Canalblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

LE PANAFRICANISME NOUVEAU

Publicité
28 mai 2017

AFRIQUE: UNE AFRIQUE INNOVANTE

Inspiration: A 24 ans, elle crée une ampoule qui fonctionne au contact de l’eau (Vidéo)

 4

Delphine Oulaï, 24 ans, est ivoirienne. Elle est originaire de la région du Tonkpi, dans l’ouest de la Côte d’Ivoire.

Après avoir étudié le droit à Abidjan, elle s’est impliquée dans diverses ONG, telle qu’Afemira (Action féminine à l’initiative pour la renaissance de l’Afrique), ce qui l’a amenée à se rendre dans différents villages situés dans l’ouest, plongés dans le noir à la nuit tombée.

Les zones reculées de Côte d’Ivoire sont particulièrement touchées par le manque d’électricité. Afin de pallier ce problème, une Ivoirienne travaille pour développer une ampoule fonctionnant de manière autonome. Et le résultat est plutôt surprenant : pour l’allumer, il suffit de la mettre au contact de l’eau.

Publicité 
 

« Cela prend toujours du temps de raccorder un village au réseau électrique. Je me suis donc dit qu’il fallait trouver une autre solution. En faisant quelques recherches sur Internet, j’ai découvert qu’il existait des ampoules s’allumant au contact de l’eau. J’en ai alors parlé à Daniel Oulaï, mon frère, qui accompagne notre ONG. Cet Ivoirien a cofondé un centre d’incubation, qui est un espace de travail collaboratif, à Man, et mis en place une grainotèque à Sagouiné, dans la région du Tonkpi. Il s’est procuré l’une de ces ampoules et nous l’a fournie. »

 

Il s’agit d’une ampoule à diode électroluminescente (ou ampoule à LED), facilement démontable.

L’équipe de Daniel Oulaï a donc pu l’équiper d’une pile, fabriquée à partir d’une tige de carbone recouverte de poudre de magnésium. Il s’agit d’une pile hydro-électrique, c’est-à-dire qu’elle produit de l’électricité au contact de l’eau. En clair, lorsque les électrodes de la pile entrent en contact avec l’eau (conductrice d’électricité, en particulier lorsqu’elle est salée), une réaction électrochimique se produit à la surface des électrodes, ce qui génère de l’électricité. Celle-ci alimente ensuite l’ampoule à LED, qui s’allume.

Par ailleurs, l’intérêt de ce système réside dans le fait qu’il permet de recycler les lampes à pétrole utilisées traditionnellement par les populations, comme l’explique Daniel Oulaï : « Les ampoules pourraient être placées dans d’anciennes lampes à pétrole, dont le pétrole aurait été remplacé par l’eau. »


Source: observers.france24.com/fr/

Publicité
16 mai 2017

LE PEUPLE AFRICAIN

La Véritable Histoire Du Peuple Négro-Africain Cachée Par Les Occidentaux! À Faire Circuler!!!

11 mai 2017

HOMMAGE A BOB MARLEY

In memoriam : Ce qui s’est passé entre Bob Marley et la fille du Président Omar Bongo. Photos

 4

A quelques heures de la célébration du 36e anniversaire de Bob Marley, zoom sur quelques faits marquants de son passé.

Bob Marley

Publicité 
 

Des personnes proches de Bob Marley, ont affirmé que Pascaline Bongo, la fille de Feu Omar Bongo et sœur d’Ali Bongo, actuel Président de la République du Gabon était très importante dans les dernières années de la vie de la super star du reggae. « J’ai rencontré Bob Marley en 1979 aux Etats-Unis, après un de ses concerts, je suis allée en coulisses le voir. Je lui ai demandé s’il pouvait venir au Gabon pour jouer à l’anniversaire de mon père ». A-t- elle confié dans une interview sur « Large Up Sound Station ». Elle a affirmé par la suite«J’étais amoureuse», parlant de son idylle avec le leader des Wailers.

Pascaline raconte que les premiers mots de la célébrité aux dreadlocks à son égard étaient « vous êtes laide » non pas parce que son visage était désagréable mais parce qu’elle était défrisée.

Résultat de recherche d'images pour "bob marley et la fille d'omar bongo"

Elle avoue qu’elle a contribué à la venue de Bob Marley en Afrique. En effet, la première fois que Bob Marley joua en Afrique, il avait été invité par Omar Bongo. Mais en réalité, c’était Pascaline la véritable auteure de l’invitation. C’était un moment clé de la vie de Bob Marley. Évidemment, l’Afrique était quelque chose d’important pour lui, mais il y avait aussi cette relation entre Pascaline Bongo et lui.

Cette relation allait au-delà d’une relation entre petit(e)s ami(e)s. Pascaline Bongo a également contribué à beaucoup d’autres choses importantes dans la vie de Bob. Elle figurait parmi les trois personnes ressources les plus disponibles à partager leur histoire avec Bob Marley. Elle lui a rendu visite en Allemagne avant de mourir.

La fortune de bob marley

Légende du Reggae, Bob Marley a vendu environ 200 millions de disques à travers le monde, selon le magazine ‘‘Forbes’’. De 1962, date à laquelle il débute dans la musique jusqu’à sa mort en 1981, il a connu un immense succès. Son album ‘‘Legend’’ notamment a été vendu à près de 25 millions d’exemplaires.‘‘Forbes’’ affirme encore que Bob Marley a amassé de son vivant, près de 7 millions de dollars (soit 4 milliards de F CFA). Un montant énorme qui le hisse dans le top 20 des artistes décédés les mieux payés.

http://3.bp.blogspot.com/-_QEk8ENVU08/T8QjoQjLSZI/AAAAAAAAHHE/6-Z-OGyUwy0/s1600/Picture19.jpg

Publicité

http://2.bp.blogspot.com/-Kqc359co4Bc/T8QhkryBbSI/AAAAAAAAHFY/NAIPfDj32IQ/s1600/Picture9.jpg

http://4.bp.blogspot.com/-TL3ffxY3UyM/T8Qiuq9L_hI/AAAAAAAAHGE/mGfBunJobPc/s1600/Picture15.jpg

Résultat de recherche d'images pour "bob marley et la fille d'omar bongo"

Emeraude ASSAH

10 mai 2017

Demba Hamet Guisse, Amadou Samba Pôlel.

Demba Hamet Guisse, Amadou Samba Pôlel.

https://www.youtube.com/watch?v=-vakO5OdaD4

28 avril 2017

FRANCAFRIQUE: Que fait la France en Afrique ?

L’image contient peut-être : texte

 

Après la projection d’Afrique 50 de René Vautier (film anticolonialiste consacré aux conditions de vie dans les villages des colonies françaises d’Afrique occidentale), des membres de l’associations Survie présenteront les bases de ce qu’est la Françafrique : ce volet occulte de la politique de la France vis-à-vis de ses anciennes colonies africaines. Comment elle est née, comment elle a vécu, survécu… et comment elle perdure toujours aujourd’hui.

« La Françafrique, c’est comme un iceberg. Vous avez la face du dessus, la partie émergée de l’iceberg : la France meilleure amie de l’Afrique, patrie des droits de l’homme, etc. Et puis ensuite, vous avez 90% de la relation qui est immergée : l’ensemble des mécanismes de maintien de la domination française en Afrique avec des alliés africains… » François-Xavier Verschave

Connaître les mécanismes de la Françafrique nous a donné des clés pour comprendre notre histoire. Nous avons envie de les partager et d’échanger parce que la politique n’est pas une affaire d’experts pour les experts !

Publicité
19 avril 2017

PRÉSIDENTIELLES 2017 EN FRANCE: MARINE, FILLON, DUPONT AIGNAN nous sommes chez nous

À la veille du centenaire du conflit de 1914-1918, retour sur l'engagement de l'Afrique au cours des deux guerres mondiales.

DANS CE DOSSIER

Le 7 novembre, lors de son allocution pour le lancement des célébrations du centenaire de la Première Guerre mondiale, qui auront lieu jusqu’en 2018, le président François Hollande a salué l’engagement des soldats « venant de toutes les colonies, de l’Afrique à l’Asie du Sud-Est, qui ont pris part à une guerre qui aurait pu ne pas être la leur ». À cette occasion, la ville de Reims prévoit d’ériger, en 2014, une statue en hommage aux combattants africains tombés lors de la bataille de la Marne et espère, à ce titre, recevoir le président malien Ibrahim Boubacar Keïta, dont l’arrière-grand-père, Nango Keïta, est mort à Verdun. L’engagement des troupes coloniales sera également rappelé lors du défilé du 14 Juillet, lors de l’inauguration du mémorial de Notre-Dame-de-Lorette ou encore à travers divers projets pédagogiques. Des 1 500 manifestations qui auront lieu dans l’Hexagone et qui sont labellisées par la Mission du centenaire de la Première Guerre mondiale pour le début de l’année, certaines seront consacrées aux minorités – les Corses notamment – impliquées dans ce conflit. Mais aucune ne sera consacrée en tant que telle au rôle joué par l’Afrique et au lourd tribut payé par ses 500 000 soldats mobilisés. Si l’engagement des Subsahariens est désormais reconnu, celui des Maghrébins souffre encore d’un déficit de travaux de recherches. Rappellera-t-on alors que la Première Guerre mondiale fut aussi une guerre coloniale ? Que la France, le Royaume-Uni et l’Afrique du Sud se partagèrent les possessions allemandes ? Que pour la première fois Paris alla chercher dans ses colonies des hommes qu’il envoya au front en Europe et qu’il renouvellera l’opération lors de la Seconde Guerre mondiale et en Indochine par la suite ? Que sans le courage et la bravoure de ces hommes, mais aussi sans les ressources exploitées sur le continent, il n’aurait pas remporté les deux conflits mondiaux ainsi que l’ont démontré efficacement les chercheurs internationaux invités à participer du 17 au 22 novembre au festival Images et Histoire à Brazzaville ? La France, a rappelé François Hollande, a une « dette d’honneur » à l’égard de ses anciens soldats coloniaux et de « leurs descendants ». Espérons qu’elle l’honore à la hauteur du sacrifice africain.

11 avril 2017

NAISSANCE D'UN ENFANT PRODIGE

Prenons un peu une machine à remonter le temps. Nous sommes en 1972. Par un début d'après midi, j'arrive au monde ! Mon père, me dit-on, était ce jour là aux champs. Rentré à la maison, il me trouva là. Peut-être un peu plus tôt par rapport à ses prévisions". Quelle haute poitrine", s'exclama-t-il. Sitôt, la nouvelle fut le tour de toutes les concessions voisines et apparentées. Elle arriva même jusqu'aux villages voisins : Thidé, Demett, Thiénel, Thialgou, Bakaw et Loopel, Hooré Moondjé, Karafo Abbay et Sayé , Boghé Dow e Less et Wothi, où se trouvent être l'essentiel de nos plus proches parents. Le septième jour de la semaine fut fixée la date d'imposition de mon prénom. Comme il sied dans la tradition musulmane. Car le nom, Ndongo, je le partage, déjà de plein droit avec mon père et tous les membres de sa lignée paternelle. 
Sa sœur aînée, Aïssata Boubou, dite Famatel Gambi vint de Thidé, un village voisin, distant du nôtre de quatre kilomètres environ. C'est là que certains de nos ancêtres avaient élu domicile depuis quelques année déjà. Une partie de notre famille reconnaissable par des prénoms : Hammath, Boubou, Saidou, Aissta, Kadiata et Pâthé y réside encore. Ma tante arriva vers dix ou onze heures, à pied, s'il vous plaît. De suite, elle apostropha son jeune frère, (mon père Sidi). 
-Siidi, dit-elle. On innii ? (Sidi, avez-vous attribué au petit un prénom ou pas)?
 -Oui, lui fut répondu. 
-Lequel ? S'informa-t-elle ! 
-Nous l'avons nommé Aboubakri. 
Elle se tut un moment, puis laissa exploser sa colère. Car à l'entendre, aucune hiérarchie n'a été respectée. Elle se devait d'être consultée et son arrivée quoique tardive, devait être attendue. Car c'est comme ça que le veut la tradition. Elle avait, non seulement la prééminence sur mon père, par le droit d'aînesse mais elle était même plus âgée que sa cousine Gambi Baayel, ma grand-mère maternelle. Qui du reste, portait d'ailleurs lé prénom de sa propre mère : Gambi. Toujours est-il qu'elle fut fâchée et le fit savoir... Et puisque rien, de tout ce qu'elle voulait n'avait, visiblement pas été fait ; elle bouda purement et simplement... Non par sa présence mais par sa retenue. Ainsi ma chère tante refusa fièrement de partager, en tout cas au tout début, ma fête. Il a bien fallu, ce jour-là, la ménager pour qu'elle ait eue, par après, le cœur à la fête.
-"Vous, êtes tous comme ça ! Vous n'en tenez qu'à vos têtes, comme si vous étiez, comme ça, père, mère, oncles et tantes, frères et sœurs de vous-mêmes. Et puisque c'est ainsi, appelez-le comme vous voulez, mais moi je l'appelle Baïdi Hawo. Et elle se mura dans son silence, plombant ainsi, pour un temps l’ambiance de ma fête : Une ambiance désormais empreinte de deuil et de réjouissances.
-Ma mère qui me raconta plus tard la scène me fit comprendre que ce Baïdi Hawo était le frère puîné de mon grand-père Hamath, Pathé, Siley, Yaro, Boubou, Ibrahima, Alpha Ali Ndongo(notre dernier ancêtre connu de la généalogie des Ndongo) Il s'appelait par sa mère Boubou Hawo. Il eut pour frères et soeurs : Aïssé Pâthé (mère d'Aïssé Houraye de Wothi), Saïdou Pâthé (Baïdi Hawo, notre Baïdi NDONGO), Demba Pâthé (Sidi Hawo), père de Hamath Sidi), Mammadel Pâthé (qui n'a probablement pas eu d'enfants, Saka Pâthé (future mère de Sidi Saka), Koumba Pâthé qui sera l'épouse d'un chérif et aura comme enfant, mon saint et regretté oncle Amadou Haïdra et enfin Alhousseïny Pathé, mort trop jeune. Ils étaient plusieurs et non trois, comme mentionnés tantôt, de cette fratrie. Boubou était le prénom maternel désigné à tout enfant mâle, aîné de tous les Ndongo (de saani e lowwol, celle de ma famille élargie tenant ainsi ces prénoms de leur lignée matrenelle dont Hawo Sadjo, issue de la famille des Ngaïdé nos cousins et proches parents de la famille de Mammadou Boubou.

Saïdou Pathé et Demba Pathé étaient les suivants frères. Demba, sera plus tard, le père de mon oncle Hamath sidi Ndongo Hamady Ndongo. Saïdou, quant à lui était un Sammbaajo. Il était Baïdi, de sa mère et sera connu dans son Toulde Doubango natal par ce prénom de Baïdi Hawo, et Baïdi NDongo sous d'autres cieux, là où le destin l'a appelé.
Or, que s'est-il passé dans la vie de ce grand-père, Baïdi, pour que j'hérite, moi, de son prénom alors que des prénoms, j'en ai déjà plusieurs eus , que j'entends partout changeant au gré de mes passages dans telle ou telle concession qui ont toutes bercé mon enfance à Touldé Toulde Doubango ?
Baïdi a été enlevé un jour pour partir. Il était jeune et beau. Il devait avoir dix neuf ans environ. Et puis un jour de 1914, sous le règne colonial, Baidi Hawo a été arraché à sa famille et sera envoyé loin à la guerre. Il sera parti loin, très loin et depuis, plus de nouvelles...

Sa mère Hawo Sadjo, jeûnait souvent et la main sur le sein, invoquait son maternel prénom dans l'espoir de son retour. Elle sera morte de chagrin, sans jamais voir revenir son fils. Baïdi avait disparu. Qu'il en soit ainsi, pourvu qu'il vive. Car dit-on chez nous : "Majjere ɓuri maayde", Mieux vaut la perte que la mort, car la mort, elle, est hélas, toujours un terme !
Devenu jeune garçon, l'histoire me fut contée. Fort ému, j'imposais à mon tour à Siley Ndongo, mon frère cadet de ne m'appeler que par ce prénom. Il s’exécuta avec une loyauté telle, qu'elle me touche encore, même en ce moment où j'écris ces lignes. Le temps passa...
Devenu, étudiant, à Nouakchott (Mauritanie) puis à Perpignan, en France, je fis mon chemin à Bruxelles, jusqu'à Liège Belgique où je vis en ce moment...
Et puis, il y a quelques mois, parlant au téléphone avec ma mère, je lui fis le plaisir de lui dire que j'avais rencontré une parente à nous, comme je la sais très attachée aux liens familiaux. Nous restâmes sur ce sujet pendant quelques minutes. Du coup, elle m'évoqua ce mystère qui entoure notre Baïdi ; parti pourtant avant notre venue, y compris celle de mon père, au monde. Je lui promis que je vais chercher. Elle m'y encouragea fortement, m'y indiquant même son paternel de prénom Saïdou Pâthé, que j'ignorais en réalité.
Il faut dire que cette nuit-là, je n'ai pas dormi, du tout. Une promesse faite à une mère, et quelle mère, est lourde de sens. Après une nuit d'intenses recherches, je tombe, après avoir tout essayé, vers 4h du matin, sur la fiche, dans Mémoire des Hommes qui renseignait ainsi : Baïdi Dongo, 2ème classe, 44ème Bataillon sénégalais, né à Boké (Boghé) , Matricule 3683. Recrutement Boké, mort pour la France, le 4 avril 1919 à l’Hôpital Caudéran à Bordeaux. Systématiquement, j'ai poussé un cri, sorti des entrailles : Ah le voilà ! Il est là mon homonyme, mais il est mort. Et je fondis en larmes. Je réveillais ma femme : "Chérie, je l'ai retrouvé Baïdi Hawo, seykiin, il est à Bordeaux, il faut que j'y aille. Elle ouvrit l’œil et me fit : "Bismillaahir Rahmaanir Rahhiiiiiiiiiiiiiim. Qu'est-ce qui se passe ? Je commençais à lui raconter. Elle crut un instant que j'étais devenu fou. Mais, me connaissant, elle se rassura tout de suite après, continuant son sommeil et me laissant, comme d'habitude, tout seul à mes délires. Dès le lendemain, je multipliais les contacts, envoyais des mails, téléphonais. Jusqu’au jour où je fus tombé sur cette bonne âme : Marie Hélène Reiss, du service des anciens combattants et victimes de guerre, de Bordeaux. Il a suffi de quelques mots échangés pour qu'elle comprenne tout, me demande la fiche militaire.de mon aïeul, que je lui ai donnée illico. Deux jours après, j'ouvre mon e mail et voilà ce que je découvre : Cher Monsieur, votre grand-père, dont vous pouvez être fier, Monsieur BAIDI (N) Dongo est enterré dans le cimetière des Pins Francs, quartier Caudéran à Bordeaux, dans le Carré Militaire. Tombe N° 24-30ème rang, Carré 2...

Pour les préparatifs du voyage, encouragé par mon épouse, et par mon ami Ousmane Sao, les réservations faites à l'aide de ma collègue Sabine et les prières incessantes de Mati, nous voilà mon fils et moi, 98 ans, après, en train de nous recueillir sur sa tombe, formuler mille prières pour la paix de sa tombe et le doux repos de son âme. On aurait dit qu'il le savait, que nous serions-là un jour, pour lui. Trois fois de suite nous y sommes retournés en une journée. Trois fois de suite, chapelet à la main, à la bonne impatience du petit, j'y ai récité plus de 500 ikhlas. Cette sourate du Coran, qui nous dit-on, une seule fois récitée valait le tiers du livre saint. Et cinq cent fois psalmodiée pourrait même assurer à tout défunt, les portes et les jardins du Paradis Céleste.

Dans l'après midi, lors de nos entretiens, Tokara Baba et moi, avec le Service des Anciens Combattants et Victimes de Guerre, nous avons formulé des demandes qui ont toutes été acceptées : De mettre un croissant et une étoile, par respect à sa foi musulmane, au lieu d'une croix, somme toute respectable, mais là, en l’occurrence, un peu anachronique; de changer les plaques plantées devant les tombes des dizaines, voire des centaines de tirailleurs sénégalais, c'est-à-dire originaires d'Afrique Noire ou d'Afrique du Nord; musulmans, pour la plupart où il est écrit par mégarde, par mépris ou même peut-être par lâcheté : A nos morts indochinois de la grande guerre 1914-1918, morts pour la France.

J'ai demandé et obtenu qu'on change ça le plus vite possible. On m'enverra toute la liste des tirailleurs pour eux; mais nos héros à nous. Je les partagerai avec vous pour que certains d'entre vous retrouvent peut-être leurs proches. Pour que cette histoire soit connue et non tue. Car le silence, l'omerta, l'amalgame et le mépris n'ont que trop duré. La France nous doit Éternel Respect. Car sans nos ressources humaines, naturelles, culturelles et financières; sans Nous Afrique, La France, n'est pas La France. A nous de le dire à elle et à nos enfants, pour clouer le bec à ses populistes, fortifier l'identité de nos enfants et affirmer la personnalité, la nôtre et celle de tous nos dirigeants. C'est à ce prix que Baïdi et des centaines de milliers d'autres comme lui ne seront pas tombés au Champ d'Honneur pour rien !

L’image contient peut-être : personnes debout, plante, herbe, arbre, ciel, fleur, plein air et nature
L’image contient peut-être : plein air
L’image contient peut-être : 1 personne, debout, ciel, herbe, plante, plein air et nature
L’image contient peut-être : plein air

 

30 janvier 2017

BIRMANIE ISLAMOPHOBE: Assassinat de l'Avocat musulman Birman

media
Des milliers de personnes se sont pressées lundi aux funérailles de Ko Ni, célèbre avocat musulman birman, connu pour ses discours sur la tolérance religieuse, qui a été abattu dimanche, un meurtre qualifié d'assassinat politique par le parti d'Aung San Suu Kyi.
De retour d'un voyage officiel avec une délégation gouvernementale, ce conseiller juridique pour la Ligue nationale pour la démocratie (NLD, au pouvoir) d'Aung San Suu Kyi a été abattu alors qu'il attendait une voiture à l'extérieur de l'aéroport de Rangoun, a expliqué à l'AFP Zaw Htay, porte-parole du président birman Htin Kway.
Dans le cimetière de Rangoun, de nombreux musulmans mais aussi des moines bouddhistes et des militants de la NLD s'étaient massés pour un dernier hommage à l'un des rares personnages publics à oser publiquement plaider contre l'intolérance religieuse, dans un pays où les tensions sont fortes.
"Perdre un héros comme lui comme une grande perte pour le pays. Et ce n'est pas un bon signe du tout", s'est inquiété auprès de l'AFP Than Htay, 62 ans, lui-même avocat et présent pour les funérailles.
Quelques heures après le meurtre, le parti au pouvoir depuis des élections historiques en novembre 2015 avait estimé qu'il s'agissait "d'un acte terroriste contre la politique de la NLD". 
Le meurtrier présumé, qui a également tué un chauffeur de taxi qui tentait de l'arrêter, a été par la suite appréhendé par les forces de l'ordre. 
"J'ai entendu un +bang+, je pensais que c'était un pneu. Je me suis retournée et là j'ai vu mon père à terre avec mon fils. J'ai hurlé", a raconté à une télévision locale Yin Nwe Khaing, la fille de Ko Ni, qui se trouvait avec son père à l'aéroport.
"Beaucoup de gens nous détestent parce que nous avons une religion différente", a-t-elle ensuite ajouté.
- 'Grande perte' -
Peu de temps après le meurtre de Ko Ni, Yanghee Lee, l'envoyée spéciale pour les Nations unies en Birmanie, qui l'avait rencontré il y a deux semaines, a réagi sur Twitter: "c'est terrible. Aung San Suu Kyi doit faire la lumière sur cette mort".
La police n'a pour l'instant fourni aucune indication quant aux motifs du meurtre mais indiqué que le suspect était sorti de prison en 2014 à la faveur d'une amnistie présidentielle après avoir passé 11 ans derrière les barreaux, notamment pour le vol de statues de Bouddha.
"C'est une grande perte pour le pays, pour les forces démocratiques et pour notre parti", a déclaré Tin Oo, chef de la NLD qui a rendu visite à la famille de Ko Ni dans la matinée. L'avocat musulman était une voix plaidant pour davantage de pluralisme et de tolérance religieuse.
L'armée, qui a dirigé le pays pendant près de 50 ans et reste une force politique importante, a estimé que cette "tragédie pourrait sérieusement nuire à la sécurité", promettant de coopérer pour "permettre l'arrestation des coupables et pour faire éclater la vérité".
Depuis l'ouverture du pays en 2011, les violences contre la communauté musulmane, qui représente moins de 5% de la population, sont récurrentes en Birmanie. Ma Ba Tha, groupe de moines bouddhistes extrémistes qui se voit comme une vigie contre la menace d'une islamisation de la Birmanie, est notamment accusé d'attiser la haine antimusulmane dans le pays.
Ces derniers mois, les tensions sont vives dans le pays avec notamment des troubles dans l'Etat de Rakhine (ou d'Arakan, nord-ouest), où plus de 66.000 musulmans rohingyas ont fui une opération de l'armée birmane, accusée par les ONG d'exactions - viols collectifs, torture, meurtres. 
Josef Benedict, d'Amnesty International, a dénoncé un "acte épouvantable", ajoutant: "Ko Ni était un militant infatigable des droits de l'homme et sa mort marque la perte d'une voix importante".
Pour l'ONG International Crisis Group, ce meurtre "souligne l'urgence pour le gouvernement birman et la société birmane de s'unir pour condamner toutes les formes de discours haineux".

 

  AFP

30 janvier 2017

AFFAIRE SANKARA: Le juge demande à la France la levée du secret défense

L’insurrection qui a chassé Blaise Compaoré en octobre 2014 a réveillé la justice burkinabè. La revendication de vérité et de justice, à propos de l’assassinat de Thomas Sankara, portée par les insurgés, a été une des premières prises en compte par le pouvoir issu de l’insurrec­tion. Aujourd’hui, avec une demande officielle de déclassification par le juge en charge de l’instruction, les soupçons se rapprochent officiellement de la France.

Depuis une enquête a été confiée au juge d’instruction François Yaméogo. Le juge aurait déjà auditionné une centaine de personnes dont l’actuel pré­sident de l’Assemblée nationale, Salif Diallo, qui se trouvait avec Blaise Compaoré le 15 octobre 1987, jour de l’assassinat [1]. Une preuve s’il en est que le juge entend pour­ suivre son enquête en toute indépendance. Quatorze personnes ont déjà été incul­pées dont Gilbert Diendéré, ancien chef du régiment de sécurité présidentielle, véritable numéro 2 du régime de Blaise Compaoré et auteur du coup d’Etat manqué de sep­tembre 2015. Les éléments relatifs aux rela­tions entre Blaise Compaoré et Charles Tay­lor, issus du procès de Charles Taylor devant le Tribunal spécial sur la Sierre Leone auraient aussi été versés au dossier. Dans un documentaire de l’italien Silvestro Monta­naro, plusieurs compa­gnons de Charles Taylor affirment avoir été pré­sents lors de l’assassinat et avoir reçu le soutien de la France et de la CIA [2]. Si Thomas Sankara a probablement été assassi­né par des militaires burkinabè, l’hypothèse d’une entente entre plusieurs pays se pré­cise.

Le gouvernement du Burkina va-t-­il se montrer très combatif pour exiger l’extradi­tion de Blaise Compaoré ? On peut légitime­ ment en douter, d’autant plus que, de son côté, il avait annoncé sa volonté de régler les questions relatives au séjour de Blaise Com­paoré en Côte d’Ivoire par la voie diplomatique. Ainsi, la demande d’extradition concernant l’affaire Sankara lancée en mars 2016, n’a reçu jusqu’ici aucune réponse offi­cielle des autorités ivoiriennes.

Depuis plusieurs années, le « réseau in­ternational justice pour Sankara justice pour l’Afrique », dont fait partie Survie, aux côtés de nombreuses autres associations, mène campagne pour l’ouverture d’une enquête parlementaire en France sur l’assassinat de Thomas Sankara. Les députés écologistes et ceux du Front de gauche ont déposé une demande en 2011 [3].

Sépulture supposée de Thomas Sankara. Photo Lexaeus 94.

Sépulture supposée de Thomas Sankara. Photo Lexaeus 94.

De nombreuses initiatives sont venues l’appuyer : un meeting à Paris, de nombreux débats publics, deux campagnes de signa­tures, conférences de presse au Burkina en France, venue de Mariam Sankara et de son avocat, Maitre Bénéwendé Sankara à l’As­semblée nationale à Paris. Il a fallu attendre près de 5 ans et plusieurs courriers de dépu­tés burkinabè pour que le président de l’as­semblée nationale française, Claude Bartolone, daigne répondre. Dans une lettre adressée aux membres du réseau internatio­nal « Justice pour Sankara justice pour l’Afrique », il justifie ainsi son refus : « une telle commission d’enquête n’aurait aucun pouvoir pour conduire des investigations dans un autre État » et « la procédure judi­ciaire désormais ouverte au Burkina » lui semble « l’instrument juridique le plus ap­proprié pour rechercher les responsables de cette affaire ». Pourtant la commission d’en­quête avait pour objectif d’enquêter en France, bien sûr, sur un éventuel complot !

Les déclarations n’ont pas manqué pour justifier ce refus. Ainsi Gilles Thibault l’ambassadeur de France au Burkina déclare dans une interview au quotidien burkinabè Sidwaya le 1er juin 2015 : « Je suis désolé mais vous êtes dans le fantasme d’un rôle que nous avons pu jouer ». Pour François Loncle, député PS et président du groupe d’Amitié France Burkina Faso à l’Assemblée nationale française, « cette commission d’en­quête (NDLR parlementaire) n’aura pas lieu. Ce n’est pas notre rôle. Le cas Sankara relève des chercheurs, des historiens et sur­ tout des Burkinabè eux­-mêmes ! » [4]. Et Mau­rice Braud, conseiller aux relations internationales du Parti socialiste d’ajouter : « La France n’est pas compétente sur le fond du dossier. Ça n’a rien à voir avec des enquêtes sur des affaires où la France était impliquée de près ou de loin. Je sais qu’on veut voir la main de la France partout. Mais on est vraiment dans autre chose. Seule la justice du Burki­na qui vient de s’en saisir peut apporter une ré­ponse aux familles en­deuillées. » [5]

C’est du Burkina que vient la réponse à toutes ces déclarations. Au­jourd’hui, « l’instrument juridique le plus appro­prié », selon Bartolone, à savoir une enquête d’un juge burkinabè, menée depuis près de deux ans, se tourne vers la France et lui demande par commission rogatoire, la levée du secret défense. Voilà qui remet les pendules à l’heure. Il est grand temps que la France se penche sur ses actions passées en Afrique, plutôt que de s’enfermer dans le déni.

 

Par Bruno Jaffré

 

[1] Selon un témoignage recueilli par Ludo Martens auteur de Thomas Sankara, Blaise Compaoré et la révolution burkinabè, édition EPO, 1989, 332 pages.

[2] Ombre Africaine diffusé le 13 janvier 2013 sur la RAI3. Les retranscriptions des parties concernant le soutien français et américain sont disponibles à http://thomassankara.net/?p=794

[3] Voir la proposition de résolution n°3527 tendant à la création d’une commission d’enquête relative à la recherche de la vérité dans l’assassinat de Thomas Sankara, disponible sur le site de l’Assemblée natio­nale.

[4] Propos rapportés dans un article du Monde Afrique, "Y­ aura­-t­-il une enquête française sur la mort de San­kara ?" 30/06/2015

[5] Idem

26 novembre 2016

HOMMAGE A FIDEL CASTRO

Fidel Castro, l'Enfance d'un Chef (Documentaire de 2004)

 

 

Fidel Castro, l’intransigeant père de la révolution cubaine, meurt à 90 ans

Le Lider Maximo est mort, vendredi soir, à La Havane. Figure de la gauche mondiale, « Fidel » a été toute sa vie politique un dirigeant habité par l’anti-impérialisme.

LE MONDE | 26.11.2016 à 06h47 • Mis à jour le 26.11.2016 à 12h39 | Par 

Abonnez vous à partir de 1 € Réagir Ajouter

Entré au « Monde » en 1952, Marcel Niedergang (1922-2001) a été grand reporter en Amérique latine. Ce texte, écrit peu avant sa mort et mis à jour, raconte un Fidel Castro déterminé, habité par l’anti-impérialisme. Le père de la révolution cubaine est décédé vendredi 25 novembre, à La Havane.

Cuba, Fidel Castro a été, pendant presque cinq décennies de pouvoir absolu – le plus long règne de l’histoire contemporaine –, la « parole qui oriente ». Comment juger sereinement un oracle qui s’ingénia tant à brouiller les pistes ? Il a toujours été attentif à protéger ses vraies motivations, personnelles et politiques, tout en étalant complaisamment en public, devant ses intimes ou les hôtes étrangers, ses passions, ses curiosités innombrables, voire ses petites manies : la lecture, le sport, les recettes de cuisine ou les méthodes d’élevage, il était l’éclectisme poussé au paroxysme. Il avait un avis définitif sur presque tout et aimait tenter de l’imposer aux autres.

Etre le premier, le meilleur, le plus ferme. « Fidel a toujours raison », disait Celia Sanchez, la compagne très affectionnée dans le maquis de la sierra Maestra, gouvernante efficace, puis secrétaire du gouvernement qui, plus qu’aucun autre de l’entourage du monarque Fidel, a tenté d’ordonner l’emploi du temps débridé du Lider Maximo. « Chef suprême » : ce titre résumait la totalité des pouvoirs politiques et militaires qu’ il a exercés sans partage et si longtemps.

On sait tout de ce qui importait le moins. De ses performances à la pêche sous-marine, sport préféré qu’il pratiquait à Cayo Piedra, un îlot préservé dans la baie de Guantanamo, où il recevait parfois ses hôtes de marque. Du record de coupe de la canne à sucre établi en un seul jour par Fidel, à la fin des années 1960, lorsqu’il s’agissait d’inciter les macheteros à se surpasser : anecdotes largement reproduites par la presse cubaine à la dévotion du numéro un, depuis son arrivée à La Havane, en janvier 1959, jusqu’à la fin.

Médias « aux ordres »

De façon peu convaincante, Fidel n’a cessé de critiquer ces médias « aux ordres », de réclamer formellement une presse plus audacieuse… En vain, bien sûr. A moins que ce décalage étonnant entre les injonctions du commandant en chef et des médias immuablement monocordes n’ait illustré ce goût profond pour l’ambiguïté de Fidel.

Castro était un disciple et admirateur de José Marti, héros des guerres d’indépendance, qui recommandait de dissimuler le plus longtemps possible le coup que l’on voulait porter. Un « conspirateur dans l’âme », selon Tad Szulc, journaliste du New York Times, reçu plusieurs mois à Cuba et autorisé exceptionnellement à consulter les archives du gouvernement pour rédiger une biographie du Lider Maximo. « Un maître dans l’art de se dissimuler aux yeux des autres », ajoutait-il. Entre Machiavel et Marx.

En politique, comme dans l’action, dans la lutte armée à Cuba comme à l’extérieur – en Angola, en Ethiopie, en Amérique latine –, Fidel s’est efforcé de dissimuler ses intentions et ses objectifs. Il est souvent parvenu à transformer un échec militaire en victoire politique. Quel meilleur exemple, dès le début, que l’assaut manqué lamentablement contre la caserne Moncada, le 26juillet 1953 ? Ou que le débarquement raté du Granma – « un naufrage », disait Ernesto Che Guevara – sur la côte orientale de Cuba, en décembre1956 ?

Castro s’est avancé masqué pendant la guérilla et dès son entrée en héros à La Havane, triomphant de la dictature de Fulgencio Batista. « La révolution cubaine est une démocratie humaniste », disait-il lors de son voyage de vainqueur aux Etats- Unis, en avril 1959. Il a attendu deux ans pour se proclamer marxiste-léniniste et plus encore pour créer, du jour au lendemain, un « nouveau » Parti communiste cubain, dont le comité central de cent membres – tous anciens compagnons de guérilla dans la sierra Maestra, le massif montagneux du sud de l’île – a été composé par ses soins.

Puis, il a lâché des semi-confidences, des allusions qui embrouillaient plus qu’elles n’explicitaient. « J’étais presque communiste » avant de prendre le pouvoir, a-t-il ensuite assuré. Szulc a affirmé que Castro avait, dès son arrivée au pouvoir, mis en place un gouvernement « parallèle » secret, qu’il avait signé un pacte, également secret, avec les vieux communistes du Parti socialiste populaire et rencontré, dès l’automne 1959, un émissaire soviétique. Le même auteur, pourtant, a conclu que Castro avait « mis le grappin » sur les communistes cubains, et non l’inverse.

Rares tentatives de rébellion écrasées

image: http://s2.lemde.fr/image/2016/11/26/534x0/5038438_6_53b9_fidel-castro-devant-l-assemblee-generale_0d67fd0f4ad010d771e02c9b1583e035.jpg

Fidel Castro devant l’Assemblée générale des Nations Unies, à New York, le 26 septembre 1960.

Castro les a rapidement noyés dans le flot des fidélistes, a écrasé les rares tentatives de rébellion des communistes orthodoxes prosoviétiques. Il a combattu durement les partis communistes d’Amérique latine rétifs à ses instructions ; il a contrôlé et dirigé les autres, jouant des rivalités, accueillant à Cuba des bataillons de militants latino-américains pour les entraîner à la guérilla et les endoctriner.

Pendant un quart de siècle, un débat a opposé les partisans de la thèse d’un Castro poussé dans les bras de l’Union soviétique par les erreurs et l’agressivité des Etats-Unis et les avocats d’un Castro décidé, dès le début, à instaurer un régime socialiste à Cuba. Aucune réponse définitive n’a été apportée à cette question fondamentale. Par nécessité ou stratégie, Castro a en tout cas troqué une dépendance aux Etats-Unis pour une autre sujétion, sourcilleuse mais encore plus rigoureuse, à l’URSS.

Avec Moscou, Castro a noué une alliance indispensable à la survie de sa révolution. Alliance inégale, bien qu’il ait sans cesse réaffirmé sa « souveraineté ». Il a reçu des Soviétiques, dès 1960, une aide économique et militaire très importante, progressivement jugée trop lourde par Moscou. Elle a fini par être réduite à la fin des années 1980, lorsque l’URSS de Mikhaïl Gorbatchev dut, elle-même, affronter une crise économique dévastatrice. Cette aide a néanmoins permis à Cuba de devenir une puissance militaire, d’obtenir des résultats positifs dans les domaines de la santé et de l’éducation et de maintenir un temps à flot une économie nationale en crise permanente.

Autre certitude : après 1968 et son discours justifiant l’intervention militaire du pacte de Varsovie en Tchécoslovaquie, La Havane a épousé toutes les orientations de la politique étrangère soviétique. Et pourtant la personnalité de Fidel était d’une telle complexité que certains n’ont jamais exclu l’hypothèse d’un nouveau changement de cap, si ce revirement pouvait « tourner à l’avantage de Cuba, de la révolution ou à son propre avantage ». Et ce, bien qu’il ait – avec une obstination tournant, sur la fin, à la répétition stérile – dénoncé l’« impérialisme américain » et l’embargo décrété par Washington en 1960 comme la seule cause de toutes les faiblesses du régime.

Coléreux, brouillon, désordonné

Une volonté de fer, une exceptionnelle capacité de travail, une mémoire prodigieuse, un talent oratoire de premier ordre, sans oublier l’intelligence et le courage physique : on a répété à satiété ses qualités. L’homme était aussi très coléreux, brouillon, désordonné, roublard et retors. Mais presque tous ceux qui l’ont approché ont été séduits par ce colosse barbu, dont le fils, Fidelito, occupa des fonctions importantes à la Commission nationale de l’énergie atomique, et qui a eu par ailleurs plusieurs enfants naturels.

Comment dissocier Castro de la révolution cubaine ? Un modèle plutôt décevant. Les tentatives d’industrialisation ont tourné court ; le « Tout pour le sucre » de la récolte de 1970 a désarticulé l’appareil de production. L’austérité, toujours plus d’austérité. Année après année, la libreta (« carnet de rationnement ») à perpétuité, le marché noir, l’absence de libertés, la surveillance tatillonne des comités de défense de la révolution (CDR), des milliers de détenus politiques, des morts en prison.

Le ras-le-bol d’une population privée de liberté s’est spectaculairement exprimé en avril 1980 : 125 000Cubains choisissent alors l’exode, soudain autorisé, vers les Etats-Unis. C’est l’atteinte la plus grave portée au prestige de Fidel depuis 1959. Autre coup dur, l’intervention américaine à la Grenade, en 1983, la reddition et la capture de centaines de travailleurs cubains : des « volontaires » pour la construction d’un aéroport, mais armés.

Adulé ou haï

image: http://s1.lemde.fr/image/2016/11/26/534x0/5038474_6_bb9f_2016-11-26-8866e31-13003-45vqju-clnnx9a4i_3f01be6130704632b2f5b8a4c8b93a83.jpg

Fidel Castro et Nikita Khrouchtchev, à Moscou, le 1er mai 1963.

Le prestige du castrisme a pu s’effondrer, sauf dans les milieux de la gauche latino-américaine, incapables, pour la plupart, d’analyser les causes et les conséquences de l’effondrement des régimes communistes en Europe de l’Est. La cote de Fidel est longtemps demeurée inchangée. Il a été adulé ou haï. Pendant un demi-siècle, il est resté une personnalité de poids sur la scène internationale, en dépit d’une situation interne qu’il qualifiait lui-même, dès 1986, d’« anarchique » et d’une politique étrangère interventionniste.

La taille alourdie, malgré un régime rigoureux, suivi après la suppression radicale de ses fameux cigares en 1985, la barbe blanchie, il a trouvé un interlocuteur privilégié en Hugo Chavez, président du Venezuela depuis 1999. Castro a donné à Cuba une importance hors de proportion avec sa taille et sa population. Il s’est inséré avec un aplomb phénoménal dans les querelles entre superpuissances, jouant de leurs rivalités. Il a connu ou affronté onze présidents américains, fréquenté presque autant de premiers secrétaires du Parti communiste de l’URSS. Mais il était plus à l’aise dans la tempête que dans la détente, plus fort pendant la guerre froide qu’à l’heure de la perestroïka.

Doyen des chefs d’Etat d’Amérique latine, il s’était fait, comme d’autres dirigeants de moindre envergure, le chantre de l’unification du sous-continent. « L’unité, l’unité, disait Bolivar, ou l’anarchie vous dévorera. » Un cri repris par Castro, qui développa sa réflexion sur le thème de la dette extérieure du tiers-monde. Le Cubain devint, pour un temps, « une conscience planétaire », note Jean-Pierre Clerc dans son Fidel de Cuba (Ramsay, 1988). Vers la fin, il ne réclamait plus la mort violente du pécheur capitaliste. Fidel faisait même profession, parfois, de vouloir sauver le capitalisme d’une « explosion sociale révolutionnaire », tout en réaffirmant qu’« un jour tous les pays du monde seront socialistes ».

« L’Histoire m’absoudra », affirmait Castro après l’affaire de la Moncada. L’Histoire jugera l’homme Fidel et sa révolution entachée de terribles violations des droits de l’homme, éclaboussée par les révélations sur les trafics en tout genre – à commencer par la drogue – décidés par Fidel lui-même pour regarnir les caisses vides de son régime. L’un des miracles de cette existence jamais en repos est qu’il ait si souvent échappé à la mort. Peu de dirigeants sur la planète ont pris autant de risques, se sont engagés sans réserve dans des aventures militaires scabreuses, ont été la cible de commandos au service d’opposants ou de la puissante CIA.

La baraka

La baraka. La chance l’a toujours accompagné, comme elle a accompagné un autre Galicien, le dictateur espagnol Francisco Franco, qui a toujours considéré avec une sympathie agissante ce fils d’émigrés gallegos, malgré l’éloignement de leurs idéologies. Fidel, né le 13 août 1926 à Biran, dans l’est de Cuba, a toujours revendiqué avec hauteur son ascendance espagnole. Au point de prétendre avoir le droit de vote aux premières élections démocratiques de juillet1977 en Espagne.

La désastreuse opération commando contre la Moncada ? « C’était une folie, une erreur tactique que je ne commettrais pas aujourd’hui », nous a déclaré Castro, bien plus tard. La chance, déjà. En fuite, Fidel est épargné par un lieutenant de l’armée qui pourchasse les insurgés survivants, un colosse noir nommé Sarria, qui a confié à Robert Merle : « On ne tue pas les idées. » Une chance insolente qui ne l’abandonna jamais, alors qu’il fut la cible de plusieurs dizaines de tentatives d’assassinat organisées par les services secrets américains. Aucun dirigeant, il est vrai, n’a été pendant si longtemps plus clandestin que Fidel. Pas de domicile fixe ou presque pendant plus de cinquante ans : autre record.

Amnistié, exilé au Mexique en 1955, il trouve des subsides aux Etats-Unis, rencontre Ernesto Che Guevara et se lie d’amitié avec lui. Après son débarquement près de la sierra Maestra, en 1957, on le croit mort ; il prépare son entrée en apothéose à La Havane, salué par l’opinion américaine. Le charme est rompu quelques jours plus tard par les exécutions de policiers de Batista, jugés en direct à la télévision. La période héroïque s’achève. Débute celle des crises, intérieures et extérieures.

Dès 1960, Washington commence à manifester son hostilité. John F. Kennedy donne son feu vert en avril 1961 à un débarquement d’anticastristes dans la baie des Cochons. L’opération tourne au désastre complet. Castro se proclame marxiste-léniniste. La dramatique « crise des fusées » de l’automne 1962 est une suite logique de cette mésaventure américaine. Elle a mis le monde au bord de la guerre nucléaire. On sait avec certitude aujourd’hui, d’après les Mémoires de Nikita Khrouchtchev, que Castro n’avait pas hésité à envisager froidement la troisième guerre mondiale, si c’était le prix à payer pour tenir tête aux Etats-Unis. Cet aveuglement avait stupéfié et irrité le dirigeant soviétique lui-même. « Nous avons le droit de penser par nous-mêmes » : cette formule des débuts, Castro la reprendra en 1988, pour justifier son refus de s’aligner sur la perestroïka lancée en URSS par Gorbatchev.

« Le parti est immortel »

Et après lui ? « Il n’y a pas lieu de s’inquiéter, a-t-il affirmé en 1985. Après Fidel, il y aura des quantités de gens qui vaudront davantage que Fidel. Les hommes meurent. Le parti est immortel. » Pourtant, la débâcle des régimes communistes a frappé Cuba de plein fouet. La question insistante qui se posait dans toutes les chancelleries, à partir de 1986, était : combien de temps Castro pourra-t-il tenir, seul contre tous sur la scène extérieure et entouré d’adulateurs à l’intérieur ?

Certes, il n’a jamais eu de statues sur les places de l’île. Mais le Castro vieillissant a exercé un pouvoir absolu, un contrôle de tous les rouages. La mégalomanie était inévitable. « Je suis la révolution », disait Fidel en 1991. Et de continuer à proclamer ce slogan nihiliste : « Le socialisme ou la mort ! » A quoi les opposants irrévérencieux ajoutaient sur les murs de La Havane : « Quelle différence ? » Fidel a assumé avec donquichottisme ce rôle déplaisant du cancre obstiné de la perestroïka. Il s’est conduit comme le pire des dirigeants staliniens dans l’affaire Ochoa, ce général couvert de lauriers en Angola, accusé par le gouvernement de « trafic de drogue », condamné à mort et fusillé le 13 juillet 1989. La comédie sinistre des procès de Moscou, transplantée aux Caraïbes.

En août 1991, Fidel crut, l’espace de deux jours, que le sort allait lui être de nouveau favorable. Le coup d’Etat manqué des « conservateurs » du Kremlin fit reculer quelque temps le spectre de la fin de l’aide soviétique à l’économie cubaine aux abois. Puis Castro resta seul, face à une administration américaine déterminée à le laisser, dans la meilleure des hypothèses, « pourrir dans son coin », selon l’expression qu’utilisa le président George Bush père.

Mais Castro n’a voulu renoncer à aucun de ses principes, même s’il a dû accepter d’ouvrir le pays au tourisme – y compris sexuel – dans une tentative désespérée de faire entrer des devises. Le protecteur soviétique une fois disparu, qui aurait imaginé que Fidel parviendrait encore à maintenir, pendant plus de vingt ans, un pouvoir absolu sur son île ?

image: http://s2.lemde.fr/image/2016/11/26/0x0/5038660_6_3efd_2016-11-26-84fd33e-6434-1kt7rh-5i09fkzkt9_3e08df366b5c129e5c34b9117486c29d.jpg

Six mois après l’arrivée au pouvoir de Castro, le 26 juillet – anniversaire de l’attaque de la caserne militaire de la Moncada en 1953 – est proclamé fête nationale. Avant le discours de Castro, Korda saisit ce « penseur » hissé sur un réverbère.
Précedent
1/11
Suivant

El Quijote de la Farola (Le Don Quichotte du réverbère), La Havane, 1959.

Six mois après l’arrivée au pouvoir de Castro, le 26 juillet – anniversaire de l’attaque de la caserne militaire de la Moncada en 1953 – est proclamé fête nationale. Avant le discours de Castro, Korda saisit ce « penseur » hissé sur un réverbère.

ALBERTO KORDA (ALBERTO DIAZ GUTIERREZ, DIT) ADAGP, BANQUE D’IMAGES, PARIS 2016

› Accéder au portfolio

 

  • Marcel Niedergang


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/international/article/2016/11/26/fidel-castro-cinquante-ans-d-intransigeance_5038436_3210.html#HeH7BbvM8zsTOQvw.99

Publicité
<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 > >>
LE PANAFRICANISME NOUVEAU
  • Le Panafricanisme est une idée politique et un mouvement qui promeuvent et encouragent la pratique de la solidarité entre les africains où qu'ils soient dans le monde. Le panafricanisme est à la fois une vision sociale, culturelle et politique d'émancipati
  • Accueil du blog
  • Créer un blog avec CanalBlog
Publicité
Archives
Publicité
Visiteurs
Depuis la création 150 422
Publicité