripeaux religieux. 
Le Président d'IRA est actuellement en tournée aux Amériques. Après le Mexique, il est arrivé aux Etats Unis où il a rencontré nombres de personnalités de poids dans ce pays et était reçu par de nombreuses organisations de défense des droits de l'homme et de lutte contre l'esclavage (Freedom House, notamment). 
Pendant que le Président sillonne le monde pour porter la parole des militants anti-esclavagistes hors de nos frontières, IRA continue et amplifie le combat sur le terrain. Les militants d'IRA apprendront la nouvelle de l'attribution du Prix des Droits de l'Homme des Nations Unies à leur président alors qu'ils sont au kilomètre 75 de la route Boutilimit-Nouakchott à mi-parcours de la "Marche contre l'impunité" qu'ils ont lancée le 27 novembre dernier et qui couvrira 150 Km à pied. Cette marche vient en soutien au combat de Nourra Mint Aheimed et pour se remémorer l'assassinat des 28 militaires Négro-africains lâchement exécutés à Inal le 28 Novembre 1990. 
Après l'Europe et l'Amérique, voici que l'ONU affiche sa reconnaissance d'IRA et de son combat. La Mauritanie devient le seul coin du monde où IRA n'est pas reconnue. Le seul pays au monde ou le militantisme est puni et les droits fondamentaux sont bafoués 
Nous félicitons la Mauritanie non officielle, le peuples hratin et les activistes de l'IRA pour cet honorable prix qui sera reçu en leur nom et en leur honneur par l'ambassadeur de la justice et de l'égalité, le camarde Biram Dah Abeid au siège des nations unis à l'occasion de la journée internationale des droits de l'homme 

La Commission de Communication 
Le 30 Novembre 2013 




Source:Abeid Biram Dah
12 juillet 2014

MAURITANIE: L'unité en question par Hindou Mint Ainina


L´Unité Nationale. Un rêve, un beau rêve pour tout mauritanien assez conscient pour voir ce qui se passe. Tout citoyen qui aime sa patrie et veut en faire un lieu de tolérance, d´unité dans la diversité, d´acceptation mutuelle. Un citoyen assez ouvert pour voir et surtout concevoir que cette terre qu´on aime et claironne à tort et à travers, la qualifiant de terre de contact et de rencontre entre les peuples-doit rester ce qu´elle était toujours: non sans heurts, mais elle l´était quand même. Une terre de rencontre de civilisations Berbères Sanhaja, Négro-africains du Ghana et du Waalo, et, plus tard, les arabes bédouins, tous-en l´absence d´un pouvoir centralisé- vivaient, chacun dans son domaine, en échangeant leurs cultures et leurs produits. 
C´est beau de disserter sur ce sujet, si beau que bien des gens le font au risque de déformer certaines réalités passées et d´autres réalités présentes. On a trop parlé de cette unité. Parfois, on en parle tellement, au point d´oublier que le fait même d´en parler suppose qu´elle n´existe pas, ou au moins qu´elle est à parfaire. On en oublie que, pour unir des choses, il faut d´abord accepter le principe de leur différence et qu´elles soient séparées.

Il faut que l´on sente qu´on n´est pas menacé, non seulement dans son appartenance, mais aussi dans sa survie. Et pour avoir cette assurance, il faut que l´on se sente accepté tel qu´on est, avec tout ce qu´on a de différent. 

Il ne suffit pas de crier à l´unité nationale pour qu´elle soit, il faut d´abord savoir pourquoi elle "n´a pas été". Ceux qui croient que dans ce pays il y a eu une unité, au sens le plus élémentaire du terme, entre ses peuples depuis leur existence, doivent se rectifier.

D´ailleurs, comment pouvaient-ils s´unir ? Comment les Noirs, qu´on attaquait il n´y a pas très longtemps encore dans des razzias pour les vendre en esclaves, pouvaient-ils avoir confiance en ces Blancs du désert qui représentaient l´horreur à leurs yeux ? Comment les Berbères-et plus tard, la plupart des Zwayas et Aznagas-pouvaient-ils se fier à ces Arabes conquérants, "pilleurs et sanguinaires", qui les avaient réduits en hommes de second rang sauf récupération et qui leur avaient même imposé leur langue ? Comment ces groupes aussi différents pouvaient-ils s´unir, étant donné que leur survie même obligeait qu´ils s´opposent ? Ils faisaient beaucoup d´échanges certes, mais ils n´avaient aucune raison de s´unir, car leurs modes de vie étaient relativement différentes. 

N´essayons pas, comme se hasardent à le faire bien des gens, de donner à l´islamisation de la région une action unificatrice- bien qu´il soit répandu dans la région, l´Islam n´a pas changé l´état des choses. C´étaient les arabo-berbères musulmans qui razziaient et vendaient les esclaves- c´étaient eux même qui soumettaient des populations musulmanes pour en soutirer un tribut. C´étaient ceux là même qui parlaient au nom de l´Islam qui dominaient au nom de celui-ci. Cela n´est pas un plaidoyer contre l´Islam, ni contre sa capacité à constituer, à un moment de l´histoire- n´importe lequel- un facteur unificateur, ne serait-ce que théoriquement. Mais alors on doit bien se demander de quel Islam s´agit-il ? Le vrai, c´est-á-dire celui qui prône l´égalité des hommes, quelle que soit leur race et leur origine ? Ou bien celui qui, ici, classe les gens en "pseudo-castes" nettement distintes rien que par leur soit-disant naissance ? 

Est-ce l´Islam qui recommande la justice sur la base de l´égalité devant Dieu, ou celui qui permet de tenir d´autres musulmans en servitude et de les traiter en hommes inférieurs? Celui qui recommande le droit au savoir ou celui qui permet à une minorité de monopoliser le savoir religieux et de l´utiliser à l´egal des armes-comme moyen de supériorité et de domination? On voudrait bien savoir de quel Islam il s´agit avant de prétendre qu´il a pu être un facteur d´unité dans cette région. Cet espoir d´unité que l´Islam aurait pu faire et n´a pas fait naitre, ce n´est pas l´arabisme borné et l´arabisation forcée qui le feront naitre. Nous avons trop peur de dire certaines choses, à tel point que nous finissons par croire qu´elles n´ont pas existé. 

A mon humble avis, ce n´est pas en criant notre arabité sur les toits que nous arriverons à nous convaincre que nous sommes arabes. En fait, ceux parmi nous qui tiennent ce langage donnent l´impression d´un enfant qui arrive tant bien que mal à exprimer ce qu´il croit, mais a besoin de l´approbation de sa mère pour y croire vraiment. Nous paraissons vouloir nous convaincre nous même d´un fait qui a été accompli avant nous. Là , il faut retenir qu´un arabe est, ni plus ni moins, quelqu´un qui parle un langage arabe comme langue maternelle. Il faut aussi préciser que tous ces Arabes d´Afrique ou d´ailleurs, qu´ils soient d´origine egyptienne, turque, persane, bérbere ou autre, se caractérisent uniquement par l´usage de cette langue, qui n´est plus ni moins qu´une langue. 

Seulement, dans notre Inconscient collectif nous n´arrivons pas à essuyer la défaite historique devant les conquérants Hassanes. Peut-être aussi ne pardonnons - nous pas les problèmes que la Mauritanie a rencontré pour être reconnue comme Etat Nation Arabe. Cet inconscient nous pousse à faire des actes qui pourraient prouver à nous même et au monde entier que nous sommes arabes. Ici, chacun peut expliquer cela à sa facon. 

Dans notre raisonnement simpliste, on ne peut être arabe que d´origine- ce qui en réalité limiterait le nombre d´arabes aujourd´hui au moins leur dixième. Comment arrivons-nous á prouver que nous sommes arabes d´origine? Nous ne tenons en fait de nos appartenance Sanhaja que ce qui prouve que nous étions autre chose que des arabes: les noms de nos tribus et parfois nos familles-essayez seulement d´être assez superficiel pour convaincre les gens de l´origine arabe des Lemtouna,Tendgha ou Techouncha, rien qu´à titre d´exemple.

Ces noms nous rappellent trop la défaite, et à défaut de l´essuyer, nous la renions, et du coup nous nous renions. 

Nous ne sommes devenus arabes-peut-être malgré nous- et nous n´avons pas besoin de le crier pour que ca soit vrai. Mais soyons conséquents avec nous même et n´imposons pas notre langue aux autres. Car ces gens que nous voulons assimiler font partie de ce pays et n´en disparaitront que s´il n´existe plus (le cas kurde d´Irak n´est pas enviable). Laissons les choisir eux même d´être avec nous. Précisons leur que pour être ensemble dans ce pays et pour que ce pays continue à exister, il faut qu´ils nous acceptent, mais aussi que nous les acceptions. 

Il faut que chacun d´entre nous admette que le fait de reconnaitre la différence de l´autre n´enléve rien à sa légitimité ni à ses droits, pas plus qu´à son appartenance. Il est temps que chacun de nous comprenne que la Mauritanie est difficilement comparable aux pays d´Afrique de l´Ouest,...pas plus qu´aux pays arabes. Admettons ensemble que nous avons des réalités différentes ici, et que nous avons une réalité différente du reste du monde. C´est uniquement comme cela que nous sauverons notre pays, et que nous pourrons avoir une identité, une personnalité, une caractéristique sociale qui nous est propre. Ce qu´il faut faire aujourd´hui, ce n´est pas de vouloir un retour en arriére vers une histoire et une civilisation dont on ne retient que des demi-vérités déformées. 

Notre salut ne sera pas non plus dans la course vers un arabisme et une arabisation qui n´a pas encore fait ses preuves dans le monde actuel, et qui pose bien des problèmes pour des arabes bien "plus anciens"que nous- En se fondant dans le monde arabe- avec la passion qui nous est propre- nous perdons notre personnalité mauritanienne, et du coup notre histoire notre identité. 

Que ceux qui tentent de nous pousser à cela par les paroles ou les actes sachent qu´en perdant leur personnalité mauritanienne ils seront moins que rien, non seulement aux yeux du monde- qui ne les voit qu´à la loupe-mais à leurs propres yeux. Car ce qui est sûr, c´est qu´un maure (arabe, berbère, arabo-berbère, ce que vous voulez) ne peut se reconnaitre nulle part ailleurs. Cette identité qui fatigue tellement chez nous nous risquons de la perdre, parce qu´au rythme où nous allons nous risquons de perdre la Mauritanie. 

Par Hindou Mint Aïnina


NOTES: Article publié pour la première fois dans "Mauritanie- Demain" du 13-19 novembre 1991, republié sur FLAMBEAU- Journal des FLAM, numéro 

12 juillet 2014

La construction politique de la Mauritanie : 1946-1960

 

I

maginée en Décembre 1899 par l’administration coloniale, la construction du cadre historique et géographique de la Mauritanie s’est poursuivie jusqu’en 1944.

Mais c'est en novembre 1946 que commence sa construction politique. A l'instar des ressortissants des autres colonies, les Mauritaniens sont appelés à voter pour élire leurs représentants : un Député à l'Assemblée Nationale Française, un Sénateur et un Conseiller au Grand Conseil de l 'Union de l'Afrique de l'Ouest. Ces élections symbolisaient le début d’une individualisation politique et territoriale par rapport au Sénégal. 

Nous avons choisi de mettre en lumière cette période (1946 – 1960) très importante de l'histoire de notre pays, paradoxalement peu connue, alors qu'elle met en scène un nombre impressionnant d'acteurs dont certains, encore en vie ou disparus aujourd'hui, ont accepté d'être pour nous il y a un peu plus de vingt cinq ans de grands témoins. Des témoignages corroborés et complétés par des sources consignées dans les Archives nationales de Mauritanie et du Sénégal. C'est donc une période sensible, très sensible, voire trop sensible qui a vu naître les premières formes d'organisations politiques, les premiers enjeux de lutte pour la conquête, le contrôle du pouvoir et finalement notre présent. 

L’élection de novembre 1946 : premier test pour la Mauritanie, premières frictions. 

En 1945, l’annonce des prochaines élections avait suscité des hostilités entre Maures et Noirs. Les documents d’archives (Sous – série 2 G 45 : 134, Archives Nationales du Sénégal) indiquent cette unanimité chez les Maures que « le représentant de la Mauritanie ne saurait être un Noir »; et qu'ils commençaient à manifester une volonté de renouer avec le monde Arabe, évoquant un « éveil de la race Maure ...... et le désir d’être rattachés de fait au Maroc ». 

Les Noirs de la vallée du Fleuve Sénégal et du Hodh, qui se sentaient très attachés à leurs frères de sang du Sénégal et du Soudan (actuel Mali), estimaient que « seule une candidature européenne pourrait partager les voix en Mauritanie ». 

Deux candidats briguaient le suffrage des mauritaniens à l’occasion de cette élection. 

D’un côté, Horma Ould Babana, interprète, engagé en politique en 1944 en adhérant au Bloc Africain de Lamine Guèye et L.S. Senghor. Ce parti, affilié à la Section Française de l’Internationale Ouvrière (SFIO) n’avait pas obtenu de grands succès auprès des populations de la vallée lors d’élections précédentes. A l’occasion de la campagne électorale d’août 1946, Lamine Guèye et Senghor  parcoururent toute la vallée, et partout ils présentèrent Horma comme un chérif, un descendant du Prophète à qui devrait revenir de fait la députation d’un territoire dont les habitants sont des musulmans. Ce dernier avait déjà le soutien des tribus du Tagant et une masse importante des Noirs de la Vallée, victimes des brimades des chefs de cantons locaux. De l’autre, Yvon Razac administrateur français, candidat de l’administration coloniale. 

A l’issue de l’élection de novembre 1946, Horma Ould Babana est élu député de la Mauritanie par 6 076 voix contre 3 525 pour Yvon Razac. 

En 1948, se créa une véritable fronde contre Horma, rassemblant les courants conservateurs Maures et Noirs ainsi que les tribus les plus engagées aux côtés de l’administration coloniale. Ses électeurs Maures se montraient «...impatients et, ne supportant plus l’influence noire, étaient (désormais) prêts à embrasser toute doctrine extrémiste quelle que soit l’étiquette pour couvrir leurs aspirations nationales » (source : 2 G 47 : 20, Archives Nationales du Sénégal, rapport politique du premier trimestre 1947, page 7). Tandis que les chefs traditionnels et une partie de l’intelligentsia Noirs de la Vallée se sentant trahis par l’administration coloniale et noyés dans un ensemble Maure, vont tenter de s’organiser en vue de défendre l’intérêt de leur communauté à travers un groupement politique. 

L’apparition des premières formations politiques 

L’Union Générale des Originaires de la Vallée du Fleuve (U.G.O.VA.F) créée fin 1946 à Dakar. Elle connut trois phases : 

En 1946, l’U.G.O.VA.F (U.G.O.F dans certaines sources) n’était qu’une simple association d’élèves et anciens élèves Haal Poular en et Soninko des deux rives, sortants pour la plupart de l’école Normale William Ponty, pour « créer un climat familial ». Présidée par Abdoulaye Watt, l’association comptait parmi ses membres : Thierno Saydou Nourou Tall, Samba Gandega, Aly Bocar Kane, Mamoudou Samboly Ba, Moustapha Touré, Ismail Sy, Demba Labbo Dioum, Aly Ciré Ba, Boubou Sall… 

En 1947, l’U.G.O.VA.F évolue pour défendre les intérêts de la communauté noire en territoire de Mauritanie et devient une association politique affiliée à la SFIO avec un seul objectif : Veiller aux intérêts des « fluviaux ». Le renouvellement de ses instances en 1948, verra apparaitre deux tendances qui occasionneront le départ des « futurs Mauritaniens » vers l’Entente Mauritanienne. 

En 1951, Hamath Ba, médecin en poste à Boghé sollicite et obtient le soutien de l’U.G.O.VA.F pour sa candidature aux législatives de 1951

L’Union Progressiste Mauritanienne (U.P.M). Créée en 1948 à Rosso, elle regroupait des chefs traditionnels, des fonctionnaires locaux et des administrateurs civils Français en service dans les Territoires du Sénégal et de Mauritanie. L’UPM se proposait de « réaliser l’union de tous les habitants de la Mauritanie, sans distinction de race ou de parti pour qu’ils deviennent éléments actifs de l’Union Française… ». 

A sa naissance, elle était présidée par Bouna Mokhtar, la vice-présidence était assurée par Sidi El Moktar N’Diaye. Parmi ses membres les plus influents de l’époque, on peut citer : Mohamed Ould Daddah, Amadou Diadié Samba Diom Ba, Thiécoura Dembélé, Ahmed Saloum Ould Haibale, Abdallahi Ould Cheikh Sidiya. 

Patronnée par le Général de Gaulle et Abdallahi Ould Cheikh Sidiya, l’U.P.M représentait une alliance de «grandes familles Maures et Noires» avec une prédominance du Trarza et l’appui d’Émirs comme celui du Tagant Abderrahmane Ould Bakar Ould Soueid Ahmed. 

L’Entente Mauritanienne, créée en 1950 par Horma Ould Babana à Rosso et une équipe de jeunes qualifiés de « socialistes » dont N’Diawar Sarr, Di Ould Zein, Dieri Sidibé, Harouna Salzman, Dey Ould Sidi Baba, rejoints par Samba Gandega et Mamoudou Samboly Ba qui viennent de quitter l’U.G.O.VA.F. L’Entente ambitionnait de « faire évoluer le pays d’une structure archaïque et féodale vers un statut démocratique, avec l’aide de la France ». Le parti va s’affilier d’abord à la S.F.I.O, puis à l’Union Démocratique des Socialistes Républicains (U.D.S.R). 

L’élection de Juin 1951 : un paysage politique redessiné 

La perspective de l’élection de 1951 pour le renouvellement du siège de député représentant le Territoire de Mauritanie à l’Assemblée Nationale Française, fait naître un regain d’activités au sein des partis en présence. 

Si l’Entente et l’U.G.O.VA.F n’eurent aucun mal à désigner respectivement Horma Ould Babana et Hamath Ba comme candidats, du côté U.P.M, le choix du candidat ne fut pas simple : l’administration coloniale interfèrera et préfèrera Sidi El Moktar N’Diaye. 

En prélude à cette élection, l’UGOVAF tenta d’exploiter le sentiment d’insécurité, régnant au Gorgol et au Brakna surtout, créé par celui qui est présenté comme un brigand : Ould Mseik ou Mseikine, de son vrai nom Mohamed Ould Mseikine qui s’attaquait principalement aux Haal pulaar en du Brakna. Cette politisation se fera par l’entremise des représentants locaux (Boghé) du Rassemblement Démocratique Africain (RDA) : Oumar Ba et Mamadou Sada Wane. L’administration mettra fin aux jours de Ould Mseikine en 1952. Était-il brigand, manipulé ou révolté contre les injustices que subissaient les Haratines ? 

A l’issue du scrutin de Juin 1951, l’U.P.M sort vainqueur avec 39 646 voix contre 23 323 voix pour l’Entente Mauritanienne et son candidat, Sidi El Moktar N’Diaye, est donc élu Député. Mais cette victoire est contestée par les autres partis qui voient dans cette élection une mascarade orchestrée par l’administration coloniale visant à favoriser celui des candidats qui représenterait le mieux ses intérêts. En effet, depuis la découverte des mines de fer à Zouerate et de cuivre à Akjoujt, la France a beaucoup investi à partir de 1946 pour exploiter ces richesses. Cet engagement du capitalisme français s’accompagne désormais d’une ingérence dans les affaires politiques de la Mauritanie. 

Ce qui n’a pas empêché l’UPM de connaitre une crise dès 1953, lors du choix du candidat au Grand Conseil de l’AOF. A la demande des Noirs de ce parti d’être représentés par Moktar Touré, l’UPM imposera Souleymane Ould Cheikh Sidiya. Celui-ci battra N’Diawar Sarr de l’Entente par 22 voix contre 2 (Circulaire 338/INT – AP du 19 Avril 1952 et Série B55, Archives Nationales de Mauritanie). La base de ce parti reproche à ses dirigeants de faire preuve d’inertie. Sa jeunesse, sensible à la fermentation politique au Maghreb et en Afrique Noire va claquer la porte avec son chef de file Mohamed Ould Jiddou et forme l’Association de la Jeunesse Mauritanienne (A.J.M) à Rosso avec Yacoub Ould Boumediene et Mohamed Ould Jiddou.

 L’AJM restera un creuset d’idées et un foyer de formation politique de jeunes Maures hostiles à toute éventuelle intégration de la Mauritanie à l’Afrique de l’Ouest. Elle évoluera lentement mais progressivement vers un mouvement pan arabiste, voire pro marocain. 

L’élection de 1956 : Nouvelle recomposition, affirmation plus claire des clivages 

Pour ce deuxième renouvellement du poste de la représentation du Territoire de Mauritanie, trois candidats s’affronteront : Sidi EL Moktar N’Diaye pour l’UPM, Horma Ould Babana pour l’Entente et Mohamed Ould Jiddou de l’A.J.M. 

Sidi El Moktar NDiaye remporte l’élection de janvier 1956 avec 106 000 voix contre 7 731 voix pour le candidat de l’Entente et 584 à celui de l’AJM. 

Après cette défaite, l’Entente Mauritanienne implose : 

- d’un côté Horma Ould Babana rejoint le Maroc la même année et s’aligne sur les positions du parti Al Istiqlal de Allal El Fassi qui avait des visées territoriales sur la Mauritanie. Ces revendications, formulées en 1956, vont se préciser en 1957 et devenir officielles en 1958. Horma Ould Babana va épouser ces revendications qui prendront un caractère armé (Armée de Libération Nationale) avec à leur actif le siège de la ville d’Atar et plusieurs attaques en Territoire mauritanien jusqu’à la veille du Congrès d’Aleg. 

- de l’autre côté, certains Noirs de l’Entente forment, à Kaédi, le Bloc Démocratique du Gorgol (BDG) en 1956 et lorgnent de plus en plus les Fédéralistes comme Senghor qui propose une indépendance du Sénégal dans un cadre fédéral avec le Soudan (actuel Mali). 

L’AJM de son côté ne s’en relèvera pas. Naitra de ses cendres la NAHDA, crée en août 1958 à Kaédi par Bouyagui Ould Abidine et Mohamed Taghi avec un programme politique « révolutionnaire », inspiré des luttes du Machrek et du Maghreb. Seulement ce parti, composé exclusivement de Maures, était tellement pan arabiste qu’il finira par épouser l’idée du Grand Maroc, mettant en cause l’existence de la Mauritanie dans ses frontières de 1944. 

La tension était tellement perceptible qu’un administrateur français a cru bon d’attirer l’attention d’un groupe de Maures en 1956 en ces termes « Si vous ne faites pas instruire vos enfants, les Noirs continueront à occuper toutes les bonnes places et l’on continuera à voir le médecin noir commander à l’infirmier maure » (Francis de Chassey : La Mauritanie 1900 – 1975). 

Le Congrès d’Aleg : Mythe et réalités 

Avec l’entrée en vigueur de la loi-cadre, chaque Territoire peut élire sa propre Assemblée Territoriale et un Conseil de Gouvernement. En Mauritanie ses élections auront lieu en 1957. 

Pour l’élection du Conseil de Gouvernement, l’UPM présente la candidature de Mokhtar Ould Daddah. Il est élu en mai 1957 Vice-président du Conseil de Gouvernement. Son élection symbolise la continuité des bonnes relations entre la France et sa tribu, celle de Cheikh Sidiya Baba (Oulad Biéri). Son mariage avec une française renforce cette idée. Dès lors, la France ne pouvait craindre de lui une attitude contestatrice. 

Mokhtar Ould Daddah forme alors un Conseil de Gouvernement (premier gouvernement de Mauritanie) composé de huit membres : Cinq Maures, deux Français et un Noir : Amadou Diadié Samba Diom Ba au portefeuille technique de Ministre des Travaux publics. 

Désormais, avec la confiance de la France, Mokhtar Ould Daddah est « programmé » pour prendre en mains la destinée de la future Mauritanie. Maitre à bord du navire Mauritanie, il place alors l’unité nationale au premier plan de ses préoccupations, forme une équipe gouvernementale ouverte aux anciens de l’Entente, appelle les Mauritaniens « à faire ensemble la patrie» et convoque un congrès de regroupement des forces politiques : c’est le très célèbre congrès se tiendra du 2 au 5 mai 1958 à Aleg dont les deux premiers jours seront marqués par d’après discussions sur l’orientation politique et la conception du type d’État en Mauritanie. Le Congrès d’Aleg verra la participation de tous les poids lourds de la période 1946/1958 et confirmera le poids politique de certains autres éléments du Sud comme Youssouf Koita, Dah Ould Teiss, Gaye Silli Soumaré, Petit Ba, Hamath NGaide, et Yaya Kane. 

A l’issue de ce congrès, les participants optent pour la participation à la CommunautéFrançaise avec option pour l’indépendance, créent un nouveau parti, unitaire : le Parti du Regroupement Mauritanien (P.R.M, qui deviendra Parti du Peuple Mauritanien) et désignent un comité paritaire, composé de 4 Noirs et 4 Maures, chargé de réfléchir sur la cohabitation. Ce comité était dirigé par Gaye Silli Soumaré et Mohamed Ould Cheikh. Mais ses conclusions resteront lettres mortes. Deux tendances se dégagent alors parmi les congressistes Noirs. L’une, autour du Dr Moussa Sao, Abdoul Aziz Ba, Racine Touré, Bocar Alpha Ba, prône la Fédération. L’autre choisit de jouer la carte de la Mauritanie unitaire, «trait d’union entre l’Afrique méditerranéenne et l’Afrique noire ». 

Le 28 Septembre 1958, les Mauritaniens adhèrent par référendum à la Communauté et se dotent d’une Constitution le 22 Mars 1959 puis d’un deuxième Gouvernement de 10 membres, élargi à d’anciens militants de l’entente Mauritanienne. La représentativité des Noirs semble être fixée à un sur cinq. Ils sont deux : Amadou Diadié et Mamoudou Samboly Ba qui occupe le portefeuille de l’urbanisme et de l’habitat. 

Les revendications des noirs du Sud vont passer de la représentativité proportionnelle à la mise en cause de la cohabitation. Cette règle va se confirmer dans le 29 Septembre 1961 avec la nomination du troisième Gouvernement : Sur onze membres, seuls deux sont noirs, il s’agit de Bocar Alpha Ba qui fait son entrée à la santé et Mamoudou Samboly Ba aux finances. 

L’évolution politique du pays va continuer à susciter des contestations qui ont conduit à la création des deux nouveaux partis, à assise régionale. D’un côté, l’Union Nationale Mauritanienne (U.N.M) créée en Juillet 1959 visait à « préserver les liens historiques avec la Fédération du Mali (Sénégal et Mali). Ses principaux animateurs étaient des mécontents du congrès d’Aleg : Ould Khattri , Abdoul Aziz Ba, Tène Youssouf Gueye et Yaya Kane. De l’autre, l’Union Socialiste des Musulmans Mauritaniens (U.S.M.M) créée à Atar en 1960. Mal connue, l’USMM exprimerait avant tout un particularisme régional de l’Adrar. Ce regain de régionalisme marque le climat politique de notre pays à la vieille de son accession à la souveraineté internationale. Plus tard, en 1963, avec l’Union Générale des Originaires de la Mauritanie du Sud (UGOMS) puis en 1966 avec le Manifeste des 19, des cadres de la Vallée réclamaient toujours une plus grande place pour les Noirs. 

Le 28 novembre 1960, notre pays accède à l’indépendance nationale avec d’importantes réserves de cuivre et de fer surtout. Le minerai de fer de Fort – Gouraud (Zouerate) était estimé à 100 millions de tonnes d’un minerai titrant de 63 à 67% de fer, exploité par la société Française des Mines de Fer de Mauritanie (MIFERMA) dont l’État Français était actionnaire principal depuis juin 1952. Quant au cuivre d’Akjoujt, il est exploité par la société Française des Mines de Cuivre d’Akjoujt (MICUMA) depuis 1953. 

Ciré Ba (historien) etBoubacar Diagana (géographe),Paris

11 juillet 2014

Pauvreté en Mauritanie:Un phénomène Rural La

Pauvreté en Mauritanie:Un phénomène Rural  

La représentation nationale du PNUD en Mauritanie a organisé hier à Nouakchott un point de presse auquel ont pris part les médias publics et privés. Ce point de presse entre dans le cadre des activités commémoratives de la journée internationale de l'élimination de la pauvreté, placée cette année sous le thème "de la pauvreté au travail décent : Combler le fossé ". Dans son exposé liminaire, la représentante adjointe du PNUD en Mauritanie a fait l'état des lieux de la pauvreté dans le monde en insistant sur l'importance de l'emploi. Elle s'est félicitée de la collaboration du PNUD avec la presse nationale. Lui succédant, M. Baba Ould Boumeiss, directeur général de l'Office National de la Statistique a introduit une communication sur la pauvreté en Mauritanie.


Selon le directeur général de l'Office national de la Statistique, le profil de la pauvreté2008 permet de cerner la problématique suivant ses aspects multidi-mensionnels, qui se manifeste prin¬cipalement sous trois formes: la pauvreté monétaire, la pauvreté dans les conditions de vie, et la pau-vreté des potentialités.

La Mauritanie, a-t-il dit, ne dispose pas d'un seuil de pauvreté spéci¬fique. Le seuil de pauvreté utilisé pour les enquêtes EPCV est de 1 dollar par personne et par jour, aux prix constants de 1985.

Le seuil de l'extrême pauvreté, quant à lui, correspond à un niveau de consommation de 270 dollars par tête et par an. Le profil de pauvreté de 2008 confirme une diminution continue de la pauvreté depuis 1990.

L'analyse des données en matière de pauvreté appelle aux conclusions suivantes: si l'on en croit Baba Ould Boumeiss, 42% de la population vivent dans la pauvreté: une telle proportion, bien qu'elle traduit un rythme de réduction plus accéléré qu'avant (environ 1,2 point par an)proportion, bien qu'elle traduit un rythme de réduction plus accéléré qu'avant (environ 1,2 point par an) au cours des quatre dernière années, implique plus de renforcement des efforts en termes de coordination, de planification et de réalisation du CSLPI II, afin de créer les condi-tions d'une réduction plus rapide de la pauvreté et plus favorable face aux pauvres.

Le directeur général de IONS a précisé que l'inégalité dans les dépenses mesurée par l'Indice Gini (Indice pour expliquer l'inégalité de la richesse) diminué d'un point passant de 39% en 2004 à 38% en 2008. Cette diminution, qui est légère, n'était pas en faveur des plus pauvres. C'est-à-dire que les plus pauvres se sont appauvris davan-tage (les 10% les plus pauvres de la population se partagent seulement 2,5% de la dépense globale en 2008 contre 2.7% en 2004). En effet, la distribution n'a pas profité du con-texte favorable créé par la crois-sance afin d'une meilleure réduction de la pauvreté.


Il a indiqué que la pauvreté demeure un phénomène rural. Malgré que l'incidence de la pauvreté a baissé de façon générale, elle a augmenté en milieu rural entre 2004 et 2008 passant respectivempnt de 59% à 59.4%. Comme la pauvreté, l'ex¬trême pauvreté aussi est un phénomène rural (40,8% en milieu rural, contre 7,7% en milieu urbain).


L'analyse de la pauvreté par wilaya selon l'incidence, dit-il, permet de les classer en quatre groupes princi-paux: Le groupe des wilayas les plus pauvres où 60% de la population vivent en dessous du seuil de pauvreté (Tagant, Gorgol, Brakna), le groupe des wilayas où le taux est compris entre 55% et 60% (Hodh El Charghi, Adrar, Guidimagha et Assaba), le groupe de wilayas où l'incidence de pauvreté est comprise entre 30% et 50% (Hodh El Gharbi, Trarza et Inchiri) et le groupe de wilayas où l'incidence est inférieure à 20% (Dakhlet-Nouadhibou, Tiris-Zemmour).


La redistribution n'était pas égali-taire entre les régions; Hodh El Charghi, Assaba, Adrar, Brakna et Tagant ont connu une détérioration des conditions de vie; tandis que la pauvreté s'est réduite dans le reste du pays
M Baba Ould Boumeiss a fait remarquer que la pauvreté n'est pas très discriminatoire selon le genre du chef de ménage. Elle est légèrement plus faible chez les membres des ménages dont le chef est de sexe féminin (40.3%) que chez celles si 1 CM est un homme (42.6%).


Les indépendants agricoles furent les plus touchés par la pauvreté parmi les groupes socio-économi-ques considérés. En fait, Les indépendants agricoles furent les plus touchés par la pauvreté parmi les groupes socio-économiques considérés. En fait, les ménages dirigés par des indépendants agricoles sont les plus touchés par la pauvreté avec une incidence voisine de 70%.


La pauvreté perçue demeure sensi-blement sur le même niveau respec-tivement 80,6%, 82,2% et 81,2% pour les années 2000, 2004 et 2008. En outre, 56,5% des chefs de ménages pensent que leur quartier ou village est pauvre,- alors qu'ils n'étaient que 50% dans ce cas en 2004 et 43,3% en 2000.

La pauvreté

dans les conditions de vie

En matière d'éducation et d'al-phabétisation, le conférencier a noté que le taux brut de scolarité fonda-mental obtenu par l'enquête est de 90.9 % en 2008 contre 76.6 % en 2004. Ce taux cache les: disparités importantes tant entre les milieux de résidence (79.6 % en milieu rural et 108.5 % en milieu urbain) qu'au niveau de sexe (93,5% chez les filles contre près de 88% chez les garçons).

Le TBS de l'enseignement secondaire est demeuré pratique-ment stable au cours des quatre dernières années passant de 29.6 % en 2004 à 30.5% en 2008. Les adultes ' âgés de 15 ans ou plus alphabétisés représentent 61.5 % en 2008 contre 57.5 % en 2004.

Dans le domaine de la santé, il a fait remarquer que le taux.de morbidité s'élève en 2008 à 7,8% contre 6,4% en 2004. La couverture prénatale a augmenté, passant de 80,2% en 2004 à 87,4% en 2008. Le pourcentage d'enfants de 12 à 23 mois complètement vaccinés a diminué passant de 79% en 2004 à 68,8% en 2008.


S'agissant de l'emploi, il a indiqué que le taux d'activité des individus de 15 à 65 ans s'élève à 52,2% en 2008 contre 59,2% en 2004.

Les hommes ont deux fois plus de chance d'être en activité que les femmés.

Le niveau global du chômage est estimé en 2008 à 31,2%, légèrement plus faible que celui estimé en 2004 (32,5%).

Le secteur du commerce est le premier pourvoyeur d'emploi en 2008 avec 24,6% des employés, suivi par le secteur de l'agriculture avec 20,4% (y compris le sous-secteur d'éle-vage).


Pour ce qui sst du logement, le directeur générale de IONS pense que les habitats précaires (Tente, Case hutte, Baraque et M'bar) occupés globalement par 32,5% des ménages les habitats de types maison occupés par le reste (67,5%). On constate Cn 2008 la prédominance des ménages propriétaires de leurs logements (74%), suivi par les locataires (12%) et les(67,5%).

On constate en 2008 la prédominanee des ménages propriétaires de leurs logements (74%), suivi par les locataires (12%) et les ménages en situation d'appropriation de logement, (Gazra) soit 7,5%. Ainsi 45,7% des ménages ne dis¬posent pas de toilettes dans leur logement contre 48% en 2004 ; et 58,3% des ménages ont accès à l'eau potable en 2008 contre 52% en 2004. D'autre part, le mode d'éclairage le plus utilisé est la torche (51%) suivi de l'électricité (30,6%) et l'énergie la plus utilisée pour la cuisson des aliments est le gaz (37%) suivi du bois près de (33%).

Analyse des déterminants de la pauvreté:


Il s'agit d'une analyse multi variée des déterminants de la pauvreté monétaire à partir d'un modèle linéaire, sur, la base des données de 1'EPCV 2008. Cette analyse prend en compte trois groupes de va-riables: les variables de localisation géographiques, les variables socio-démographiques, les variables socio-économiques. Il ressort de ce modèle que: les wilayas les plus prospères sont Nouadhibou, Nouak-chott, les moins prospères sont Tagant, Hodh Charghi et Assaba; le niveau de vie s'améliorè avec le niveau d'instruction; il semble se dégrader avec la taille du ménage; les Salariés du public et les indépen¬dants non agricoles ont des condi¬tions de vie meilleures que les autres GSE (groupements socio- . économi-ques). Certains avoirs des ménages constituent un déterminant du niveau de vie, a-t-il conclu.


B. Diagana

 
Source: AMI/PMDa
11 juillet 2014

CHRONIQUE DE L'AFRIQUE: LA POLITIQUE AGRICOLE COMMUNE qui ruine les paysans Africains

Qu'est-ce que la PAC? entendez par politique Agricole commune

La politique agricole commune permet aux agriculteurs européens de répondre aux besoins de 500 millions de citoyens. Elle a pour principaux objectifs d'assurer un niveau de vie décent aux agriculteurs et de garantir un approvisionnement alimentaire stable, sûr et à un prix abordable aux consommateurs Européens bien entendu.

La PAC a considérablement évolué depuis ses débuts en 1962 et elle évolue encore. Les dernières propositions de réforme pour l'après-2013 visent trois priorités:

  • garantir une production alimentaire viable;
  • assurer la gestion durable des ressources naturelles;
  • favoriser un développement équilibré de l'ensemble des territoires ruraux de l'UE

agriculture mécaniqueagriculture mécanique

 

 

Qui gère la PAC?

La Commission européenne travaille avec l'ensemble des acteurs concernés (notamment par l'intermédiaire de nombreux groupes consultatifs) avant d'élaborer des propositions. Lorsqu'il s'agit d'actes législatifs, les propositions de la Commission sont transmises pour décision au Conseil des ministres de l'agriculture des 27 États membres de l'Union et au Parlement européen.

La gestion courante de la PAC relève de la responsabilité des États membres. La Cour des comptes de l'UE joue également un rôle important en assurant la surveillance des dépenses.

Comment le budget est-il dépensé?

Le budget de la PAC couvre trois types de dépenses:

  • L'aide au revenu des agriculteurs: versement de paiements directs, conditionné au respect de normes européennes rigoureuses en matière de sécurité des aliments, de protection de l'environnement et de santé et bien-être des animaux. Ces paiements sont intégralement financés par l'UE et représentent environ 70 % du budget de la PAC.  
  • Les mesures de développement rural: mesures destinées à aider les agriculteurs à moderniser leurs exploitations et à devenir plus compétitifs, tout en protégeant l'environnement, et à contribuer à la vitalité des communautés rurales. Ces paiements sont partiellement financés par les États membres et représentent environ 20 % du budget de la PAC.  
  • Les mesures de soutien du marché: par exemple lorsque les mauvaises conditions climatiques déstabilisent les marchés. Ces paiements représentent moins de 10 % du budget de la PAC.

Ces trois types d'aides sont intimement liés et doivent être gérés de façon cohérente. Par exemple, les paiements directs permettent d'assurer un revenu régulier aux agriculteurs et de les rémunérer en échange de la fourniture de biens publics environnementaux. De la même manière, les mesures de développement rural encouragent l'offre de services publics supplémentaires, tout en facilitant la modernisation des exploitations.

Qui décide du montant du budget de la PAC?

Le budget est fixé chaque année par le Conseil de l'UE et le Parlement européen. Afin de maîtriser les dépenses à long terme, celles-ci sont inscrites dans un cadre financier pluriannuel. Le cadre financier en courscouvre la période 2007-2013.

Parallèlement à la préparation du prochain cadre financier, la PAC devra être réformée afin de l'adapter aux nouveaux enjeux de l’agriculture et des territoires ruraux européens.  

Les agriculteurs bénéficient-ils tous d'un traitement identique?

Du fait de l'évolution de la politique agricole commune, 20 % des agriculteurs perçoivent aujourd'hui 80 % des aides. Un des principaux objectifs de la réforme de 2013 est de rétablir l'équilibre.

La situation actuelle s'explique par le fait que 20 % des agriculteurs possèdent 80 % des terres. En ce qui concerne les pays qui appartenaient à l'UE avant 2004, le montant des aides actuellement perçues dépend de «critères historiques» (c.-à.-d. de l'aide directe perçue au cours de la période de référence 2000-2002), de la surface exploitée et du modèle d'aide adopté par chaque État membre. Depuis 2003, ces États membres peuvent redistribuer les aides directes aux agriculteurs sur une base individuelle, régionale ou une combinaison des deux. Ils peuvent appliquer le modèle régional ou hybride pour corriger une situation estimée injuste. En ce qui concerne les États membres ayant adhéré à l'UE depuis 2004, ces paiements directs sont basés sur un montant forfaitaire par hectare.

Depuis 1999, la Commission a proposé à plusieurs reprises de plafonner ces aides directes afin de les répartir de manière plus juste, mais plusieurs États membres ont refusé cette proposition. La Commission reste toutefois convaincue de la nécessité de rendre la PAC plus équitable. Depuis 2008, le montant des aides directes a été progressivement abaissé et les fonds ainsi économisés ont été réalloués au budget du développement rural  Ce mécanisme appelé «modulation» est apprécié du grand public.

Dans le cadre de la réforme de la PAC après 2013, la Commission propose à nouveau de revoir en profondeur la répartition des paiements directs entre les États Membres, les régions et les agriculteurs afin de rendre la PAC plus équitable. Le nouveau système doit être adapté à l'ensemble de l'UE et mettre fin aux «critères historiques», notamment. La Commission propose également de plafonner les aides directes afin qu’elles jouent pleinement leur rôle d'aide au revenu et qu'elles soient versées aux agriculteurs actifs uniquement. La Commission propose en outre des mesures pour soutenir les jeunes agriculteurs et l'agriculture dans les zones défavorisées, ainsi qu'un programme simplifié pour les petites exploitations qui jouent un rôle économique important dans certaines zones rurales.

Il faut aussi noter que des sommes colossales reviennent à des familles Européennes déjà très très fortunées, disposant de terres qu'elle n'exploitent presque pas mais surtout refusent de mettre à disposition des producteurs Agricoles Européens sans terres. 

Cela aurait réduit les subvension, créé des emploi en Europe dans les exploitations et le commerce des produits agricoles, mais sourtout donner un pouvoir d'achat aux Européens, sans oublier la baisse des prix par la concurrence que va engeandrer la compétition entre grands producteur Agricoles.

 

Les subventions  Agricoles ne sont pas sans conséquences pour nous autres tiers Mondistes, prenons quelques exemples dans certains secteurs:

Agriculture vivrièreAgriculture vivrière

 

(MFI) Bœuf, volaille, sucre, blé, coton, aubergines… La liste des produits agricoles subventionnés par l’Union européenne est longue. Déversés sur les marchés africains à prix artificiellement bas, ces exportations désorganisent les filières, ruinent les producteurs. L’Union européenne reconnaît le problème, mais tarde à le régler définitivement.

 

« Il est temps que les Etats-Unis et l’Europe réduisent les subventions à l’agriculture. À l’heure actuelle, ces subventions sont plus élevées que la totalité de ce que reçoivent les pays d’Afrique en aide au développement. Ces subsides font baisser les prix et ferment effectivement la porte aux producteurs des pays en développement. » L’homme qui lançait ce cri d’alarme, en juin 2002, dans le cadre de la Conférence monétaire internationale, n’est autre que le Premier ministre canadien, Jean Chrétien.Il est bien placé pour dénoncer cette situation : son pays est l’un des rares du G7 à avoir arrêté toute forme de subvention agricole aux produits exportés. Et Jean Chrétien de brandir des chiffres : l’aide publique au développement totalise 50 milliards de dollars par an. Les subventions américaines et européennes sont sept fois plus élevées : elles dépassent le cap des 350 milliards de dollars. A elle seule, l’Union européenne représente les deux tiers de ces subventions à l’exportation, loin devant les Etats-Unis.Surproduction bovine

 

Les produits bénéficiaires de ces subventions sont très nombreux. En premier lieu : le bœuf. L’Union européenne en produit plus qu’elle ne peut en consommer et en exporter aux conditions du marché. Ce qui entraîne des accumulations de stocks. En raison du coût élevé du stockage et d’une faible demande en Europe (prix, concurrence d’autres viandes), l’Europe a vendu à l’Afrique pendant des années un bœuf subventionné à hauteur de 2 dollars le kilo. « En Afrique de l’Ouest, et particulièrement au Burkina Faso, au Mali et au Niger, les importations européennes ont réduit d’environ 50 % le prix du bœuf produit par les éleveurs locaux », constate un rapport établi par la Direction des relations économiques extérieures.Les éleveurs d’Afrique australe se plaignent également des effets néfastes de ces subventions sur leurs ventes. La Namibie, dont le bœuf représente 70 % des exportations agricoles, subit de plein fouet la concurrence de la viande bovine européenne sur le marché sud-africain. Déjà, 70 % à 80 % de la viande utilisée dans les conserveries sud-africaines est importée d’Europe. Des campagnes d’information sur ce thème, menée par des ONG, ont eu un impact sur l’opinion publique européenne mais n’ont pas abouti à la fin des subventions. Et encore : le bœuf n’est pas le seul produit concerné par ce dumping qui ne dit pas son nom.Quand l’importé vaut moitié moins que le local

 

Dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre, la filière avicole est menacée par l’invasion de poulets et résidus de volailles congelés en provenance de l’Union européenne et vendus à bas prix. C’est le cas au Bénin et au Togo, mais aussi au Cameroun, où des centaines de producteurs qui avaient massivement investi dans cette filière se sont trouvés ruinés. « Comment voulez-vous que la ménagère m’achète un poulet à 1 800 FCFA pièce quand elle peut se procurer du congelé à 900 FCFA le kg ? », interroge un de ces éleveurs.Le blé et la farine bénéficient également d’un puissant soutien financier de Bruxelles, afin d’écouler les excédents. Conséquence : les céréales produites localement (blé, mil et sorgho) sont durement concurrencées. En Afrique, le pain de blé est devenu un « aliment de base ». La preuve ? Certaines années, les importations de blé et produits dérivés représentent jusqu’à 60 % des importations éthiopiennes en provenance d’Europe. Un pays comme le Kenya a quintuplé ses importations de blé en moins de vingt ans.Autres denrées subventionnées : le coton et le sucre. Plusieurs pays africains producteurs de coton menacent de saisir l’Organisation mondiale du commerce (OMC) à propos des subsides dont bénéficient leurs concurrents européens. La crise est telle que dans de nombreux pays, dont le Mali, le Bénin et le Burkina Faso, les paysans refusent de poursuivre l’exploitation, préférant se reconvertir dans des cultures plus rémunératrices. Conséquence : toute la filière se désorganise.Les Européens pas décidés

 

Le cas du sucre n’est pas différent. Ces dernières années, le Zimbabwe a assisté, impuissant, à l’invasion de son marché par le sucre made in Europe, meilleur marché. Même scénario au Swaziland dont les producteurs peinent à soutenir la concurrence de ce sucre artificiellement bas. « Nous allons devoir exporter plus vers les marchés internationaux », soupire Mike Matsebula, dirigeant de l’Association du sucre du Swaziland. Ce ne sera pas une tâche aisée, car non seulement des barrières douanières subsistent dans de nombreuses régions, mais la concurrence est féroce et les prix très bas, pour cause de subventions en tous genres.Côté européen, on ne nie pas l’effet pervers des subventions. Plusieurs études sur leur impact ont été réalisées. Mais le sujet ne fait pas l’unanimité. Certains gouvernements minimisent les conséquences. Ainsi, récemment, sept ministres de l’Agriculture (dont ceux de la France, de l’Espagne, du Portugal, de la Belgique, de l’Irlande et du Luxembourg) ont cosigné un document : « Certains avancent que la politique agricole commune serait responsable de la faim dans le tiers-monde. Il faut savoir raison garder. Les agricultures de nombre de ces pays, en particulier en Afrique, ont avant tout vocation à assurer l’autosuffisance alimentaire. Celle-ci est gravement mise à mal par la destruction des agricultures traditionnelles qui provoquent une hausse des importations. » Avec un tel raisonnement, la fin des subventions n’est pas pour demain…

 

Agriculture rudimentaireAgriculture rudimentaire

 

NGaary Ba 

11 juillet 2014

MAURITANIE: Risque de faillite: La Mauritanie parmi les «Etats en situation critique de défaillance»

Risque de faillite: La Mauritanie parmi les «Etats en situation critique de défaillance»

Mauriweb - Les rapports internationaux de groupes de reflexion indépendants se suivent et se ressemblent pour laMauritanie comme en atteste encore le dernier rapport 2014 établi, en collaboration avec la revueForeign Policy, par leThink Thank Fund Peace (FFP). 

Ce rapport 2014 classe les Etats en fonction de leur risque d’exposition à la faillite, à leur propension politique, économique et sociale à la délinquance. La Mauritanie y est classée dans le registre «Etats en situation critique de défaillance». 

Cette présentation qui tranche avec la langue de bois observée par les institutions de financements internationales se base sur des paramètres critériologiques à savoir les pressions démographiques, réfugiés et populations déplacées, développement économique irrégulier et inégalités de répartition, pauvreté et déclin économique, légitimité étatique, services publics, respect des droits de l’Homme, l’appareil sécuritaire, influence des élites.... 

...comme "Ce baromètre annuel classe par exemple des pays comme le Soudancomme étant un des pays les moins sûrs au monde et symbolisant parfaitement la notion de déliquescence politique, économique et sociale. Les pays scandinaves, par contre, sont les mieux classés et la Finlande est considérée comme le pays le plus stable au monde" note les rédacteurs de ce rapport. 



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9 juillet 2014

FRANCE: L'Etat contraint à délivrer un visa à un homosexuel étranger pour qu'il se marie en France

Le Monde.fr | 09.07.2014 à 15h59 • Mis à jour le 09.07.2014 à 16h04

C'est une décision sans précédent, motivée par l'adoption en France de la loi sur le mariage pour tous. Le Conseil d'Etat a sommé le gouvernement, mercredi 9 juillet, de délivrer sous vingt-quatre heures un visa à un Sénégalais vivant au Maroc pour qu'il puisse se marier samedi à Creil (Oise) avec son conjoint français.

Le refus de visa porte « une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté fondamentale de se marier », puisque le Maroc n'autorise pas les unions entre personnes de même sexe, a estimé le juge des référés liberté, saisi pour les cas d'extrême urgence.

Lire : Onze nationalités exclues du "mariage pour tous"

La loi du 17 mai 2013 ouvrant le mariage aux couples homosexuels prévoit que si l'un des époux est ressortissant d'un pays interdisant ce type d'union, le mariage ne peut pas être célébré par les autorités diplomatiques et consulaires françaises – comme c'est fréquemment le cas pour les couples hétérosexuels – mais qu'il doit avoir lieu en France. 

LA « SINCÉRITÉ DE L'UNION » MISE EN DOUTE

Le requérant, un Sénégalais résidant à Casablanca, avait entamé des démarches pour épouser son compagnon français à l'été 2013, peu après l'adoption de la loi Taubira. Le 26 mai, il avait déposé une demande de visa court séjour au consulat de Casablanca et avait essuyé un refus le 16 juin. Il avait alors fait appel en urgence devant le tribunal administratif de Nantes, qui avait rejeté sa demande, et avait ensuite saisi le Conseil d'Etat, plus haute juridiction administrative.

Lors de l'audience, mardi, le ministère de l'intérieur a justifié le refus de visa en évoquant « les antécédents migratoires » du ressortissant sénégalais, qui est venu en France sans papiers en 2010. Il a également mis en doute « la sincérité de l'union » entre les deux hommes, qui ont trente-cinq ans de différence d'âge.

Le Conseil d'Etat a rétorqué que les deux hommes partageaient un appartement à Casablanca, que le requérant avait un emploi stable, et qu'il n'avait pas l'intention de s'installer en France. Le ministère de l'intérieur a donc été condamné à délivrerun visa sous vingt-quatre heures et à verser 5 000 euros au requérant.

 

9 juillet 2014

HISTOIRE DE COUPE DU MONDE: 22 juin 1974 : Le Zaïre entre dans l'histoire et en sort sans gloire

22 juin 1974 : Le Zaïre entre dans l'histoire et en sort sans gloire
© Getty Images 22 juin 2014

Malgré ses sacres aux Coupes d'Afrique des Nations 1968 et 1974, le Zaïre a connu un été plutôt difficile lors de la Coupe du Monde de la FIFA™ organisée en Allemagne en 1974. Il a concédé 14 buts sans en marquer un seul et a récolté un carton jaune assez inédit contre le Brésil, le 22 juin 1974, il y a 40 ans jour pour jour.

Kakoko Etepe, qui faisait partie des joueurs emblématiques de l'équipe africaine, explique à FIFA.com que les Léopards avaient abordé la compétition avec une énorme confiance. "Nous avions une grande équipe en 1974", se souvient-il. "Beaucoup de joueurs avaient remporté la CAN plus tôt dans l'année et le Vita Club s'était même adjugé la Ligue des champions de la CAF 1973. Nous avions donc une grande expérience du football international et notre sélectionneur avait lui aussi de la bouteille."

Blagoje Vidinic, médaillé d'argent et d'or avec la Yougoslavie aux Jeux Olympiques 1956 et 1960, avait déjà emmené le Maroc à la Coupe du Monde 1970. Quatre ans plus tard, l'ancien gardien international n'a pas su rééditer les bons résultats des Lions de l'Atlas. Battu 2:0 par l'Écosse lors de son entrée en lice, le Zaïre allait ensuite subir un cinglant 9:0 face à la Yougoslavie puis une défaite 3:0 face au Brésil. C'est à l'occasion de cette rencontre que Mwepu Ilunga a jailli de son mur pour dégager le ballon sous les yeux de Jairzinho, de Rivelino et de l'arbitre, tous trois médusés.

Un mystère
Quelque temps plus tard, Ilunga a justifié son geste en prétextant un acte de protestation. "Je n'ai aucune idée de ce qui lui est passé par la tête. Il a sans doute pensé que le ballon était en jeu, mais il ne s'est jamais vraiment expliqué et ça reste un mystère pour nous tous", avoue Etepe.

Mais pour lui, son équipe n'était pas aussi dépassée que les critiques de l'époque l'avaient affirmé. "Nous avons bien joué contre l'Écosse et face à la Yougoslavie, nous étions tout simplement épuisés", explique-t-il. "Émoussés physiquement, nous manquions également d'expérience pour affronter ce genre de formations. Aujourd'hui, la plupart des joueurs africains qui disputent une phase finale de Coupe du Monde ont déjà joué dans des clubs européens. Ce n'était pas notre cas en 1974. Nous avions une expérience africaine, mais ça ne suffisait pas pour rivaliser à ce niveau. C'était déjà une très grande réussite pour nous d'avoir disputé la Coupe du Monde et de représenter le continent. C'est quelque chose que je n'aurais voulu rater pour rien au monde."

Si la plupart des internationaux zaïrois rêvaient de signer un contrat lucratif dans un club européen à l'issue de la phase finale, leur déception n'en fut que plus grande en constatant le peu d'intérêt suscité par leur performance de 1974. "Pour nous, le football n'était pas une activité à plein temps", rappelle Etepe. "Nous jouions avec notre cœur, c'était là notre qualité principale, mais cela ne nous permettait pas de gagner notre vie. Il fallait travailler à côté."

Etepe a poursuivi sa carrière au Zaïre et a également travaillé pour Mercedes Benz. Le constructeur allemand a même décidé de l'envoyer en Allemagne pour suivre une formation jusqu'en 1977. "Il m'a fallu du temps pour obtenir mon visa, mais dès que je l'ai reçu, je suis parti une deuxième fois pour l'Allemagne", raconte-t-il. "Je partageais ma vie entre le football et mon travail chez Mercedes à Stuttgart. C'est à ce moment-là que le VfB Stuttgart a appris l'existence d'un joueur qui avait disputé la Coupe du Monde en 1974 m'a demandé de le rejoindre."

Tristesse et déception
Etepe a connu le succès avec l'équipe amateur puisqu'il a remporté le titre de champion en 1980. Il a également disputé un match de Bundesliga avec la première avant de rejoindre d'autres formations de deuxième division pour enfin prendre sa retraite en Allemagne. "Le football m'a beaucoup apporté et je n'aurais jamais connu tout cela si je n'avais pas disputé une Coupe du Monde", assure-t-il.

Repéré par le Bayern Munich, le fils d'Etepe entend souvent son père dire qu'il n'éprouve aucune rancœur de ne pas avoir pu vivre du ballon rond. Il admet toutefois ressentir une certaine tristesse en pensant au sort réservé à certains de ses coéquipiers d’Allemagne 1974. "Ça m'attriste de voir que certains n’ont obtenu aucune reconnaissance pour ce qu'ils ont réalisé", regrette-t-il. "J'en vois encore quelques-uns, comme le capitaine Kidumu Mantantu, Mayanga Maku, Kibonge Mafu, Ntumba Kalala ou Kazadi Muamba. La plupart d'entre eux vivent en Belgique."

Du haut de ses 63 ans, Etepe est tout aussi déçu de voir ce qu'est devenu le football dans son pays natal, maintenant appelé République démocratique du Congo. "Nous avons de très bons joueurs et nous devrions être aux côtés du Ghana, du Cameroun et du Nigeria", estime l'ancien Léopard. "Nous devrions pouvoir nous qualifier pour la Coupe du Monde et être compétitifs en Coupe d'Afrique des Nations. C'est dommage que ça ne soit pas le cas et j'espère que la fédération fait tous les efforts nécessaires pour y parvenir et pour que mon pays figure parmi les grandes nations africaines."

6 juillet 2014

FRANCE: Duplicité des responsables politiques et militaires dans la lutte contre les violences faites aux femmes


 

 

Alors que M. Le Drian prend une posture protectrice des femmes en annonçant un plan d’action « vigoureux » pour lutter contre les violences dont sont victimes les femmes militaires au sein de l’armée, l’association Survie rappelle qu’il y a quatre mois, ce même ministre de la Défense faisait voter une loi qui empêche notamment les femmes d’engager des poursuites judiciaires contre un militaire français pour un crime se produisant à l’étranger pendant une opération. Cette disposition était réclamée par le ministère de la Défense notamment en écho aux affaires rwandaises.

Le scandale des violences sexuelles au sein de l’armée française a permis de mettre sur la place publique un sujet tabou, qui relevait d’une véritable « omerta » au sein des institutions, dénoncée par de nombreuses femmes, avocat-e-s et associations. Cependant, en reconnaissant la nécessité et l’urgence de mesures pour lutter contre les violences faites aux femmes militaires au sein de l’armée, les responsables politiques font preuve de duplicité puisqu’ils viennent il y a peu d’aggraver la situation des femmes civiles et étrangères, qui elles, semblent ne pas compter.

Ainsi, il y a 4 mois, le même ministre de la Défense et le même président de la République faisaient voter par les mêmes parlementaires une loi qui empêche désormais les victimes de crimes commis à l’étranger – dont les femmes victimes de violences sexuelles – d’engager des poursuites judiciaires. Selon l’article 30 de la loi de programmation militaire du 18 décembre 2013, l’engagement des poursuites est en effet maintenant réservé au parquet, avec la possibilité évidente pour l’exécutif d’étouffer des affaires.

Cette loi fait écho entre autres aux opérations au Rwanda : l’armée a essayé d’étouffer les plaintes pour viol pendant Turquoise. L’institution militaire a en effet systématiquement et par tous les moyens (médiatiquement, judiciairement) essayé d’empêcher une instruction, puis a tenté de torpiller celle-ci, allant jusqu’à faire pression sur la juge d’instruction pour qu’elle ne se rende pas au Rwanda.

L’association Survie dénonce l’omerta et l’impunité qui subsistent encore aujourd’hui en cas de crimes commis par certains militaires français en opération à l’étranger, et exige l’abrogation des textes de lois qui réservent le monopole des poursuites au parquet en cas de crime (qu’il s’agisse de l’article 30 de la loi de programmation militaire du 18 décembre 2013, ou de l’alinéa 2 de l’article 689-11 du Code de procédure pénale en lien avec la loi d’adaptation de la Cour pénale internationale).

Note sur l’article 30 de la LPM du 18 décembre 2013

La loi de programmation militaire du 18 décembre 2013, à travers son article 30, a modifié l’article 698-2 du Code de procédure pénale en ajoutant :

« [...] l’action publique ne peut être mise en mouvement que par le procureur de la République lorsqu’il s’agit de faits commis dans l’accomplissement de sa mission par un militaire engagé dans le cadre d’une opération mobilisant des capacités militaires, se déroulant à l’extérieur du territoire français ou des eaux territoriales françaises, quels que soient son objet, sa durée ou son ampleur [...] » [1]

La communauté des militaires représentées par le CSFM (Conseil Supérieur de la Fonction Militaire) avait pourtant signifié son opposition à ce texte : “Il a émis un seul avis défavorable sur le projet concernant la protection des militaires contre une judiciarisation dans l’exercice de leurs missions militaires.” [2]

Mais le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian, vraisemblablement sous l’influence de quelques membres de l’Etat-major, a persisté pour imposer cette capacité de fournir une impunité à des militaires français.

Il n’y a aucune ambiguïté quand aux origines de ce texte de loi, dont l’objectif avait été présenté ainsi : “Ce monopole reconnu au parquet [...] constituera une protection efficace des militaires contre une judiciarisation excessive de leur action“ et “sera également le gage de l’absence d’instrumentalisation de l’action judiciaire par des acteurs qui auraient intérêt à contester par ce biais la politique militaire française. “ [3]. Le passif concerne notamment les cas de la Côte d’Ivoire et du Rwanda.

5 juillet 2014

MAURITANIE: HISTOIRE D'UNE HARTANIYA

Une femme Haratine et son enfant
 compte tenu du complexe que j’ai traîné tout ma vie et qui a, finalement, déterminé mes réussites et mes échecs.

J’ai grandi dans un quartier où ma famille était presque la seule famille de« Hratine » dans le coin. A l’école primaire, je n’avais aucune amie hartaniya. Je me rappelle toujours de ce jour en 2èmeannée d’école primaire, je devais avoir 7 ou 8 ans quand une camarade de classe m’a demandé si j’étais« hartaniya ». J’avais déjà entendu ce mot mais je n’étais pas sûre de sa signification donc j’ai répondu que je ne savais pas. Un autre camarade de classe avait répondu oui à ma place. Ce fut la première fois de ma vie que me sentis « différente » des autres, j’ai vu comme de la compassion dans les yeux de ma camarade de classe. De retour chez moi ce jour-là, j’avais une seule chose en tête : savoir ce que signifiait « hartaniya ». J’ai raconté toute l’histoire à mon père et je lui ai demandé de m’expliquer ce que signifiait ce mot. Sa réponse était courte et incomplète : « en Mauritanie, il y’a des « bidhanes », des« kwars » et des « hratines », nous on est« hratines » w tov ye minti». Cette réponse ne m’était point suffisante. Mon père ne voulait clairement pas aller dans les détails, malgré toutes les questions que j’avais pu poser ce jour-là, sûrement pensait-il que j’étais trop jeune pour comprendre. Etant restée sur ma faim, je continuais à poser la question aux gens autour de moi. Mon grand-frère, de deux ans mon aîné, m’expliqua que les autres étaient « meilleurs que nous » et que c’est pour cela que mes camarades de classes avaient eu un peu pitié de moi. Du haut de ses 9 ans, c’était la meilleure explication qu’il pouvait me donner selon sa compréhension des choses. Sa réponse me semblait plus satisfaisante que celle de mon père, même si elle m’avait profondément fait mal. Les autres sont meilleurs que nous ? Pourquoi et comment ? Il fallait absolument que je sache pourquoi.  Je posai donc la question à Tonton Fall, le meilleur ami de mon père, un soir alors que Pepe n’était pas dans le salon. Tonton Fall, qui m’indiqua que lui était Wolof, m’expliqua alors que mes grands-parents et mes ancêtres étaient esclaves et que c’est pour cela qu’on nous appelait « Hratines », parce qu’on avait était affranchi. Quand je lui demandai ce que signifiait esclaves, il m’expliqua que mes ancêtres travaillaient pour les « bidhanes » sans être payés et qu’ils n’étaient pas « libres ». Il eut du mal à m’expliquer ce que signifiait le mot libre. Sans le savoir, Tonton Fall m’avait bouleversé à jamais. En sortant du salon je lui avais dit « A leur place, je n’aurais jamais accepté de travailler sans être payé ». Il sourit et m’appela depuis ce jour là « ezza3ima ». Le plus douloureux pour moi a été d’apprendre, quinze ans plus tard, que Tonton Fall était en fait un hartani mais« déguisé » en Wolof…

Depuis ce jour-là, je ne me voyais plus seulement en tant que fille mais en tant que hartaniya et fille d’anciens esclaves. Je devenais de plus en plus introvertie en classe et distante de mes camarades.

Un deuxième incident allait me pousser à exceller à l’école tout au long de mes études. Je devais avoir douze ans, une femme s’était disputée avec ma belle-mère, qui est commerçante, sur une question de prix et d’argent. A la fin de la conversation, la femme dit à ma belle mère « 7ag enek khadem w feyssde, ntoume matssibou 3an dhak lefsseyed » (« tu es une vraie esclave bête, vous seraient toujours bêtes »).  Ebahie devant le silence de ma belle-mère, je décidai ce jour-là que personne ne pourrait me dire un jour que je suis« bête ». Je pris alors mes études très au sérieux et je suis restée parmi les deux meilleurs de la classe jusqu’à mon 3e cycle en France. Mais je restais « complexée », ce complexe d’infériorité que je trainais me poussais à être hautaine et antipathique avec les autres, surtout les « bidhanes »; je suis sûre d’être passée à côté de beaucoup de gens formidables au collège et au lycée. J’avais tellement été affectée et humiliée par l’incident en 2eannée d’école primaire que je ne voulais plus jamais être dans une situation pareille. Tout commentaire ou regard déplacé que l’on pouvait me faire, je l’identifiais toujours au fait que j’étais hartaniya.

Il m’a fallut beaucoup de temps pour comprendre que ce « racisme » n’était en fait que dans ma tête pour la plupart du temps. En fin de compte, c’était moi qui étais devenue raciste en mettant tous les « bidhanes » dans le même sac tout simplement parce que je n’arrivais pas à assumer ce que j’étais. Le passé de mes ancêtres, la situation de la majorité des « hratines » dans le pays aujourd’hui, tout cela était trop dur à digérer et accepter pour moi. J’ai longtemps jonglé entre la haine, la culpabilité et la douleur.

Même le choix de mes études en sociologie et ethnologie avait été déterminé par cette « crise d’identité ». Cette crise qui consistait à définir le groupe dont je pouvais me réclamer, répondre à la question : « Qui sommes-nous, une oumma, une nation, un peuple, un parti, une caste ? » Ou bien à multiplier les points de vue sur qui je suis, me dotant ainsi d’une identité plurielle, qui répondrait à la question : « Qui suis-je, moi en particulier ? ».

Aujourd’hui, à 28 ans, je me cherche encore et je cherche encore ma place dans ce combat « pour la cause des Haratines ». Une chose est sûre, je ne veux être ni Birame ni Tonton Fall.

LaHartaniya Rim

5 juillet 2014

COUPE DU MONDE: NEYMAR QUITTE LA COMPETITION

Le Mondial 2014 est terminé pour Neymar

Neymar Brésil Coupe du monde 2014

Blessé en fin de match contre la Colombie (2-1), vendredi soir, la star brésilienne Neymar ne rejouera pas avant la fin du Mondial ! Un énorme coup dur pour la Seleçao.

Le Brésil pleure Neymar. 89e minute dumatch Brésil-Colombie, vendredi soir à Fortaleza, le Colombien Zuniga est à la lutte derrière le numéro 10 auriverde. Un genou trop haut, et Neymar s’effondre de douleurs. Le peuple brésilien retient son souffle jusqu’à l’annonce par le docteur Rodrigo Lasmar du diagnostic : «Fracture au niveau de la 3e vertèbre lombaire. Il est forfait pour la fin du Mondial.»

Scolari furieux contre l'arbitrage
Les fans amassés devant l’hôpital peuvent pleurer, celui qui a porté jusque-là le Brésil dans cette Coupe du monde ratera la demi-finale contre l’Allemagne, et l’éventuelle finale à suivre. «Ce n'est pas une fracture très sérieuse nécessitant une chirurgie, mais il va devoir porter une ceinture lombaire qui limite les mouvements. Il devrait avoir récupéré dans quelques semaines, mais malheureusement pour la Coupe du monde, ce ne sera pas possible. Il ne reste que trois jours avant le prochain match et une semaine avant le suivant. Malheureusement, nous venons d'annoncer une nouvelle très triste, la fin du Mondial pour Neymar, mais nous pouvons faire en sorte que ce soit une fracture qui évolue bien.» De nouveaux examens à venir devraient permettre de préciser le temps de repos nécessaire à la star du tout un pays.

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Dès la fin du match, Luiz Felipe Scolari, qui sait mieux que quiconque combien la perte pour son équipe est importante, a tancé l’arbitrage, coupable selon lui de ne pas assez protéger les joueurs. «Tout le monde sait que Neymar est chassé sur le terrain. Cela fait trois matches que ça arrive, mais personne ne trouve rien à redire. Là, Neymar a reçu un coup de genou dans les cotes, il pleurait de douleur tellement il avait mal !» Du côté des joueurs, une fois l’abattement consécutif à l’annonce de la blessure passé, chacun a voulu y puiser la motivation nécessaire pour repartir au combat. «C'est une grande perte. Mais nous devons continuer à devenir plus forts et aller chercher ce titre que nous dédierons à Neymar» déclarait ainsi Fernandinho. Hulk enchaînait d’ailleurs sur le même thème : «C'est triste. Mais nous devons surmonter cela. C'est un motif de plus pour nous battre, et si Dieu le veut, nous serons champions.»

Thiago Silva aussi absent contre l’Allemagne
L’absence de Neymar, tant sportivement que psychologiquement, pèsera énormément côté brésilien mardi prochain. D’autant qu’outre son leader technique, la Seleçao a également perdu son leader charismatique. Alors qu’il avait retrouvé des couleurs, en marquant notamment le premier but contre les Cafeteros et en réalisant 45 premières minutes de haute volée, Thiago Silva a reçu le carton jaune de trop. Le capitaine du PSG, sous la menace, a clairement fait preuve de négligence en étant sanctionné pour avoir gêné le gardien colombien David Ospina dans sa relance, alors que cela ne s’imposait vraiment pas. David Luiz, son partenaire en charnière centrale, refuse néanmoins de s’inquiéter de cette absence préjudiciable pour le prochain match : «Comme Thiago et moi, les autres joueurs se sont préparés pour disputer ce Mondial. Comme nous, Dante a rêvé de représenter son pays au Mondial. Avec lui, on est bien servi. Il n'y aura pas le capitaine mais grâce à Dieu, le coach a su choisir les joueurs.» Scolari a désormais trois jours pour trouver des solutions de remplacement.

ZUNIGA S'EST EXPLIQUÉ

«C'était une action normale. Je n'ai jamais eu l'intention de faire mal au joueur. Quand je suis sur le terrain, je fais tout pour défendre mon pays et le maillot mais sans intention de blesser un adversaire. C'était un match que les deux équipes voulaient gagner. C'était devenu un peu chaud. Il y avait des tacles forts mais les Brésiliens faisaient pareils. C'est normal. Je n'ai pas fait l'action en voulant lui fracturer la colonne. Je défendais mon pays. C'est une chose très triste. Et j'espère que pour Neymar que ce ne soit pas quelque chose de plus grave, parce que tout le monde sait que c'est un grand talent pour le Brésil.»

30 novembre 2013

AFRIQUE:Une invention qui pourrait bouleverser le monde de la téléphonie.

© Victor Kossikouma Agbégnénou veut mettre sa trouvaille au service de l’Afrique.

 

Africa24monde |afrik.com - PAR KODJO EPOU 

Victor Kossikouma Agbégnénou veut mettre sa trouvaille au service de l’Afrique. Une technologie qui permet de distribuer les services de téléphonie, Internet et images, sans recourir au moindre câblage. 

C’est l’étonnante invention d’un Toglais de la diaspora africaine en France, Victor Kossikouma Agbégnénou. Son pari : le téléphone pour tous, accessible partout, et parfois gratuit en appel local. 

Une invention a vu le jour, grâce à un africain, et promet des lendemains meilleurs pour le continent noir. Il s’agit d’ un système de communication polyvalent sans fil, le PWCS ( Polyvalent WirelessCommunication Systems). 

Une technologie étonnante qui permet, à partir d’une connection haut débit satellitaire, de distribuer les trois services de téléphonie, internet et images, sans recourir au moindre câblage. Le pari de l’inventeur : le téléphone pour toutes les bourses, accessible partout, et parfois gratuit en appel local. 

Ce sera le téléphone des peuples, peut-être du siècle. Une création 100% africaine qui va désenclaver les zones reculées et rétrécir la disparité numérique entre riches et pauvres. Même certaines villes et campagnes dans les pays développés en ont bien besoin. 

L’Afrique d’abord 

Cette invention est une oeuvre du laboratoire Ka-Technologies, grâce à l’ingéniosité et à dix années de recherche de son directeur, un Togolais de la Diaspora africaine en France,Victor Kossikouma Agbégnénou. 

Ce génie africain est sur le point de bousculer les idées reçues, l’ordre mondial de la technologie. A son sujet, le rédacteur en chef d’un magazine français d’informatique souligne avec enthousiasme qu’habituellement, c’est le Nord qui produit et le Sud consomme. 

Le PWCS vient transformer cette voie à sens unique et, lorsqu’il sera opérationnel, sera un moyen de construire plus de ponts que de murs entre les peuples. 

Rien ne prédisposait ce Togolais, la quarantaine, à devenir le père du système de télécommunication le plus ambitieux de ce début du 21ème siècle. Il est Vétérinaire de formation, diplômé de l’Académie de Moscou et de l’Ecole supérieure de Maisons-Alfort en France. 

Ce docteur des animaux, déjà dépositaire de quatre brevets d’invention dans le domaine médical, a de quoi être fier de sa nouvelle trouvaille en télécom, le “PWCS.” 

Il montre à la face du monde que la thèse répandue selon laquelle des tares pèsent sur les épaules des noirs, les empêchant d’inventer, de retrouver leur situation antique des civilisateurs de l’humanité, est un mensonge sacré, un apât de type raciste. 

Un pari difficile 

Le génie secourable, Docteur Kossikouma Agbégnénou, s’est vu proposer par des américains etsuisses, le rachat de son brevet contre des millions de dollars. 

Mais il leur oppose un refus, son souci premier étant de privilégier le continent. “Ils sont venus me voir dans mon labo situé au sous-sol d’un immeuble sur l’avenue des Champs Elysées à Paris. 

Après de longues heures de discussions tendues, confie t-il, je leur ai dit que même si je dois vendre la license, ce sera assorti d’une condition indiscutable, celle qu’ils acceptent d’exploiter le produit partout ailleurs dans le monde, à l’exception de l’Afrique, me laissant ainsi le droit de traiter en personne avec le continent noir”. 

Mais face à l’intransigeance de ses visiteurs qui tenaient à retourner à tout prix à New York avec le brevet, l’inventeur a mis fin au deal : “Vous savez, je suis déjà dans une cave, je ne peux pas descendre plus bas”. Affaire close. 

Ce rejet, inhabituel, n’est pas le plus facile des gestes à accomplir. “L’Afrique d’abord, Kossikuma après”, tel est le leitmotiv de cet homme dont le sens de l’intérêt général est sans commune mesure avec les habitudes courantes. Son pays d’origine, le Togo, est souvent cité comme un cas de corruption. 

Beaucoup d’autres sur le continent souffrent atrocement du même fléau. La terre qui l’a adopté, la France, n’est pas des plus vertueuses non plus. D’où alors Dr Agbégnénou tient-il cette intégrité morale et son détachement par rapport à l’argent ? 

Mais pas impossible 

Le produit est prêt pour passer à sa phase industrielle. Mais l’Afrique qui a toujours plus d’un tour dans son sac semble lui réserver un sort pour le moins cocasse. 

Après plusieurs va-et-vient sur le continent, l’inventeur fait l’amère constat que les autorités africaines sont paradoxalement réticentes à ouvrir les espaces nationaux et à accorder les autorisations officielles nécessaires. 

Docteur Victor Agbégnénou, loin de baisser les bras, continue de se battre bec et ongles pour forcer la main aux décideurs, afin que soit rendu opérationnelle sa technologie de pointe qui, selon les experts, a 30 (trente) ans d’avance sur les occidentaux. 

Dans cette histoire, on peut dire que Mère-Afrique, une fois encore, voit certains de ses propres enfants combattre ses intérêts supérieurs, au profit de riches commerçants étrangers. 

Au nom de la fierté africaine 

C’est peut-être le lieu d’en appeler à une forte mobilisation de tout ce que regorge encore le continent comme hommes de valeurs, des personnalités dont l’opinion compte ( Kofi Annan, Joaquim Alberto Chissano, Alpha Oumar Konare,Olusegun Obasanjo), le conseil des sages de l’UA, la Fondation Mo Ibrahim, les élites africaines de la diaspora afin qu’ils accompagnent la promotion de ce produit stratégique auprès des décideurs politiques du continent. 

Le “PWCS” fait certainement partie des symboles palpables de la renaissance africaine et de l’indépendance dont il est abondamment fait mention ces derniers temps. 

C’est aussi un apport non négligeable au combat contre la fracture numérique dont le beau continent est la plus grande victime. 

 

3 juillet 2014

HISTOIRE DE LA MAURITANIE: Le Premier Gouvernement Mauritanien

source Noorinfo 


Gouvernements mauritaniens: De 1957 à 2010

Le premier gouvernement du pays a été mis en place en 1957. Il comprenait neuf ministres dont trois étrangers -des français- et était dirigé par Moktar Ould Daddah, en sa qualité de premier ministre de l’entité étatique naissante.

En 1960, le nouveau pays accéda à l’indépendance et Moktar sera son premier président. Il y siègera pendant vingt un ans avant d’être déposé par les militaires du Comité militaire de Redressement national (CMRN) le 10 juillet 1978. A part le court intermède du président Sidi Ould Cheikh Abdellahi (16 mois), la Mauritanie n’a été gouverné que par les hommes aux treillis. 

Finalement, le pays a connu deux présidents civils et six d’origine militaire. Sur le plan genre, le compte est loin d’être bon. La première femme mauritanienne ministre est Aissata Kane. Elle est entrée au gouvernement en 1975. Le putsch de 1978 a mis fin à cette expérience féminine au gouvernement. Et il faut attendre un peu moins de deux décennies pour voir une deuxième dame accéder au gouvernement en 1987 pendant la période de Ould Taya. Depuis, il n’y a jamais eu de gouvernement sans représentation féminine. 

Par rapport à la couche défavorisée des Haratines, elle était systématiquement exclue des gouvernements jusqu’en 1984, lorsque Ould Taya a pris la décision, révolutionnaire à l’époque, de nommer Messaoud Ould Boulkheir au département du Développement rural. A partir de cette date, il n’y a jamais eu de conseil ministériel sans un ou plusieurs représentants des Haratines.

Gouvernements mauritaniens: De 1957 à 2010
29 juin 2014

HOMMAGE A MICHAEL JACKSON (25 AOÛT 1958-25 JUIN 2009)

BIOGRAPHIE DE MICHAEL JACKSON

Michael Joseph Jackson est né 29 août 1958 à Gary dans l'Indiana. Son père, Joseph, est ouvrier dans l'aciérie ; sa mère, Katherine, est témoin de Jéhovah. Il apprend ses premiers pas de danse à la maison sur les battements de la machine à laver. En 1964, à l'âge de 6 ans, il intègre les Jackson Five, composé de ses frères Michael, Marlon, Jermaine, Tito et Jackie : le groupe va faire les beaux jours du label Motown pendant près d'une décennie...


En juin 1975, après le départ de Jermaine, les Jackson Five deviennent les Jacksons. Entre 1978 et 1980, les Jacksons vont collectionner les hits sous la houlette artistique de Michael. Après le clip de Can You Feel It, Michael Jackson se désintéresse du groupe et se pose sur un nuage créatif. En 1979, il sortOff The Wall, sous la direction de Quincy Jones - un premier album étincelant qui, bizarrement, reçoit à l'époque peu de récompenses. Le second album, Thriller, sonne comme une revanche : 104 millions d'exemplaires vendus, 8 Music Awards.


Thriller, totem artistique, va en quelque sorte sceller la malédiction de son auteur. Jackson se déconnecte de la réalité. Sa paranoïa le conduit à s'entourer d'enfants, les seuls qui, à ses yeux, ne lui veulent pas de mal sur cette Terre. On connaît la suite... En 2005, après que de nombreuses affaires aient été étouffées, Michael Jackson est accusé d'avoir abusé d'un garçon de 13 ans dans sa propriété de Neverland. Il est acquitté au terme d'un procès surmédiatisé et part vivre à Bahrein, avant de s'installer en Irlande, où il prépare son prochain album.

Michael Jackson a épousé le 28 mai 1994 Lisa-Mary Presley, la fille d'Elvis. Ils ont divorcé le 18 janvier 1996. Deuxièmes noces le 16 novembre 1996, avec Deborah Rowe, l'assistante de son dermato. Le couple a un fils, Prince Michael Jr. et une fille, Paris Katherine. Nouveau divorce le 19 octobre 1999. Bambi a un troisième fils, Prince Michael II, surnommé Blanket, en 2002. C'est lui qui, bébé, a bien failli passer par la fenêtre lors d'une présentation à la presse, à Berlin...

En février 2008, Michael tente un retour musical avec la ré-édition de Thriller à l'occasion des 25 ans de cet album événement. Mais c'est un échec, les ventes sont très décevantes.

En mars 2009, Michael Jackson annonce officiellement qu'il donnera une série exceptionnelle de concerts à Londres en juillet. Malheureusement, il n'aura pas eu le temps de faire son grand retour.

Le 25 juin 2009, Michael Jackson est retrouvé inanimé dans sa demeure de Los Angeles, suite à une crise cardiaque, dû à une dose massive de Propofol, un puissant anesthésiant administré par son médecin, le Dr Murray. Il est rapidement transporté à l'UCLA Medical Center, mais ne pourra être réanimé. Il laisse des millions de fans dévastés, à travers le monde.

MICHAEL JACKSON EN PHOTOS

 

  • Michael Jackson entouré de Johnny et Laeticia Hallyday, à l'occasion de l'anniversaire de Christian Audigier.Debbie Rowe avec Michael Jackson en 1997Paris JacksonLes 3TLes enfants de Michael Jackson au Staples Center le 7 juillet 2009 lors de l'hommage public à leur papa... Michael Jackson,  Don't stop til you get enough Le cercueil de Michael JacksonMichael Jackson et son père Joe

Discographie :
Albums sortis sous le label Epic Records (Sony Music/Sony BMG) :
2006 : Visionary - The Video Singles 
2005 : The Essential Michael Jackson (compilation 2CDs)
2004 : The Ultimate Collection (coffret 4CDs+1DVD) 
2003 : Number Ones (compilation) 
2001 : Invincible 
1997 : Blood On The Dance Floor - HIStory in the Mix 
1995 : HIStory - Past, Present, and Future: Book 1 
1991 : Dangerous
1987 : Bad
1982 : Thriller
1979 : Off the Wall

Albums sortis sous le label Motown :
1986 : Looking Back To Yesterday (compilation d'inédits)
1984 : Farewell My Summer Love (compilation d'inédits)
1981 : One Day In Your Life (compilation d'inédits)
1975 : The Best Of Michael Jackson
1975 : Forever, Michael
1973 : Music And Me
1972 : Ben
1972 : Got To Be There 

28 juin 2014

L’ALGÉRIE CRÉE UNE NOUVELLE POLÉMIQUE: les pays du Maghreb se considèrent t-ils comme des pays Africains?

LES NEWS DU SPORT Publié le 27 Juin 2014
   

L’ALGÉRIE, ET LES FENNECS DÉCLARENT QU’ILS NE REPRÉSENTENT PAS L’AFRIQUE, MAIS TOUS LES ARABES

L’Algérie, et les fennecs récidivent, nous ne représentons pas l’Afrique


L’Algérie représente-t-elle  réellement l’Afrique à la Coupe du monde? A priori, la question semble superfétatoire, tant l’Algérie se situe géographiquement sur le continent africain.

Mais certaines déclarations des Algériens amènent à faire un arrêt sur cette interrogation. 

L’Algérie crée de nouveau la polémique! Déjà en 1982, Lakhdar Belloumi, ancien joueur de la sélection algérienne lançait la polémique devant les caméras du monde entier: «je dédie cette victoire au monde arabe». Un coup de poignard dans le dos des supporters africains heureux de la première participation des Fennecs à une phase finale de Coupe du monde. 

Trente-deux ans plus tard, c’est Sofiane Feghouli, une star algérienne pourtant adulée par l’Afrique, qui se met sur les traces de Belloumi. «Cette qualification, c’est pour tous les Algériens, les Arabes et tous les musulmans du monde», a déclaré le milieu offensif de Valence, après le match nul de l’Algérie contre la Russie, qualifiant les Fennecs pour les 8emes de finale de la Coupe du monde 2014. 

Des propos qui relancent donc le débat sur la réelle identité des Algériens et au-delà de tout le Maghreb. Les Algériens se sentent-ils Africains? A la lumière de ces déclarations, la réponse est sans ambages NON! Et pourtant, l’Algérie passe par l’Afrique pour se qualifier pour la Coupe du monde. Quel paradoxe! Plus paradoxal encore, après la défaite de l’Algérie face à la Belgique, la tristesse avait envahi tout le continent, de Dakar, en Afrique du Sud, en passant par Conakry, Abidjan, Lagos, Brazzaville, Luanda etc. Alors que du côté des pays arabes, ce match ne faisait même pas de débats, une indifférence totale pour ceux qui se réclament leurs frères, et qui se sont toujours admirés ainsi.

Alors une question: si tant est que les Algériens ne se sentent pas Africains, pourquoi ne pas rallier l’Asian Football Confederation, à l’image de l’Israël, qui bien que géographiquement lié aux pays arabes, se retrouve dans l’Union des associations européennes, et non dans la Asian Football Confederation parce que se sentant plus européen?

A moins que les déclarations de Belloumi en 1982 et de Feghouli en 2014 ne soient faites sous le coup de l’émotion. Pour le moement, géographiquement, l’Algérie est un pays africain.

25 juin 2014

COUPE DU MONDE: HISTORIQUE

Les affiches de la Coupe du Monde depuis 80 ans !

Les affiches de la Coupe du Monde depuis 80 ans !

Découvrez les affiches de la Coupe du Monde de la FIFAdepuis 80 ans !

Tous les quatre ans pour chaque Coupe du Monde de la FIFA, nous avons le droit à une affiche officielle pour promouvoir l’événement.
Retour sur plus de 80 ans de design du ballon rond ! Une tradition qui remonte à la première, qui a eu lieu en 1930 en Uruguay. Bref je n’étais pas né.

Pour la petite histoire, on ne va pas vous refaire le match, mais le logo est apparu en 1950 lors d’une Coupe du Monde qui se déroulait devinez où ? Au Brésil :)

Jeudi, c’est le début de la Coupe du monde de la FIFA au Brésil, et bien évidemment cette année comme à chaque fois le pays hôte a aussi le droit à sa propre affiche. En attendant, on vous laisse patienter avec 20 affiches plus sublimes les unes que les autres !

Sinon, vous pouvez toujours retrouver notre sélection des publicités télévisées de cette année ici.

Uruguay 1930

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Italie 1934

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France 1938

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Brésil 1950

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Suisse 1954 

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Suède 1958

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Chili 1962

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Angleterre 1966

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Mexique 1970

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Allemagne de l’Ouest 1974

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Argentine 1978

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Espagne 1982

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Mexique 1986

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Italie 1990

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Etats-Unis 1994

USA1994

France 1998 (Larme à l’oeil)

France1998

Japon/Corée du Sud 2002

JapanKorea2002

Allemagne 2006

Germany2006

Afrique du Sud 2010 (J’avais déjà oublié)

SouthAfrica2010

Brésil 2014

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27 novembre 2013

ALGÉRIE:DANS LA PEAU D’UN NOIR EN ALGÉRIE

A qui pourrais-je m’identifier ? Je n’existe ni à la télé, sauf lors de danses folkloriques où je fais semblant d’être un Touareg heureux avec mon faux sabre, ni dans la rue. Je n’existe nulle part. A Alger, des enfants me jettent des pierres, prenant tous les Noirs pour des cordonniers maliens, en transit permanent en attendant rejoindre l’Europe, cet eldorado, qui ne cesse de s’éloigner. Pourquoi un Kahlouche est-il toujours méprisé ? Je cherche toujours des raisons d’être fier… En politique, le FLN envoie toujours quelques notables à l’Assemblée, jamais aux postes de responsabilité. De la figuration, en guise de bonne conscience. Aucun Noir en politique, aucun Noir en sport, aucun Noir ministre, aucun Noir nulle part. Il faut dépasser les Hauts-Plateaux, franchir la ceinture montagneuse qui sépare l’Algérie blanche de celle du Sud. Et quand je dis aucun Noir, je ne pense pas au féminin. C’est pire. Que Hasna El Becharia, la reine du gnawa rock, me pardonne.

Le pouvoir est dans le Nord, le pétrole dans le Sud. Le Nord dépense l’argent du Sud, sa générosité s’arrête au sable du Sahara, pas celui des plages de la côte. Je sais que seule une partie de la population du Nord profite des mannes du pétrole, que l’oligarchie, toujours insatiable, a phagocyté tout le système. C’est peut-être cela l’Algérie démocratique et populaire. A chaque fois qu’on lui accole un adjectif, la démocratie cesse de l’être, un peu, beaucoup. Etre un Noir en Algérie donc, avec des codes tacites, non dits. Un Noir avec une blanche, couple improbable dans la rue algérienne. Regards en biais, phrases inaudibles, remarques étouffées dans la gorge, par ce racisme inassumé. L’égalité ? Quelle égalité quand la rue vous est, perversement, interdite ? Quelle égalité quand le pouvoir, tous les pouvoirs, ivres d’un jacobinisme hérité de l’adversaire d’hier, vous somment de retourner « chez vous », vos études universitaires terminées, grossissant ainsi les cohortes de chômeurs surdiplômés. Chez vous, comprendre, entre vous dans le Sud, jamais le mot « Noir » ne sera prononcé. Chez vous, aussi bien un lieu géographique, qu’un ensemble démographique. Chez vous, ce lieu qui m’est réservé, ainsi qu’aux « miens ».

L’Algérien raciste ? Il ne peut pas même pas dire mais non j’ai des « amis noirs ». Il n’en a pas, il n’a jamais eu l’occasion d’en fréquenter. Le système raciste ? Non, jamais, tout de même ! Ou alors il l’est avec les Kabyles, les Chaouias (aujourd’hui), les démocrates, les qui-ne-pensent-pas-comme-eux, les étranges étrangers de « la famille révolutionnaire », les chômeurs qui expriment leur colère dans la rue… La liste est longue, très longue. Le système a transformé les citoyens en obligés, définition même du népotisme. Et moi, dans tout ça ? Etre Noir en Algérie c’est un peu comme le cousin honteux qu’on cache. Il existe sans exister.

16 juin 2014

Moacir Barbosa, fer de lance du racisme au Brésil malgré lui

64 ans après, le Brésil accueille de nouveau une Coupe du monde. Une première depuis la tragédie du 16 juillet 1950, le Maracanazo. Ce jour où, d’après les mots du roi Pelé, le « Brésil a perdu une guerre où il était dans son bon droit ». La faute à un gardien aux gants un peu trop glissants dont les mains sont encore maudites par les Brésiliens aujourd’hui.

Premier pays catholique du monde, le Brésil n’a pourtant pas le pardon facile. Surtout quand il s’agit de foot. Le gardien de but de la Selecao, Moacir Barbosa Nascimento, en savait quelque chose. Un plongeon un peu raté, une anticipation mal sentie… impardonnable au pays du Christ Rédempteur.
À cause du conflit mondial de 39-45, il n’y a pas eu de championnat du Monde depuis 12 ans. En 1950, le Brésil organise sa première coupe du Monde sur ses terres. À l’époque, la compétition reine se déroule par matchs de poules. Dans un groupe final à quatre, avec l’Espagne, la Suède et l’Uruguay, lesauriverdes dominent les deux premières rencontres. Vainqueurs 7-1 contre la Suède, puis 6-1 contre les Ibères, les Brésiliens se voient déjà embrasser la coupe Jules Rimet devant les 200 000 personnes qui ont pris place pour célébrer dans le gigantesque Maracana. La liesse va pourtant laisser place à la désolation.
Alors qu’un nul suffit, le Brésil se fait surprendre par l’Uruguay (1-2). Le petit Alices Ghiggia s’échappe et  décoche une frappe apparemment anodine pour Barbosa. Mais comme Arconada 36 ans plus tard, le portier carioca voit le ballon lui glisser sous le ventre. Les Brésiliens ne s’en remettront jamais. Barbosa non plus. il devient dès lors l’ennemi public numéro 1.

Une faute de couleur

Dans le football brésilien comme dans la société, le racisme est partout. Aucun joueur ne doit alors être aligné dans le sport de la bourgeoisie blanche. Fluminense, le club du quartier huppé de Rio, en vient même à étaler de la poudre de riz sur le visage d’un de ses joueurs, très bon mais métisse. Et quand Vasco de Gama (le club hein, pas le navigateur) adresse une lettre contre la discrimination et aligne des joueurs noirs sur le terrain, la fronde est totale.
Cet accident, Barbosa l’a porté toute sa vie comme sa croix. Après cette finale, plus aucun gardien de but de couleur ne fut titularisé au Brésil avant Nelson Dida cinquante ans plus tard. Sa bourde devient un argument en béton pour la pensée de l’époque. L’idée que Barbosa ait raté le ballon à cause de sa couleur de peau fait son chemin dans les discussions. Elle exacerbe tous les préjugés colonialistes qui ne se sont toujours pas évaporés. Trente années après la fin de l’esclavage, des idées aussi absurdes que  « L’homme noir est plus faible mentalement », « L’homme noir a fait pleurer le Brésil » fusent encore.

Black-listé jusqu’au bout

Ancien attaquant repositionné, il passera la majeure partie de sa carrière à l’abri de ses cages, dans le club à la croix de Malte. Il gagnera quatre championnats carioca sous le maillot noir et blanc et restera comme le grand gardien de l’épopée de Vasco dans les années 40. Considéré alors comme le meilleur gardien du monde, Moacir deviendra un véritable pestiféré après cette bourde.
En 1993, il veut retrouver les terrains, cette fois ci comme commentateur pour un match de la sélection nationale. La fédération brésilienne et son président Ricardo Texeira, ne voulant pas du chat noir, le lui interdira. En 1994, de visite amicale au camp d’entrainement de la Seleção, il est immédiatement chassé par Mario Zagallo. Après ce dernier acte de rancœur des instances brésiliennes, il déclara fatidiquement :« Au Brésil, la peine majeure pour un crime est de 30 ans de prison. Moi, il y a 43 ans que je paye pour un crime que je n’ai pas commis ». Sur la plage de Copabana, les idôles se nomment Zico, Garrincha ou Romario. Cet été, tous ces footballeurs légendaires seront fêtés comme des saints. On doute de trouver la moindre trace d’un hommage pour ce pauvre Moacir Barbosa. Décédé en 2000 sans jamais avoir été pardonné.

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