LE BILAN DE SEKOU TOURE 

Dr_Abdoul_Baldé.jpg
Dr. Abdoul Baldé

Le 26 Mars 1984 Sékou Touré l’homme au sourire carnassier meurt aux USA dans un hôpital huppé à Cleveland, comble de l’ironie pour ce révolutionnaire pourfendeur de l’impérialisme et du néocolonialisme.
Pire il n’est pas certain qu’il ait été  enterré en Guinée, pays qu’il prétendait être le sien. Ultime paradoxe pour l’un des plus grands criminels de l’histoire contemporaine africaine qui aimait se faire appeler l’homme-peuple. Même mort il eut peur d’être livré à la vindicte populaire.

   Se proclamant porteur d’un « idéal » très vite oublié, ce petit roi nègre décadent, médiocre, dissimulateur et très vindicatif, avec sa pseudo révolution, joue avec les mots, écrase la population sans état d’âme et trompe le monde entier. 
 La suite est connue : arrestations arbitraires, camps de torture, exécutions sommaires, pendaisons publiques, diètes noires, famine… sont le lot quotidien des guinéens. Il n’a pas de limites. Il assassine ses  opposants et aussi  ses amis très proches notamment tous les compagnons de l’indépendance.

L’histoire de ce petit roi nègre dangereux et animé d’une méchanceté sophistiquée est un VRAI ROMAN NOIR écrit avec le sang et les larmes des vrais fils de la Guinée.
C’est à juste titre que WILLIAM SASSINE dans le Zéhéros n’est pas n’importe qui, Présence africaine, Paris, 1985, page 113 écrivait : «  Sous son règne, il élèvera une montagne faite d’ombres de guinéens assassinés, mais il réussira à vous faire croire que c’est son ombre à lui seul, pour vous protéger».
Au moment où les séides du despote avec à leur tête Lansana Kouyaté tentent d’usurper le pouvoir par tous les moyens, (mensonge, et violence) pour ramener le PDG avec sa cohorte de malheurs , les patriotes guinéens se doivent de dénoncer ce régime de mystification, de terreur et d’extermination qui a sévi pendant vingt  six ans en Guinée qui aujourd’hui est relayé par le régime militaro affairiste et prédateur de Lansana Conté. 
En 50 ans de souveraineté nationale acquise le 2 octobre 1958, deux systèmes politiques gémellaires ont eu en charge la gestion du destin des populations guinéennes. 
Le premier s’est voulu un régime socialiste avorté et le deuxième, un régime dit libéral sauvage et aveugle. Tous deux ont réussi l’immense exploit d’appauvrir une Guinée  riche alors qu’elle était promise, dès l’aube de son histoire moderne, à un grand destin.
 Ce pays devrait être le miroir de l’Afrique moderne, le leader des nations issues de la triste épopée coloniale, de par sa position géostratégique
L’immigration massive de Noirs venus de tous les continents en est la preuve.
 Mais très rapidement les méthodes du PDG révélèrent ce qu’allait être la politique de Sékou Touré : disposer de tout le pouvoir et de tous les pouvoirs et, faire du peuple de Guinée le champ de son expérimentation macabre.
Aidé de son clan familial, s’appuyant sur le PDG RDA il s’empara de la Guinée et en fit une dictature qui s’avéra être une des plus terribles, des plus sanguinaires et inhumaines de l’après guerre.  
Sékou Touré  a transformé l’espoir, l’immense espoir suscité en 1958 en désespoir, l’enthousiasme en renoncement.
Il a fait de la Guinée un vaste cimetière constitué de fosses communes qui parsèment le territoire.
Pourra-t-on un jour accorder une sépulture digne à toutes les victimes ? C’est peu probable. Mais il faut que le voile se déchire.Pour ce faire essayons de lire quelques pages de la tragique histoire de notre pays.

Bilan sommaire de la gestion  du PDG : 1956 1984
On dit souvent que l’homme n’est nullement ce qu’il dit, mais ce qu’il fait. Les actes ignobles et destructeurs de Sékou Touré parlent d’eux-mêmes.

  • Au plan politique :

 Ce fut une imposture, une escroquerie qui une fois démasquée, versa dans une tyrannie grotesque sanguinaire. Sékou Touré n’avait aucune idéologie, aucune doctrine. Sa seule doctrine c’était le pouvoir personnel.
D’ailleurs lorsqu’on lit ses discours redondants consignés dans ses 30 tomes sur la croissance-transcroissante-décroissante ; le connu-inconnu, l’inconnu non connu etc. Il faut être ignare pour accorder une valeur idéologique quelconque à ses élucubrations personnelles. C’est la marque de l’élève médiocre qu’il fut.
 Dès le début Sékou Touré annonça sa méthode avec  ses voyous drogués dont les deux chefs typiques Momo Jo et Momo Kouli Khagnè, allaient pendant les sanglantes luttes des partis politiques recruter des tueurs à gages en Sierra Léone et au Libéria pour violer et assassiner les militants des autres partis. Ils brûlaient alors mosquées et livres saints, pillaient les concessions avant d’y mettre le feu, jetaient par dizaines hommes et femmes vivants dans des puits et les bouchaient. 
Entre 1960 et 1984 assassinat de 5000 cadres. En effet, Line Gagnon, dans le cadre du programme MBA de l’Université de Laval au Canada, parle de 
10 000 à 30 000 disparus et de deux millions guinéens exilés.
Ces chiffres ne sont qu’indicatifs car la réalité est plus effrayante. 
Les bornes de la vérité de la période noire et ensanglantée du PDG sont très éloignées de ces chiffres qui ne sont donnés que pour montrer le caractère cruel et mortifère du règne de Sékou Touré et de son clan familial.
Pour parvenir à ses fins, dès le départ le PDG institua un climat de peur et de terreur pour annihiler toute  forme de résistance éventuelle. Et Sékou Touré en fut le responsable suprême.
L’ère du PDG rappelle, en tout point, celle du nazisme hitlérien et du stalinisme. Comme tous les régimes despotiques et inhumains, le régime pédégiste encourageait la délation, recourait à la torture systématique et aux exécutions sommaires sans autre forme. C’était la pseudo révolution. Elle abrutissait le Guinéen, tuait les forces positives, forçait à l’exil ceux qui y échappaient. Elle nettoya le pays par le vide. Ce sinistre train politique  priva le pays de toutes les solutions de rechange.  
C’est ainsi que le 03 avril 1984, lorsque la nécessité se fit urgence pour l’occupation du fauteuil présidentiel, le clone fabriqué à l’usine du PDG Lansana Conté usurpa le pouvoir en volant aux vrais fils du pays la gestion de la terre ancestrale.
 Il perpétue aujourd’hui la même politique avec l’appui de ses hommes nouveaux violents et corrompus dont les plus terribles spécimens, le capitaine Issiaga Camaraneveu de Lansana Conté ; le capitaine Tidiane Camara le patron des renseignements généraux et, Sékouba Bangoura Directeur général de la police Nationale, se sont associés à Lansana Kouyaté avec la bénédiction de la première première dame Henriette Conté pour usurper le fauteuil présidentiel au cas où le vieux tyran passerait l’arme à gauche. Précision importante : les capitaines Issiaga CAMARA, TIDANE CAMARA et M. Sékhouba BANGOURA vendent vraisemblablement leur service à M. Lansinè KOUYATE. Ils racontent eux-même que Lansana Conté, c’est presque fini. M. KOUYATE, abondamment alimenté en dollars et euros par M. KHADAFI, fait preuve d’une largesse financière inhabituelle à l’égard des capitaines Issiaga et Tidiane. Chacun d’eux  a reçu pas moins de 200.000 dollars après le retour de tripoli de M. Kouyaté

  • Au plan économique :

Sékou Touré ne comprenait rien à l’économie. Il l’abordait avec sa formation de syndicaliste nourrit d’un marxisme aveugle indigeste et totalitaire. Les conséquences furent catastrophiques :

  • le déclin de la production agricole,
  • le délabrement des infrastructures routières et immobilières héritées de la colonisation
  •  l’absence de toute politique de développement en faveur des citoyens.

Or, ce pays disposait de trois atouts majeurs, qui bien exploités, l’auraient développé. 
-1 °) A la sortie de l’ère coloniale, la Guinée connaissait l’auto suffisance alimentaire grâce à sa production de plantes vivrières ;

-2 °) Ses potentialités humaines et minières considérables pouvaient servir de levier au progrès économique et social.
-3 °) Les populations guinéennes étaient prêtes à se mobiliser pour le développement de leur pays, notamment la classe d’intellectuels formés à Dakar et en France. La plupart abandonnant des carrières prometteuses étaient revenus au pays avec une compétence reconnue et une réelle volonté de participer à la construction d’une nouvelle Guinée.
Mais Sékou Touré et son clan familial constitué d’une bande de psychopathes médiocres plus incompétents les uns que les autres mettaient insidieusement une autre stratégie en place en vue de satisfaire leurs intérêts personnels.
Economiquement c’est l’ignorance et l’irrationalité qui ont rapidement débouché sur une misère dont le maintien constitue désormais la condition de survie du système.

 

  • Au plan social  

Il y a eu une aggravation des injustices héritées du régime colonial avec l’exploitation éhontée des masses rurales et urbaines par une minorité composée d’éléments sociaux les plus douteux dont Ismaël Touré était le chef de file.
Sékou Touré  savait  que la pauvreté est une grande muraille qui enferme tout  Homme en le privant des moyens qui pourraient le stimuler pour accomplir de grandes œuvres.
Etre indigent, calculateur, fourbe, surtout rancunier et atteint d’un complexe d’infériorité maladive, Sékou Touré, fils d’un bouvier aventurier venu de Kayes (actuel Mali) s’empara du tissu social guinéen et le réduisit en lambeaux à travers un cycle infernal de « complots ». Il s’employa aussi à saper les formes d’autorité existant dans toutes les sociétés humaines, à savoir celles des parents sur les enfants, des maîtres sur les élèves, de l’aîné sur les cadets, des officiers sur les hommes de troupes.
Déraciné, dépersonnalisé, le citoyen guinéen dévient totalement dépendant du PDG pour ses besoins les plus primaires à savoir se nourrir, s’habiller, se soigner, se marier, se loger, s’éduquer, travailler. Hors du parti point de salut.
 Ainsi la Guinée se fragilisa et le Guinéen devint une sorte d’épave humaine ambulante prompte au mensonge, à la calomnie, à la délation, à la mendicité et, aux crimes abjects.
Allant jusqu’à cautionner les meurtres sans aucun état d’âme.
 C’est cet homme que le régime décadent, qui n’a survécu que grâce à la terreur, a laissé à la postérité. Lansana Conté dont le père est venu de Guinée Bissau, en est le prototype.

D) Au plan culturel 

La culture est le levain indispensable et nécessaire à l’évolution des peuples. Ceux qui la détiennent et la maîtrisent ont souvent un pas d’avance sur les systèmes sociaux. Ils doivent être les veilleurs de la République.  Ils en sont les gardes fous. 
La culture faisait peur au PDG et à son gourou Sékou Touré qui dans sa conception primitive du pouvoir la détourna au service de sa survie en faisant d’elle un outil de propagande sur les rails de la terreur et du crime.
Le PDG a détruit nos valeurs culturelles traditionnelles en excluant des centres de concertation et de décisions tous ceux qui incarnaient notre tradition d’union, d’entente, d’entraide, d’hospitalité et de solidarité.
L’éducation fut l’un des secteurs les plus gravement touchés par les reformes de Sékou Touré, qu’il s’est acharné à saccager, compromettant ainsi définitivement l’avenir du pays.
Qui a dit que : «de l’instruction naît la grandeur des Nations». Sékou Touré l’avait compris et pour mieux installer son pouvoir dictatorial et sanguinaire, il s’attaqua très tôt au système éducatif. Cela a eu pour résultat l’émergence de ce qu’il appela « l’homme nouveau », qui n’est rien d’autre que l’homme violent, vénal et immoral.
Qu’entend on aujourd’hui « barkè fissa baccalauréat bè ». Pas de surprise car c’est l’homme nouveau qui est à la tête du pays. 
De culture il n’y en eu point. Ce fut un endoctrinement sauvage. 
La peur et le terrorisme d’Etat ; la politique du ventre vide, l’anéantissement des valeurs républicaines et de la morale sociale ; le mysticisme et la mystification, le mensonge d’Etat et la prévarication, la prédation, le vol et le viol s’érigèrent en éléments culturels. 
Après l’élimination physique de tous ceux qui avaient le sens de l’Administration et de l’Etat, le clan familial régnant nomma les cadres de la révolution. Viles serviteurs de Sékou Touré, des béni oui oui, sans compétence dans la gestion des affaires de l’Etat. Les médiocres furent des ministres, des cadres et hauts fonctionnaires. L’administration fut truffée d’imposteurs qui excellaient dans l’art de se remplir les poches. Lorsqu’un œil indiscret les surprenait, ils mettaient tout en œuvre pour le transformer en « ennemi du peuple » pour l’envoyer à l’abattoir du tristement célèbre camp Boiro.
Même la mort du dictateur n’a pas sonné le glas du gangstérisme politique et affairiste imposé par ce géant du crime. Bien au contraire ! Lansana Conté reprit le flambeau, l’alluma et se mit à brûler ce qui avait échappé à la révolution.
 La Guinée est ainsi aujourd’hui sous le poids de la misère généralisée.
La technique du complot, qu’avait utilisée Sékou Touré tout au long de son règne, n’était rien d’autre que la version sanglante de son échec lamentable tant sur le plan politique, économique que social qui a abouti à la destruction des valeurs humaines, morales et spirituelles du peuple guinéen.
On ne viole pas ainsi impunément et cyniquement les fondements d’un pays sans mettre en péril de mort l’esprit et l’âme de la nation toute entière. 
On sait que les nations sont mortelles et l’on a vu dans un passé récent que des nations entières ont cessé d’exister en tant que telle. C’est le cas de la somalie de Siad Baré. 
La philosophie de Sékou Touré était simple et cruelle : Après moi le déluge. 
Sinon comment peut-on admettre que ce pays si riche, soit parmi sinon les plus pauvres du monde si ce n’est  un refus systématique de développement de Sékou Touré et de son clan familial d’une part et de Lansana Conté et son clan militaro-affairiste d’autre part.
Deux hommes, deux bourreaux, deux malades, assoiffés de pouvoir « leur pouvoir » ; c’est-à-dire celui qu’ils peuvent exercer sur les guinéens pour les humilier et les appauvrir, sont devenus les deux icônes de la Guinée de la misère, de la famine et de l’humiliation, fruits de la pauvreté.
Le premier(le responsable suprême du déclin), ce génie du mal à l’intelligence  diabolique voyait de l’espionnage et des complots dans tous projets de développement proposés par des états ou par des hommes d’affaires pour ceux d’entre eux qui ont pu échapper par miracle aux différentes purges staliniennes du PDG. 
Le second (le responsable suprême du désastre), un monstre d’une cruauté inégalée, a agenouillé la patrie qu’il a livré à ses hommes nouveaux des aventuriers mafieux, cupides et sans scrupules dont les spécimens sont : Guido Santullo, Chantal Colle, Mamadou Sylla, Fodé Soumah, Fodé Bangoura, Kassory Fofana, Facinet Fofana, Cellou Dalein Diallo, Lamine Sidimé etc.
 La Guinée de son règne est descendue dans l’arène où ne sont servies que la misère, la famine et l’impunité sur fond de mauvaise gouvernance. 
Sékou Touré et Lansana Conté, sont tous les deux descendants de pères aventuriers, installés sur la terre de nos ancêtres. C’est en pensant à nos ancêtres, à toutes les générations sacrifiées, martyrisées, et en puisant au plus profond de nos racines que nous trouverons l’énergie pour mener notre combat contre la tyrannie.
C’est par la manifestation de notre patriotisme, l’attachement à notre nation, et par la volonté de servir de façon intègre notre pays que nous deviendrons l’espérance d’un peuple, pour l’avènement d’une société plus juste et plus humaine. Car ne l’oublions pas comme l’a indiqué Hannah Arendt dans le tyran totalitaire : « la société a toujours tendance à accepter d’abord quelqu’un pour ce qu’il prétend être, si bien qu’un fou qui pose au génie a toujours quelque chance d’être cru».Cela expliquerait en partie que le peuple de Guinée ait accepté passivement la domination des deux tyrans.

Dr. Abdoul Baldé (Rouen France)

Le 26 Mars 1984 Sékou Touré l’homme au sourire carnassier meurt aux USA dans un hôpital huppé à Cleveland, comble de l’ironie pour ce révolutionnaire pourfendeur de l’impérialisme et du néocolonialisme.
Pire il n’est pas certain qu’il ait été  enterré en Guinée, pays qu’il prétendait être le sien. Ultime paradoxe pour l’un des plus grands criminels de l’histoire contemporaine africaine qui aimait se faire appeler l’homme-peuple. Même mort il eut peur d’être livré à la vindicte populaire.

   Se proclamant porteur d’un « idéal » très vite oublié, ce petit roi nègre décadent, médiocre, dissimulateur et très vindicatif, avec sa pseudo révolution, joue avec les mots, écrase la population sans état d’âme et trompe le monde entier. 
 La suite est connue : arrestations arbitraires, camps de torture, exécutions sommaires, pendaisons publiques, diètes noires, famine… sont le lot quotidien des guinéens. Il n’a pas de limites. Il assassine ses  opposants et aussi  ses amis très proches notamment tous les compagnons de l’indépendance.

L’histoire de ce petit roi nègre dangereux et animé d’une méchanceté sophistiquée est un VRAI ROMAN NOIR écrit avec le sang et les larmes des vrais fils de la Guinée.
C’est à juste titre que WILLIAM SASSINE dans le Zéhéros n’est pas n’importe qui, Présence africaine, Paris, 1985, page 113 écrivait : «  Sous son règne, il élèvera une montagne faite d’ombres de guinéens assassinés, mais il réussira à vous faire croire que c’est son ombre à lui seul, pour vous protéger».
Au moment où les séides du despote avec à leur tête Lansana Kouyaté tentent d’usurper le pouvoir par tous les moyens, (mensonge, et violence) pour ramener le PDG avec sa cohorte de malheurs , les patriotes guinéens se doivent de dénoncer ce régime de mystification, de terreur et d’extermination qui a sévi pendant vingt  six ans en Guinée qui aujourd’hui est relayé par le régime militaro affairiste et prédateur de Lansana Conté. 
En 50 ans de souveraineté nationale acquise le 2 octobre 1958, deux systèmes politiques gémellaires ont eu en charge la gestion du destin des populations guinéennes. 
Le premier s’est voulu un régime socialiste avorté et le deuxième, un régime dit libéral sauvage et aveugle. Tous deux ont réussi l’immense exploit d’appauvrir une Guinée  riche alors qu’elle était promise, dès l’aube de son histoire moderne, à un grand destin.
 Ce pays devrait être le miroir de l’Afrique moderne, le leader des nations issues de la triste épopée coloniale, de par sa position géostratégique
L’immigration massive de Noirs venus de tous les continents en est la preuve.
 Mais très rapidement les méthodes du PDG révélèrent ce qu’allait être la politique de Sékou Touré : disposer de tout le pouvoir et de tous les pouvoirs et, faire du peuple de Guinée le champ de son expérimentation macabre.
Aidé de son clan familial, s’appuyant sur le PDG RDA il s’empara de la Guinée et en fit une dictature qui s’avéra être une des plus terribles, des plus sanguinaires et inhumaines de l’après guerre.  
Sékou Touré  a transformé l’espoir, l’immense espoir suscité en 1958 en désespoir, l’enthousiasme en renoncement.
Il a fait de la Guinée un vaste cimetière constitué de fosses communes qui parsèment le territoire.
Pourra-t-on un jour accorder une sépulture digne à toutes les victimes ? C’est peu probable. Mais il faut que le voile se déchire.Pour ce faire essayons de lire quelques pages de la tragique histoire de notre pays.

Bilan sommaire de la gestion  du PDG : 1956 1984
On dit souvent que l’homme n’est nullement ce qu’il dit, mais ce qu’il fait. Les actes ignobles et destructeurs de Sékou Touré parlent d’eux-mêmes.

  • Au plan politique :

 Ce fut une imposture, une escroquerie qui une fois démasquée, versa dans une tyrannie grotesque sanguinaire. Sékou Touré n’avait aucune idéologie, aucune doctrine. Sa seule doctrine c’était le pouvoir personnel.
D’ailleurs lorsqu’on lit ses discours redondants consignés dans ses 30 tomes sur la croissance-transcroissante-décroissante ; le connu-inconnu, l’inconnu non connu etc. Il faut être ignare pour accorder une valeur idéologique quelconque à ses élucubrations personnelles. C’est la marque de l’élève médiocre qu’il fut.
 Dès le début Sékou Touré annonça sa méthode avec  ses voyous drogués dont les deux chefs typiques Momo Jo et Momo Kouli Khagnè, allaient pendant les sanglantes luttes des partis politiques recruter des tueurs à gages en Sierra Léone et au Libéria pour violer et assassiner les militants des autres partis. Ils brûlaient alors mosquées et livres saints, pillaient les concessions avant d’y mettre le feu, jetaient par dizaines hommes et femmes vivants dans des puits et les bouchaient. 
Entre 1960 et 1984 assassinat de 5000 cadres. En effet, Line Gagnon, dans le cadre du programme MBA de l’Université de Laval au Canada, parle de 
10 000 à 30 000 disparus et de deux millions guinéens exilés.
Ces chiffres ne sont qu’indicatifs car la réalité est plus effrayante. 
Les bornes de la vérité de la période noire et ensanglantée du PDG sont très éloignées de ces chiffres qui ne sont donnés que pour montrer le caractère cruel et mortifère du règne de Sékou Touré et de son clan familial.
Pour parvenir à ses fins, dès le départ le PDG institua un climat de peur et de terreur pour annihiler toute  forme de résistance éventuelle. Et Sékou Touré en fut le responsable suprême.
L’ère du PDG rappelle, en tout point, celle du nazisme hitlérien et du stalinisme. Comme tous les régimes despotiques et inhumains, le régime pédégiste encourageait la délation, recourait à la torture systématique et aux exécutions sommaires sans autre forme. C’était la pseudo révolution. Elle abrutissait le Guinéen, tuait les forces positives, forçait à l’exil ceux qui y échappaient. Elle nettoya le pays par le vide. Ce sinistre train politique  priva le pays de toutes les solutions de rechange.  
C’est ainsi que le 03 avril 1984, lorsque la nécessité se fit urgence pour l’occupation du fauteuil présidentiel, le clone fabriqué à l’usine du PDG Lansana Conté usurpa le pouvoir en volant aux vrais fils du pays la gestion de la terre ancestrale.
 Il perpétue aujourd’hui la même politique avec l’appui de ses hommes nouveaux violents et corrompus dont les plus terribles spécimens, le capitaine Issiaga Camaraneveu de Lansana Conté ; le capitaine Tidiane Camara le patron des renseignements généraux et, Sékouba Bangoura Directeur général de la police Nationale, se sont associés à Lansana Kouyaté avec la bénédiction de la première première dame Henriette Conté pour usurper le fauteuil présidentiel au cas où le vieux tyran passerait l’arme à gauche. Précision importante : les capitaines Issiaga CAMARA, TIDANE CAMARA et M. Sékhouba BANGOURA vendent vraisemblablement leur service à M. Lansinè KOUYATE. Ils racontent eux-même que Lansana Conté, c’est presque fini. M. KOUYATE, abondamment alimenté en dollars et euros par M. KHADAFI, fait preuve d’une largesse financière inhabituelle à l’égard des capitaines Issiaga et Tidiane. Chacun d’eux  a reçu pas moins de 200.000 dollars après le retour de tripoli de M. Kouyaté

  • Au plan économique :

Sékou Touré ne comprenait rien à l’économie. Il l’abordait avec sa formation de syndicaliste nourrit d’un marxisme aveugle indigeste et totalitaire. Les conséquences furent catastrophiques :

  • le déclin de la production agricole,
  • le délabrement des infrastructures routières et immobilières héritées de la colonisation
  •  l’absence de toute politique de développement en faveur des citoyens.

Or, ce pays disposait de trois atouts majeurs, qui bien exploités, l’auraient développé. 
-1 °) A la sortie de l’ère coloniale, la Guinée connaissait l’auto suffisance alimentaire grâce à sa production de plantes vivrières ;

-2 °) Ses potentialités humaines et minières considérables pouvaient servir de levier au progrès économique et social.
-3 °) Les populations guinéennes étaient prêtes à se mobiliser pour le développement de leur pays, notamment la classe d’intellectuels formés à Dakar et en France. La plupart abandonnant des carrières prometteuses étaient revenus au pays avec une compétence reconnue et une réelle volonté de participer à la construction d’une nouvelle Guinée.
Mais Sékou Touré et son clan familial constitué d’une bande de psychopathes médiocres plus incompétents les uns que les autres mettaient insidieusement une autre stratégie en place en vue de satisfaire leurs intérêts personnels.
Economiquement c’est l’ignorance et l’irrationalité qui ont rapidement débouché sur une misère dont le maintien constitue désormais la condition de survie du système.

. Au plan social  

Il y a eu une aggravation des injustices héritées du régime colonial avec l’exploitation éhontée des masses rurales et urbaines par une minorité composée d’éléments sociaux les plus douteux dont Ismaël Touré était le chef de file.
Sékou Touré  savait  que la pauvreté est une grande muraille qui enferme tout  Homme en le privant des moyens qui pourraient le stimuler pour accomplir de grandes œuvres.
Etre indigent, calculateur, fourbe, surtout rancunier et atteint d’un complexe d’infériorité maladive, Sékou Touré, fils d’un bouvier aventurier venu de Kayes (actuel Mali) s’empara du tissu social guinéen et le réduisit en lambeaux à travers un cycle infernal de « complots ». Il s’employa aussi à saper les formes d’autorité existant dans toutes les sociétés humaines, à savoir celles des parents sur les enfants, des maîtres sur les élèves, de l’aîné sur les cadets, des officiers sur les hommes de troupes.
Déraciné, dépersonnalisé, le citoyen guinéen dévient totalement dépendant du PDG pour ses besoins les plus primaires à savoir se nourrir, s’habiller, se soigner, se marier, se loger, s’éduquer, travailler. Hors du parti point de salut.
 Ainsi la Guinée se fragilisa et le Guinéen devint une sorte d’épave humaine ambulante prompte au mensonge, à la calomnie, à la délation, à la mendicité et, aux crimes abjects.
Allant jusqu’à cautionner les meurtres sans aucun état d’âme.
 C’est cet homme que le régime décadent, qui n’a survécu que grâce à la terreur, a laissé à la postérité. Lansana Conté dont le père est venu de Guinée Bissau, en est le prototype.

D) Au plan culturel 

La culture est le levain indispensable et nécessaire à l’évolution des peuples. Ceux qui la détiennent et la maîtrisent ont souvent un pas d’avance sur les systèmes sociaux. Ils doivent être les veilleurs de la République.  Ils en sont les gardes fous. 
La culture faisait peur au PDG et à son gourou Sékou Touré qui dans sa conception primitive du pouvoir la détourna au service de sa survie en faisant d’elle un outil de propagande sur les rails de la terreur et du crime.
Le PDG a détruit nos valeurs culturelles traditionnelles en excluant des centres de concertation et de décisions tous ceux qui incarnaient notre tradition d’union, d’entente, d’entraide, d’hospitalité et de solidarité.
L’éducation fut l’un des secteurs les plus gravement touchés par les reformes de Sékou Touré, qu’il s’est acharné à saccager, compromettant ainsi définitivement l’avenir du pays.
Qui a dit que : «de l’instruction naît la grandeur des Nations». Sékou Touré l’avait compris et pour mieux installer son pouvoir dictatorial et sanguinaire, il s’attaqua très tôt au système éducatif. Cela a eu pour résultat l’émergence de ce qu’il appela « l’homme nouveau », qui n’est rien d’autre que l’homme violent, vénal et immoral.
Qu’entend on aujourd’hui « barkè fissa baccalauréat bè ». Pas de surprise car c’est l’homme nouveau qui est à la tête du pays. 
De culture il n’y en eu point. Ce fut un endoctrinement sauvage. 
La peur et le terrorisme d’Etat ; la politique du ventre vide, l’anéantissement des valeurs républicaines et de la morale sociale ; le mysticisme et la mystification, le mensonge d’Etat et la prévarication, la prédation, le vol et le viol s’érigèrent en éléments culturels. 
Après l’élimination physique de tous ceux qui avaient le sens de l’Administration et de l’Etat, le clan familial régnant nomma les cadres de la révolution. Viles serviteurs de Sékou Touré, des béni oui oui, sans compétence dans la gestion des affaires de l’Etat. Les médiocres furent des ministres, des cadres et hauts fonctionnaires. L’administration fut truffée d’imposteurs qui excellaient dans l’art de se remplir les poches. Lorsqu’un œil indiscret les surprenait, ils mettaient tout en œuvre pour le transformer en « ennemi du peuple » pour l’envoyer à l’abattoir du tristement célèbre camp Boiro.
Même la mort du dictateur n’a pas sonné le glas du gangstérisme politique et affairiste imposé par ce géant du crime. Bien au contraire ! Lansana Conté reprit le flambeau, l’alluma et se mit à brûler ce qui avait échappé à la révolution.
 La Guinée est ainsi aujourd’hui sous le poids de la misère généralisée.
La technique du complot, qu’avait utilisée Sékou Touré tout au long de son règne, n’était rien d’autre que la version sanglante de son échec lamentable tant sur le plan politique, économique que social qui a abouti à la destruction des valeurs humaines, morales et spirituelles du peuple guinéen.
On ne viole pas ainsi impunément et cyniquement les fondements d’un pays sans mettre en péril de mort l’esprit et l’âme de la nation toute entière. 
On sait que les nations sont mortelles et l’on a vu dans un passé récent que des nations entières ont cessé d’exister en tant que telle. C’est le cas de la somalie de Siad Baré. 
La philosophie de Sékou Touré était simple et cruelle : Après moi le déluge. 
Sinon comment peut-on admettre que ce pays si riche, soit parmi sinon les plus pauvres du monde si ce n’est  un refus systématique de développement de Sékou Touré et de son clan familial d’une part et de Lansana Conté et son clan militaro-affairiste d’autre part.
Deux hommes, deux bourreaux, deux malades, assoiffés de pouvoir « leur pouvoir » ; c’est-à-dire celui qu’ils peuvent exercer sur les guinéens pour les humilier et les appauvrir, sont devenus les deux icônes de la Guinée de la misère, de la famine et de l’humiliation, fruits de la pauvreté.
Le premier(le responsable suprême du déclin), ce génie du mal à l’intelligence  diabolique voyait de l’espionnage et des complots dans tous projets de développement proposés par des états ou par des hommes d’affaires pour ceux d’entre eux qui ont pu échapper par miracle aux différentes purges staliniennes du PDG. 
Le second (le responsable suprême du désastre), un monstre d’une cruauté inégalée, a agenouillé la patrie qu’il a livré à ses hommes nouveaux des aventuriers mafieux, cupides et sans scrupules dont les spécimens sont : Guido Santullo, Chantal Colle, Mamadou Sylla, Fodé Soumah, Fodé Bangoura, Kassory Fofana, Facinet Fofana, Cellou Dalein Diallo, Lamine Sidimé etc.
 La Guinée de son règne est descendue dans l’arène où ne sont servies que la misère, la famine et l’impunité sur fond de mauvaise gouvernance. 
Sékou Touré et Lansana Conté, sont tous les deux descendants de pères aventuriers, installés sur la terre de nos ancêtres. C’est en pensant à nos ancêtres, à toutes les générations sacrifiées, martyrisées, et en puisant au plus profond de nos racines que nous trouverons l’énergie pour mener notre combat contre la tyrannie.
C’est par la manifestation de notre patriotisme, l’attachement à notre nation, et par la volonté de servir de façon intègre notre pays que nous deviendrons l’espérance d’un peuple, pour l’avènement d’une société plus juste et plus humaine. Car ne l’oublions pas comme l’a indiqué Hannah Arendt dans le tyran totalitaire : « la société a toujours tendance à accepter d’abord quelqu’un pour ce qu’il prétend être, si bien qu’un fou qui pose au génie a toujours quelque chance d’être cru».Cela expliquerait en partie que le peuple de Guinée ait accepté passivement la domination des deux tyrans.

Dr. Abdoul Baldé (Rouen France)